LES UTILISATEURS DES ENOCS

Vous vous demandez peut-être maintenant qui sont ces « utilisateurs » des ENOCs ? Qui sont ces gens qui savent, de manière délibérée et contrôlée et pour des buts précis, induire en eux et parfois en d’autres ces états de conscience spéciaux ?

Le plus connu des « spécialistes » des ENOCs est le chaman. Toutefois tous ceux (et aussi chez nous, en Occident) qui s’impliquent de façon vécue (et pas seulement intellectuelle et conceptuelle) dans la guérison, la voyance, la magie, l’alchimie, la transmutation de l’Être... sont nécessairement des familiers des ENOCs : méditants, mages, yogi, mystiques...

Le chaman

La vision chamanique du monde présuppose que, en plus et « à côté » du monde matériel et visible, existent un ou plusieurs (selon les cultures) autres mondes auxquels le chaman peut avoir accès – mondes considérés habités de diverses entités (les « esprits ») qui peuvent influer de manière positive ou négative sur la vie des humains. Une dénomination commode de ces autres mondes est: l'Invisible.

Le chaman (ou la chamane) est homme (ou femme) de pouvoir, vu à la fois mage, guérisseur, voyant et donc capable de se relier à partir du monde ordinaire à l'Invisible. Il doit pouvoir sortir de son corps et il est donc un maître de l’OBE. Ainsi, dans sa culture, il est celui qui sait à volonté entrer en ENOC: il a intégré cette capacité à travers les différentes étapes de son initiation. Il a soit été « appelé » (par les « esprits »), soit a ressenti la vocation pour sa fonction : chamaniser. Fondamentalement, chamaniser c’est être capable d’entrer en contact avec d’autres plans du monde, plans qui ne sont pas accessibles en ECO, afin d’y chercher les moyens de résoudre des difficultés dans notre plan d’existence : guérir la maladie, trouver des réponses et des solutions à différents problèmes, voir l’avenir, agir sur la fertilité des hommes et de la nature, avoir une cation sur les conditions atmosphériques, recueillir des informations utiles...

Pour y réussir, le chaman peut – et souvent doit – avoir des alliés qui sont des entités appartenant à l'Invisible : esprits de plantes, d’animaux, de chamans morts ou de phénomènes naturels (les esprits de l’éclair et du tonnerre par exemple), avec lesquels il entre en contact lors de ses transes. La transe, l’ENOC, est la clé de l’action du chaman. En transe, le chaman a deux modes majeurs pour chamaniser :

· Le voyage chamanique, au cours duquel, en ENOC, il parcourt en esprit des plans de l'Invisible pour en ramener ce qu’il est allé y chercher

· La possession, au cours de laquelle il prête son corps à la manifestation d’entités de ces autres plans pour des buts précis (souvent la guérison).

Le chamanisme a été répandu sur la terre entière : il est universel. Même dans notre Europe et au début du XXème siècle, il y avait encore des chamans (leur noms : les taltosh) en Hongrie et, aujourd'hui, la culture des Sami (les Lapons) se revendique comme une culture chamanique. Des scientifiques ouverts et objectifs ont vu autre chose dans le chamanisme que des fantasmagories «prélogiques» : des métaphores utiles et opératives. D'ailleurs dans notre Occident qui l’a refoulé, il réapparaît en force depuis les années 1970 dans le néo chamanisme et le techno-chamanisme. En tous cas, il semblerait bien que, si on chasse le naturel de l’homme, il revienne au galop – et que les ENOCs fassent bel et bien partie de ce naturel humain...

Méditants et mystiques

Moine bouddhiste, soufi de l’Islam, mystique chrétien, yogi, quêteur de vision amérindien, sadhu indien, « maître du rêve » australien, ermite, anachorète, contemplatif, extatique... sont des « spécialistes » des ENOCs.

La méditation, la contemplation, la concentration, le mysticisme... Il est plus qu’évident que cela ne relève pas de l’ECO. Les longues heures passées aux exercices spirituels, parfois dans des postures du corps particulières et pas forcément faciles à tenir... Les récitations prolongées de mantra, la prière intense, la focalisation de l’attention dans l'objectif d'éliminer l’agitation du mental, la forte concentration : tout cela vise à parvenir à des ENOCs – parce que l’ENOC est le seul moyen d’accès à ce qui est visé par ces personnes : au Sacré. Tout se passe en effet comme s’il fallait impérativement sortir de l’ECO pour se rapprocher du Transcendant.

Mage et alchimiste

La magie dont je parle ici, ce n’est pas le « poudrage » de perlimpinpin ni les recettes avec bave de crapaud et yeux de grenouille. Le mage, quel que soit le but qu’il poursuit (guérison, contrôle sur le climat ou autre), vise à faire « plier » l’enchaînement de la causalité des événements et à modifier par son action, certains aspects du monde. Est-ce possible ? Ne l’est-ce pas ? Chacun reste juge de sa propre réponse à cette question. On ne peut que constater que la croyance en la magie est universelle et aussi vieille que l’humanité.

L’alchimiste, lui, veut aider la matière à se transmuter en même temps qu’il se transmute lui-même, et cela au cours d’une démarche longue, assidue, contraignante, persévérante.

C’est là un processus lourd, ayant une visée d’évolution spirituelle et de co-création du monde : le but de l’alchimiste, c’est réellement aider la Création à se parfaire, à « aller du plomb vers l’or », de la maladie à la santé, de la matière à l’esprit, du « bas » vers le « haut ».

Magie et alchimie (et aussi, analogiquement, la psychothérapie) sont tout cela au minimum. En tous cas, on doit constater que, dans les traditions de tous les peuples du monde, celui ou celle qui a de tels pouvoirs est nécessairement fort, absolument maître de lui et de son mental, de sa pensée aiguisée, de sa volonté, de sa persévérance. Il est sans distraction et d’une fermeté de roc.

Or, l’ECO n’est pas un état de conscience permettant une telle maîtrise.

Le « nouveau psychothérapeute »

Il est passionnant de constater qu’aujourd’hui, dans certaines nouvelles approches psychothérapeutiques et de développement personnel, on redécouvre quelque chose de l’ordre de la «magie» et de l’alchimie. Magie, car changer la façon dont on voit le monde, dont on le comprend, l’analyse, l’interprète, en sélectionne des parties, c’est réellement modifier certains aspects du monde; c’est modifier l’impact qu’a le monde sur soi et aussi l’impact que l’on a sur le monde. Il y a là, aussi, un processus alchimique : transmuter son propre regard sur sa vie, sur autrui et sur l’environnement, c’est changer ses rapports personnels avec autrui et l’environnement et, partant, sa vie et sa personnalité.

Carl Gustav Jung l’a dit : tout bon psychothérapeute doit nécessairement être un peu chaman. Il doit être capable d’empathie, d’utiliser l’hypnose et l’auto-hypnose à titre thérapeutique, de saisir le sens de certains rêves. Il doit pouvoir accompagner et guider son patient en abandonnant ses propres rigidités, croyances, comportements. Il doit pouvoir contribuer à ramener l’esprit de la personne souffrante de cet « ailleurs négatif » où il s’est englué, pour lui permettre de réintégrer bien-être, équilibre et force de vie. Il doit pouvoir montrer d’autres perspectives, des ouvertures, parfois littéralement changer le regard sur la vie, le monde et l’environnement dont pâtit son patient.

Tout cela, comme tout ce qui relève de la guérison en général, est impliqué dans le chamanisme. Les thérapies utilisant le rêve éveillé orienté par le thérapeute sont très proches, dans l’esprit, du voyage chamanique. Les techniques de relaxation, celles induisant des visualisations, des états hypnagogiques, des transes, celles qui « reprogramment » la vision du monde... tout cela est en prise directe avec certains ENOCs thérapeutiques.

On peut penser que, au fur et à mesure de l’évolution prochaine, le psychothérapeute ne pourra qu’abandonner les approches en ECO – trop longues et, de ce fait, gaspilleuses du « temps de bonne vie » du patient – au bénéfice d’approches en ENOC – grâce auxquelles le mieux-être est parfois généré avec une stupéfiante rapidité. Pour les tenants de la médecine et de la psychothérapie holistiques, il est de plus en plus évident que le soignant de demain devra apprendre à devenir un maître dans les ENOCs, aussi bien dans les siens que dans ceux qu’il aura à induire chez ses patients pour leur meilleure évolution.

Les vrais guérisseurs

Imposer les mains, transmettre ou rééquilibrer le Ki (l’énergie vitale nécessaire à la vie et à la bonne santé selon les médecines chinoise et japonaise), voire soigné à distance... Si réellement cela peut guérir, on est là bien loin d’une vision de l’homme et de sa santé soumis aux petites pilules et aux molécules de synthèse. Il peut y avoir là toute la différence entre une conception médicale en ECO et une perspective globale de la vie et de son équilibre (physique, psychique, émotionnel et spirituel) en ENOC.

Il faut ici souligner le fait suivant : dans les cultures traditionnelles, être guérisseur fait référence aux ENOCs. Transe, voyage chamanique, états hypnotiques, rêve, vision et d’autres, font partie des moyens thérapeutiques tant du côté du guérisseur que souvent aussi du patient. Effet placebo ? Peut-être.

En tous cas, des travaux de recherches menés dans les vingt dernières années tendent à prouver que le véritable guérisseur, pendant qu’il est en action, est bel et bien en ENOC.

Les créateurs

L’état de conscience dans lequel se trouve l’artiste, le créateur, dans ces moments privilégiés où il se sent puissamment inspiré, est un ENOC.

Lorsque le peintre, le poète, l’écrivain, le sculpteur, l’acteur et aussi le scientifique, ressent cet état de fièvre créatrice qui l’amène à s’impliquer pleinement, totalement, dans son œuvre, il est dans un ENOC. C’est alors que son travail est à son meilleur niveau, que son talent, son génie se manifeste. L’élan créateur est un ENOC marqué par une intense concentration, éliminant tout ce qui est sans intérêt et focalisant toute l’attention sur la création qui s’accomplit alors. Dans ce cas-là, plus rien n’existe, le temps n’a plus de prise, nombre de sensations (faim, soif) peuvent être mises de côté. Il y a un investissement majeur de soi – et les impératifs de l’ECO n’ont plus cours.

Il y a un autre ENOC que le créateur peut rencontrer : c’est l’effet « Eurêka ». C’est ce moment où surgit une révélation, une compréhension subite, le « flash de la créativité ». C’est une véritable mini-illumination qui, en un instant, fait surgir dans le mental tout un ensemble de choses qui s’articulent parfaitement – et qui étaient dans l’inconnu l’instant d’avant.

À ce moment-là, n’existe que cette sorte de mini Satori: les considérations de l’ECO sont provisoirement évacuées.

Cultiver sa créativité est un excellent moyen pour expérimenter ces genres d’ENOCs. En retour, ceux-ci amplifient la facilité à être de plus en plus créatif ainsi que la valeur, la qualité de ce qui est ainsi créé.

Vous-même...

Il n’est pas besoin d’être mage, mystique ou moine zen pour expérimenter des ENOCs. Vous pouvez le faire et même :

Vous devriez le faire pour gagner en bien-être, en équilibre et en ouverture.

Pour sortir de vos limites.

Pour « grandir ».

Il n’est pas indispensable de vous familiariser avec des ENOCs – on peut vivre sans – mais il est bon, il est salutaire de le faire.

Alors, peut-être êtes-vous prêt maintenant pour explorer d’autres dimensions du monde et de vous-même ? En effet :

· Si une intuition vous a un jour soufflé que ce qui est à connaître est plus vaste que ce qu’il semble

· Si vous avez ressenti, à un moment ou à un autre, ce petit pincement d’insatisfaction face à la petitesse des perspectives du monde ordinaire

· Si vous avez vibré à quelque symbole

· Si votre cœur, votre esprit, se sont émus d’une nostalgie vers... autre chose, vers un « ailleurs » que vous ne pouviez formuler...

Alors, si vous vous sentez en effet prêt, il vous suffit pour vous ouvrir aux ENOCs :

· D’un peu de patience, de persévérance et d’entraînement

· D’un regard disposé à s’ouvrir pour contempler des aspects inconnus de la réalité ; d’un mental curieux et... cordial envers ce que vous pourriez rencontrer

· Et sans doute aussi d’amour pour les merveilles qui pourraient vous être révélées...

La méditation, bien sûr, mais aussi la concentration, l’autohypnose, le rêve lucide, la transe, le voyage chamanique..., voilà quelques-uns des ENOCs qui sont à votre portée.

Qu’en dites-vous ?