L'Archange Michel et les Sciences Cosmiques

Inspiré par les écrits de Rudolf Steiner

1. Aristote et l’alphabet du Cosmos

Suite à sa visite à Samothrace, se ranima dans l’âme d’Aristote et d’Alexandre un souvenir qui les ramenait au temps du Temple de la déesse Artémis à Éphèse, lequel fut détruit par les flammes. De cet incendie, qui se présenta comme une imagination provenant du monde éthérique, découla en eux la force de créer quelque chose de nouveau. À Aristote et à son élève Alexandre s’ouvrit la nature des Mystères d’Éphèse et au premier se révéla, en particulier, tout ce en quoi il se trouvait profondément lié aux mystères de la déesse Artémis, la manière dont il avait vécu un siècle auparavant à Éphèse et avait pris part activement à la vie spirituelle qui rayonnait du Temple de Diane, en vivifiant la culture de l’époque.

Grâce à l’expérience de ces souvenirs surgit chez Aristote l’impulsion relative à un alphabet cosmique, dont les éléments ne sont pas des lettres, mais des concepts. Il recueillit 8 concepts, lesquels, pris séparément, apparaissent aussi abstraits que des lettres a, b, c, d. De même cependant qu’avec l’alphabet disposé d’une manière opportune, on peut former de belles phrases, lesquelles à leur tour peuvent être reliées en un livre rempli de sens, de la même façon on peut effectuer au moyen d’un sage usage de ces concepts formulés par Aristote, la lecture des vérités cosmiques. Ce sont de simples concepts, si on les réfère au savoir terrestre, mais ils révèlent les profondes vérités ésotériques qu’ils renferment, si on en dévoile l’efficacité, due à aux grandioses révélations de sagesse qui ont afflué pendant des millénaires. Si l’on réapprend à lire dans l’univers en se servant de ces concepts, il en renaîtra la sagesse primordiale qui se trouve secrètement dans les êtres humains.

Ces concepts sont les catégories d’Aristote : qualité, quantité, relation, temps, espace, position, agir et pâtir. Chacune d’elles, prise singulièrement, est quelque chose d’abstrait. Si par contre on les considère en rapport avec tout ce qui advient dans le Cosmos, avec le savoir relatif à la Lune, aux étoiles, au Soleil, selon les enseignements des Mystères antiques, alors ces concepts, qui apparaissent abstraits quand ils ont appliqués au savoir terrestre, deviennent vivants et sont en mesure de suivre les métamorphoses dans le Cosmos et d’entrouvrir tous les secrets de l’univers.

L’exemple qui suit peut illustrer tout ce qui est dit. Que l’on prenne la qualité, la substance ou dans une certaine quantité, qu’on l’introduise dans l’organisme humain et qu’on la laisse agir.

On produira une force qui agit sur le Mental, et une relation avec le « Je » est ainsi donnée, alors qu’il n’y a aucune relation directe avec le corps éthérique ni non plus avec le corps astral. Le Mental, qui dans ce cas est mis en branle par l’organisation du « Je », est libéré de son impuissance et mis de nouveau en condition d’agir vigoureusement à partir du « Je », au moyen du corps astral et du corps éthérique, jusqu’au corps physique, alors que le Mental abstrait est, inversement impuissant. Si l’on considère l’or comme une substance terrestre en dehors de l’organisme humain, il n’a aucune tendance à se lier à d’autres substances, il ne présente aucune affinité avec l’oxygène, c’est pourquoi l’on peut dire que l’or n’a aucun rapport avec la substance qui représente pour l’homme le support de la vie.

À cause du fait qu’il est réfractaire à l’oxygène, à l’air vital, il peut, si on l’introduit dans l’organisme humain selon une juste dose, y déployer une efficacité sur le Mental, lequel est en affinité avec les forces de mort de l’organisme humain.

Le disciple apprenait ces choses, comme une conséquence du secret relatif à l’affinité de la substance « or » avec le Soleil, dans les écoles des mystères. On y enseignait en outre que le pôle opposé de l’or, est constitué par le carbone, lequel présente une grande affinité justement avec l’oxygène. On enseignait comment le carbone possède des qualités exactement opposées à celles de l’or et comment il se lie à l’oxygène pour former l’anhydride carbonique. Nous, nous formons l’anhydride carbonique dans notre organisme, la plante, elle, en a besoin pour vivre.

Tout ce qui était enseigné dans les Mystères n’était pas seulement un savoir terrestre, mais aussi une sagesse cosmique : c’étaient des secrets relatifs à la Lune, aux étoiles, aux planètes, et des pratiques préparatoires opportunes étaient toujours nécessaires au disciple afin qu’on pût lui confier ces secrets lunaires et solaires. L’or et la carbone, en tant que complémentaires en opposition jouaient un rôle important dans les Mystères. L’or déploie son action cosmique dans le Soleil, le carbone, qui est présent sur Terre comme carbone, graphite et diamant, déploie son action cosmique sur la Lune, où il apparaît comme argent. De là, on distingue la grandeur des doctrines des Mystères : aux hommes des connaissances étaient transmises qui leur révélaient la manière dont une substance prend des aspects différents et comment ce qui se manifeste extérieurement, n’est tel que parce que lié à un lieu, à un espace et à un temps. C’était la doctrine des métamorphoses, que le disciple devait apprendre à fond et sur laquelle se fonde également l’alchimie.

On connaissait le fait, autrement dissimulé, que dans les époques antiques, ces mêmes intelligences de la Lune furent les grandes enseignantes de l’humanité, qu’elles se sont retirées dans leur domaine et qu’en même temps que cet événement s’est accomplie, à un certain moment de l’évolution terrestre, la séparation de la Lune d’avec la Terre. Pour appréhender le secret du carbone-argent, on se mettait en rapport avec ces intelligences. L’or menait aux intelligences du Soleil, le cuivre à celles de Vénus. Un rapport vivant s’instaurait ainsi avec les intelligences du Cosmos et on en venait à connaître les secrets des planètes. On apprenait, par exemple, que les intelligences de Vénus étaient en opposition à celles du Soleil. On connaissait dans les Mystères cette lutte qui se déroule continuellement dans le monde spirituel entre les intelligences de Vénus et celles du Soleil, et comment cette lutte trouvât une expression dans des conflits et crises dans le processus de la civilisation. Ceux-ci étaient l’agir et le subir, comme ils se manifestaient sur Terre en conséquence de la relation entre les intelligences du Soleil et celles de Vénus, étant donné qu’il existait à son tour une relation entre les hommes et les intelligences cosmiques.

Une position déterminée et réciproque des planètes singulières conditionne aussi les métaux correspondants. Ainsi, à titre d’exemple, le plomb résulte de l’action non perturbée de Saturne, l’étain de celle de Jupiter, le fer de celle de Mars, le mercure de celle de la planète homonyme.

Si cette situation change de manière que, par exemple, les lignes de l’action de Saturne se croisent avec celles de l’action de Mars, ou bien interviennent d’autres relations, les métaux moins représentatifs se forment alors.

Revenons à notre point de départ. Avec ses catégories Aristote inaugura un alphabet cosmique, qui s’était révélé en lui par une inspiration au moment de sa visite au siège des Mystères de Samothrace, après que, stimulé par tout ce qui était venu à sa rencontre de la sagesse des Cabires, il avait revécu en imaginations ce qui avait été enseigné dans le Temple d’Artémis. De ces souvenirs, et des impulsions, il en fit les fondements de ses écrits philosophiques, de sorte que ses enseignements, qui ont été repris par les philosophes postérieurs le plus souvent sous forme d’abstractions, se basent en réalité sur quelque chose de profondément ésotérique. Si l’on connaît ces liens, on possède une clef pour comprendre les catégories d’Aristote, par lesquelles, en vertu de l’énergie qui a afflué en elles, on peut accéder de nouveau aux secrets gardés dans les Mystères. On parle de qualités, de substances, qui se trouvent en relation avec le Cosmos ; de la manière dont des quantités opportunes qui, introduites dans l’organisme produisent leurs effets sur les diverses organisations de l’homme, tout comme sur les organes singuliers ; grâce à une métamorphose, ce qui sur la Terre est lié en tant que substance à un certain lieu, à l’espace et au temps, présente un autre aspect dans le Cosmos ; de la manière dont au moyen des rapports réciproques des planètes, peuvent être provoqués l’agir et le subir, et de comment, suite aux changements de la position peuvent se produire des transformations dans les effets et dans les substances. Appliquées de cette manière, les catégories reprennent vie.

2. L’antimoine et ses influences planétaires

Divers motifs reviennent à la lumière du jour en interrogeant les forces de l’âme, des motifs qui se relient à tout ce que l’on savait, au sujet du métal antimoine. L’importance de l’antimoine dans ses effets cosmiques et terrestres nous apparaît alors dans toute sa clarté et commence à se frayer en notre âme une compréhension de ces choses peu à peu nous remplissant de joie.

L’antimoine, déploie une action protectrice contre les forces de nature souterraine, telles que l’électricité et le magnétisme. On exprime ainsi un fait significatif. On pourrait aussi dire : l’antimoine déploie une action protectrice contre Ahrimane. Là où l’antimoine est présent, Ahrimane, lequel s’extériorise dans l’électricité et dans le magnétisme terrestre, ne peut plus agir fortement sur les hommes et sur leur environnement. Dans une région où l’antimoine agit, l’atmosphère est davantage spirituelle et adaptée au culte des mystères.

Le métal antimoine se forme sur la Terre grâce à la coopération des forces de Mercure, de Vénus et de la Lune. C’est la même influence planétaire qui exerce sur l’homme une action d’harmonisation et de régulation, d’où l’on peut parler de « forces de l’antimoine » qui affluent en l’homme depuis le monde extraterrestre. Si l’être humain est exposé de la juste manière à ces forces, il en possède alors l’harmonie provenant du Cosmos, la même que celle qui, sous forme concentrée est présente dans la Terre par le métal antimoine. Cette force extraterrestre de l’antimoine agit sur le corps éthérique par les forces lunaires, sur le corps astral par celles de Vénus et sur l’organisation du « Je » par les forces équilibrantes de Mercure. Si l’homme n’éprouve pas la coopération normale de ces trois planètes, se déclarent alors des réactions qui peuvent être causes de maladies. On doit alors suppléer à la force d’harmonie de l’antimoine extraterrestre, en introduisant ces forces par le métal antimoine dans l’organisme humain.

La qualité, à savoir la substance antimoine, utilisée en une quantité plus ou moins potentialisée dans l’organisme, intérieurement ou extérieurement, étant donné aussi le lieu utilisé, l’espace dans lequel on l’utilise a aussi son importance, aidera l’homme pour qu’il se trouve dans une certaine relation avec les planètes, pour laquelle il a besoin de l’apport des forces de l’antimoine. Au moyen de l’agir, de l’action de l’antimoine, on prévient ou l’on guérit la maladie, le subir. L’antimoine ne doit pas être administré avant un certain temps, à savoir avant que les forces d’harmonie de l’antimoine, d’origine extraterrestre, suite à des changements de positions, aient suscité des forces contraires qui se manifestent dans les diverses parties de l’organisme comme maladie.

Ces choses étaient connues des alchimistes et l’antimoine constituait en effet leur remède principal dans la guérison des malades, étant donné qu’ils étaient aussi médecins. En nous rappelant ces choses, le nom de Basile Valentin resurgit à notre esprit. Il parlait souvent de l’antimoine hongrois et dans la Hongrie entière, on ne trouve pas d’antimoine en dehors du Burgenland. Cette région a dû avoir à faire avec lui et si l’on effectue quelques recherches, on découvre des traces de Basile Valentin ou de ses successeurs jusqu’au château de Bernstein, où se cultivait la pratique de l’alchimie à la manière des Rose-Croix, dont on a encore aujourd’hui un témoignage dans certains objets et même de vrais laboratoires d’alchimie.

Basile Valentin, un personnage des XIVème-XVème siècles enveloppé de légendes, est à considérer plutôt comme un inspirateur, dont les inspirations se seraient exprimées dans une personnalité du nom de Étaphien Rautter. Chez Basile Valentin se perpétuait les doctrines d’Aristote et d’Alexandre, qui avait fleuri dans la ville même d’Alexandrie pour agir ensuite en Occident. De lui-même, il dit avoir entrepris un voyage suite à un vœu fait à Dieu, un difficile pèlerinage à Saint Jacques de Compostelle en Espagne, et une fois retourné chez lui, il dit avoir, grâce au savoir acquis là-bas, donné renommée et gloire à son monastère. Qu’est-ce que peut être d’autre ce savoir sinon le patrimoine de sagesse d’Aristote et d’Alexandre, qui a pénétré dans l’alchimie rosicrucienne, dont on peut trouver une trace remarquable dans certains écrits de Thomas d’Aquin, qu’il transmit ensuite lui-même à son disciple et ami, Frère Réginald de Piperno sous la forme des connaissances relatives à l’alchimie?

Ceux-ci sont quelques points de départ qui proviennent de cette mine d’antimoine du Burgenland, mais l’histoire n’est pas encore finie. La pensée est guidée de l’antimoine au cuivre. La question surgit alors : y a-t-il quelque part du cuivre dans le Burgenland ? De fait il y en a. Non loin du gisement d’antimoine, aux pieds d’un mont appelé Herzberg, il y a une mine de cuivre et l’ensemble du mont est imprégné de cuivre.

Si Gilgamesh a reçu l’initiation dans une cité du Burgenland, cela doit être advenu justement ici, où l’antimoine a produit l’atmosphère spirituelle adaptée, et le siège des mystères devait se trouver sur un mont où les forces du cuivre devaient être actives. L’épopée, en effet, raconte aussi comment Gilgamesh trouvât dans le Burgenland un centre des Mystères, qui constituait une répétition authentique, quoique métamorphosée, des antiques Mystères atlantes.

Quelles sont les substances capables de conduite, à de telles inspirations ?

Nous savons encore, que ce sont les métaux, introduits dans l’organisme après un traitement opportun, qui peuvent éveiller chez l’homme des forces de connaissance. Le cuivre est le métal qui pouvait mener l’homme chaldéen, sans lui provoquer des dommages et en accord avec sa constitution, à une certaine illumination. Seuls les Chaldéens pouvaient, en conformité à leur constitution, puisque le « Je » et le corps astral n’avaient pas du tout pénétré dans le corps physique et dans celui éthérique, prendre impunément, à savoir sans se rendre malades, la substance du cuivre, aux fins d’acquisition de connaissances.

On peut ainsi comprendre comment Gilgamesh, en ce centre des Mystères qui constituait une forme attardée de ceux atlantes, dans lesquels opéraient des forces planétaires, ait parvenu à des connaissances initiatiques suite justement à l’absorption d’une substance (en rapport avec ces forces).

On ne se trompera sans doute pas en supposant que ce qu’on appelle le Mont Herzberg fut le siège des Mystères visités par Gilgamesh. Au sommet de cette montagne nous trouvons des pierres aux formes singulières disposées dans un certain ordre, lesquelles à l’observation attentive, donnèrent l’impression qu’il s’agît des restes d’un cromlech. Certaines d’entre elles étaient taillées en forme de triangles, et, en creusant plus profond, nous en trouvâmes encore en forme de pentagone ou disposées en groupes formant des pentagones. La montagne est située dans le district d’Eisenstadt et une autre appelée Kimmberg de même nature (voir le gros massif montagneux juste au Nord d’Eisenstadt), on aurait pu observer sans entrave la totalité du ciel constellé. De celle-ci on a une vue merveilleuse sur tout le territoire environnant, jusque très loin en Hongrie, sur l’Autriche, la Styrie, la Croatie et la Carniolie.

De profondes expériences s’éveillent donc en visitant ces lieux, où voici des siècles et millénaires vécut une sagesse antique, où les souvenirs de ces époques révolues n’ont pas été supprimés par une envahissante civilisation moderne et où il n’existe même pas de lignes ferroviaires, de sorte que l’ensemble, dans son état d’isolement et caché du monde, a gardé une atmosphère de souvenirs antiques. On est parti dans le Burgenland, que les traces des métaux antimoine et cuivre, en quête d’une expérience de l’histoire archaïque et médiévale et des traditions mystériques relatives.

3 Philosophie de la liberté

Michel guide la descente de l’intelligence cosmique, avec laquelle il se trouve en relation étroite. Comme il fut rendu nécessaire que l’humanité eût part à cette intelligence, il se proposa de rester lié à elle, en prenant la voie qui part du Cosmos vers les hommes. À partir du huitième siècle après Christ, il se trouve sur cette voie et c’est seulement au dernier tiers du dix-neuvième qu’il a débuté son action terrestre. À partir de ce moment-là, Michel est présent dans cette région du monde suprasensible qui confine immédiatement à notre monde physico-sensible et qui n’en est séparée que par un voile subtil : dans le monde éthérique, dans le monde des pensées vivantes. Là, l’homme capable de faire mouvoir des pensées vivantes pourra rencontrer Michel, qui agit comme une force entre les hommes, en les inspirant. Il s’y montre en une aura de lumière rayonnante, dans un geste monitoire ou avec l’épée flamboyante.

Michel fut toujours le grand inspirateur de l’humanité. Dans le passé, alors que le « Je » et le corps astral étaient moins étroitement reliés à l’organisme physico-éthérique, les entités spirituelles pouvaient se manifester dans le « Je » comme des pensées. S’accomplissaient alors de hauts faits, en tant qu’expressions des entités divines qui illuminaient les hommes. C’est de cette même façon que Michel pouvait agir.

Par la suite, dans une phase plus avancée de l’évolution de l’humanité, les entités divines ne purent plus se manifester de cette façon, et ce fut alors leur reflet qui se révéla dans la vie des âmes humaines. On perdait donc de plus en plus le rapport avec le monde spirituel, ce qui était nécessaire pour le développement de l’âme consciente. Celle-ci s’étant développée jusqu’à un certain degré chez l’homme, il se produisit aussi un détachement total du monde spirituel : les pensées ne furent plus désormais expérimentées que dans le corps physique, en tant qu’ombres mortes du spirituel.

Dans cette condition est donnée à l’homme la possibilité de parvenir à un vouloir autonome et donc de réaliser la liberté.

En même temps, cependant, le danger augmente de tomber sous la coupe d’Ahrimane, dont le domaine d’action est la Terre, alors que dans le passé, l’homme, tandis qu’il vivait en communion avec le monde spirituel, était protégé contre Ahrimane par les entités des Hiérarchies, ce qui se produisit encore jusqu’au commencement de l’époque de l’âme de conscience.

Du penser actuel, si étroitement lié au corps physique, Michel ne peut malheureusement plus s’approcher. Il observe avec une grande inquiétude la manière dont l’humanité tombe de plus en plus sous l’influence d’Ahrimane et recherche des moyens pour s’approcher des hommes. Sa tâche est de vivifier et de libérer, par sa force propre, les corps éthériques humains emprisonnés par les forces sclérosantes du corps physique, en faisant en sorte que l’homme puisse de nouveau parvenir à des pensées vivantes et soit en mesure de recevoir les inspirations divines.

On doit voir le fait profondément tragique qu’en dépit de tous les efforts de Michel, et malgré la recherche de l’essence humaine réalisée par des personnalités significatives, les voix inspiratrices de Michel ne sont pas entendues. La satisfaction répandue par la connaissance de la nature, qui s’est emparée de l’être humain et le tient en son pouvoir, en est en cela le plus grand obstacle. Bien qu’aient été développées des idées significatives dans les divers domaines de la vie spirituelle par des hommes éminents, et bien que ces idées visent à une expérience humaine intégrale, elles ne peuvent s’ouvrir à l’inspiration de Michel. Dans l’art éclatèrent encore çà et là les impulsions de Michel, par exemple à l’époque de la Renaissance et plus tard, dans la poésie de Novalis. Toutefois, ces forces ne purent rayonner à l’intérieur de l’âme consciente. En proie à une inquiétude toujours plus grande, Michel observait l’activité intense des hommes. Une solution était urgente.

Et la manière juste consiste dans le fait que Michel veut mettre de nouveau les hommes, comme dans le passé déjà, en rapport avec les dieux, mais sans l’intromission de forces lucifériennes, lesquelles voudraient réaliser la même chose, mais en détachant les hommes de la Terre. Michel veut en outre donner à l’homme, quoique lié à la Terre, autant de spiritualité qu’il lui est nécessaire pour se soustraire à l’influence d’Ahrimane.

Michel parviendra-t-il à maintenir cet équilibre ?

Si l’on considère avec quelle facilité il peut se produire aujourd’hui que des personnes parviennent à l’expérience du monde éthérique, où elles rencontrent Michel et s’en laissent inspirer, on se rendra compte de quelle mission immense il revient aujourd’hui à ces initiés de développer : apporter celle-ci aux hommes, à ceux qui cherchent, qui veulent expérimenter leur propre humanité. Une reconnaissance immense se lève alors de nos âmes pour le fait qu’il y ait eu un homme, Rudolf Steiner, qui vécut parmi nous et qui nous fut lié, lequel a pu donner à l’humanité un tel patrimoine vivant de sagesse.

Date de dernière mise à jour : 30/04/2012