Les Néfilim : Le peuple des fusées de feu

Extrait du livre de Zecharia SITCHIN

Les textes akkadiens et sumériens indiquent très clairement que les peuples de l'ancien Proche-Orient avaient la certi­tude que les dieux du Ciel et de la Terre détenaient le pouvoir de s'élever de la Terre, de monter jusqu'aux Cieux et de parcourir les airs de la Terre à volonté.

Voici comment, dans un texte traitant du viol d'Inanna/Ishtar par une personne non identifiée, celle-ci justifie son acte :

Un jour, ma Reine,Après avoir traversé le ciel, traversé la terre — Inanna,

Après avoir traversé le ciel, traversé la terre — Après avoir traversé Elam et Shoubour, Après avoir traversé...

Le hiérodule s'approcha, las, et s'endormit.

Je la vis, de l'orée de mon jardin; Je l'embrassai, je copulai avec elle.

Inanna, décrite ici survolant les cieux de maintes terres très distantes les unes des autres — exploit que l'on ne peut réaliser qu'en volant — elle-même parla, à une autre occasion, de son pouvoir de voler. Dans un texte que S. Langdon ("Revue d'Assy­riologie et d'Archéologie orientale") intitulé "A Classical Liturgy to Ininni", la déesse se plaint de son expulsion de la ville. Suivant les consignes d'Enlil, un émissaire "qui m'apporta la parole du Ciel" entra dans la salle du trône, "posa sans les laver ses mains sur moi", et, après d'autres outrages,

C'est moi, depuis le temple, qu'ils ont fait s'envoler; Suis-je Reine si, de ma ville, tel un oiseau, ils m'ont fait envoler.

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Inanna partageait cette capacité d'envol avec quelques autres dieux principaux comme l'indiquaient souvent les anciens artistes en peignant des ailes à ces dieux qui étaient, par ailleurs — comme nous l'avons vu —, anthropomorphiques. Les ailes, comme on peut le voir dans de nombreuses représentations, ne faisaient pas partie du corps. Elles n'étaient pas naturelles mais bien plutôt attachées, comme des décorations, aux habits des dieux. Inanna/Ishtar dont les voyages au loin sont mentionnés dans de nombreux textes anciens fit régulièrement le trajet entre son lointain domaine d'Aratta et la demeure qu'elle convoitait à Ourouk. Elle rendit visite à Enki à Eridou, et à Enlil à Nippour, et à son frère Outou dans ses quartiers généraux de Sippar. Mais son voyage le plus célèbre reste celui qu'elle fit vers le Monde d'En-Bas, le domaine de sa sœur Ereshkigal. Ce voyage inspira non seulement de nombreuses épopées, mais aussi des représentations artistiques sur des sceaux cylindriques, ces derniers montrant la déesse ailée, comme pour insister sur l'idée qu'elle vola de Sumer jusqu'au Monde d'En-Bas.

 

inanna-voyage.gifLes textes relatant ce périlleux voyage décrivent comment Inanna s'était, avant son départ, très méticuleusement affublée de sept objets, et comment elle dut les ôter en passant par les sept portes qui menaient à la demeure de sa sœur. Les sept objets en question sont également mentionnés dans d'autres textes ayant trait aux voyages célestes d'Inanna.

1. Le SHOU.GAR.RA qu'elle mit sur sa tête.

2. Des "pendentifs à mesurer" à ses oreilles.

3. Des chaînes de petites pierres bleues, autour du cou.

4. Des "pierres" jumelles, sur ses épaules.

5. Un cylindre en or, dans ses mains.

6. Des ceintures, sanglant la poitrine.

7. L'habit PALA, enveloppant son corps.

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Quoique, jusqu'à présent, personne n'ait été en mesure d'expliquer la nature et la signification de ces objets, nous pensons que la réponse est disponible depuis longtemps. Lors des fouilles dans la capitale assyrienne d'Assour, de 1903 à 1914, Walter Andrae et ses collègues trouvèrent dans le temple d'Ish­tar une statue très abîmée de la déesse, la montrant affublée d'"équipements" divers fixés à sa poitrine et à son dos. En 1934, des archéologues trouvèrent à Mari une statue semblable, cette fois intacte, enfouie dans le sol. Elle représentait une belle femme en grandeur nature. Son étrange coiffe ornée de deux cornes indiquait qu'il s'agissait d'une déesse. La statue, vieille de 4.000 ans, fit l'admiration des archéologues. Elle semblait presque vivante et, en effet, sur l'une des photos, on distingue à peine la statue des hommes l'entourant. Ils l'appelèrent la Déesse au Vase, car elle tient dans ses mains un objet cylindrique.

Contrairement aux sculptures plates et aux bas-reliefs, cette représentation grandeur nature et en trois dimensions de la déesse révèle quelques détails intéressants de son accoutrement. Sur la tête, elle ne porte pas un chapeau de chapelière, mais un casque spécial.

Dépassant de chaque côté, ces objets posés sur ses oreilles rappellent les écouteurs d'un pilote. Elle porte sur son cou et sur sa gorge un collier fait de nombreuses petites pierres (probablement précieuses); elle tient dans ses mains un objet cylindrique qui semble trop épais et trop lourd pour qu'il s'agisse d'un vase à eau.

 Sur une blouse en tissu transparent, deux ceintures parallèles passent sous sa poitrine, rejoignant sur le dos une étrange boîte de forme rectangulaire, qu'elles maintiennent en place. La boîte, serrée contre la nuque de la déesse, est fermement attachée au casque par une sangle horizontale. Son contenu, quel qu'il fût, devait peser lourd car l'ensemble repose sur deux grandes épaulettes. Au poids de la boîte s'ajoute un tuyau qui lui est relié à sa base par un fermoir circulaire. Cet ensemble d'instruments — puisque c'est, sans aucun doute, de cela qu'il s'agit — était maintenu à l'aide de deux systèmes de sangles croisées sur le dos et la poitrine de la déesse.

On peut facilement prouver le parallèle existant entre les sept objets dont eut besoin Inanna pour ses voyages aériens et la robe et les objets portés par la statue trouvée à Mari (ainsi que probablement par celle trouvée au temple d'Ishtar à Ashour). On voit les "pendentifs à mesurer" (les écouteurs) sur les oreilles; les rangées ou "chaînes" de petites pierres autour de son cou; les "pierres jumelles" — (les deux épaulettes) sur ses épaules; "le cylindre d'or" dans ses mains et les ceintures qui traversent sa poitrine. Elle est, en effet, habillée d'un "vêtement PALA", (vêtement de souverain) et elle porte sur la tête le casque SHOU.GAR.RA — terme qui signifie littéralement "ce qui fait aller loin dans l'univers".

Tout cela nous suggère que le costume d'Inanna était celui d'un aéronaute ou d'un astronaute.

L'Ancien Testament appelle les "anges" du Seigneur malachim — littéralement les "émissaires", ceux qui portaient les messages divins et exécutaient les ordres divins. Comme en témoignent de nombreux exemples, ils étaient des aviateurs divins : Jacob les vit escalader une échelle céleste, Hagar (la concubine d'Abraham) fut par eux interpellée du ciel et ce sont eux qui, à partir du ciel, détruisirent Sodome et Gomorrhe.

Le compte rendu biblique des événements qui précédèrent la destruction des deux villes pécheresses précise bien le fait que ces émissaires étaient, d'une part, en tout point, anthropomorphiques et que, d'autre part, on pouvait les identifier tels des "anges" dès l'instant où on les observait. Nous apprenons qu'ils apparaissaient avec soudaineté.

Abraham "leva les yeux et... quelle ne fut pas sa surprise de voir trois hommes se tenant près de lui ?" S'inclinant devant eux et les appelant "Mes Seigneurs", il demanda : « Ne passez pas sur votre serviteur », puis il les invita à venir se laver les pieds, se reposer et manger.

Ayant fait ce qu'Abraham leur avait demandé, deux d'entre eux (le troisième "homme" se révéla être le Seigneur en personne) s'en allèrent à Sodome. Lot, le neveu d'Abraham "était assis à la porte de Sodome; et quand il les vit, il se leva pour les accueillir et se prosterna à terre en disant : « S'il plaît à mes Seigneurs, je les en supplie, qu'ils viennent chez leur serviteur se laver les pieds et passer la nuit. » Puis "il leur fit un festin et ils mangèrent". Quand la nouvelle de leur arrivée gagna la ville, "tous les gens de la ville, jeunes et vieux, entourèrent la maison, appelèrent Lot et lui demandèrent : Où sont les hommes qui sont venus te voir cette nuit ?"

Comment étaient ces hommes — qui mangeaient, buvaient, dormaient et lavaient leurs pieds fatigués — qu'on identifiait néanmoins si facilement comme anges du Seigneur ?

La seule explication plausible est que ce qu'ils portaient — leur casque, leur uniforme et leurs armes — les rendait immédiatement reconnaissables. Il est très possible qu'ils aient eu des armes très caractéristiques, car les deux "hommes" sur le point d'être lynchés par la foule à Sodome, "frappèrent le peuple de cécité à l'entrée de la maison... et ils devinrent incapables d'en trouver l'entrée". Un autre ange, qui apparut à Gédéon alors qu'il avait été élu Juge en Israël, lui fit un signe divin en touchant une pierre de son bâton, pour en faire jaillir du feu.

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L'équipe dirigée par Andrae trouva au temple d'Ashour une autre étrange représentation d'Ishtar. Il s'agissait d'une sculpture murale, plutôt que d'un bas-relief ordinaire, qui montre la déesse portant un casque serré décoré, des "écouteurs" se prolongeant comme s'ils avaient leurs propres antennes plates, et affublée de grosses lunettes très caractéristiques intégrées au casque.

Il va sans dire que quiconque se trouvant en présence d'une personne — homme ou femme — habillée de la sorte comprendrait aussitôt qu'il s'agit d'un aéronaute divin.

Des figurines d'argile trouvées à des sites sumériens — et datant, estime-t-on, d'environ 5.000 ans — pourraient bien être des représentations de malachim brandissant des armes en forme de baguette. Dans un cas, la tête se découvre par la visière du casque. Dans un autre, l'"émissaire" porte la coiffe conique divine bien caractéristique et un uniforme piqueté d'objets circulaires dont on ignore la fonction.

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La fente des yeux ou les "grosses lunettes" des figurines sont tout particulièrement intéressantes, car, au IVe millénaire av. J.-C., le Proche-Orient regorgeait de figurines très délicates qui dépeignaient d'une manière stylisée le haut du corps des dieux en exagérant leur trait le plus proéminent : un casque conique à œillères elliptiques ou à grosses lunettes.

Toute une collection de ces figurines fut retrouvée à Tell Brak, un site préhistorique sur la rivière Khabour, cours d'eau sur les berges duquel Ézéchiel vit, des millénaires plus tard, le divin chariot.


Ce n'est sans doute pas une coïncidence si les Hittites, reliés à Sumer et Akkad par la région de Khabour, adoptèrent comme signe écrit pour "dieux" le symbole suivant visiblement emprunté aux figurines "œil".

 Il n'est pas non plus surprenant que ce symbole ou hiéroglyphe pour "être divin", exprimé dans un style artistique, ait fini par dominer l'art, non seulement d'Asie Mineure, mais aussi des premiers Grecs pendant les époques minoenne et mycénienne.

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Les textes anciens indiquent que les dieux revêtaient de tels costumes, non seulement pour voler dans les cieux de la Terre, mais aussi quand ils montaient vers les cieux lointains. Parlant de ses visites occasionnelles à Anou dans sa demeure céleste, Inanna elle-même expliquait qu'elle pouvait entreprendre de tels voyages parce qu'"Enlil lui-même attachait le divin vête­ment - ME autour de mon corps". Voici, cité dans le texte, ce que lui confiait Enfil:

Tu as soulevé le ME, Tu as lié le ME à tes mains, Tu as réuni le ME, Tu as attaché le ME à ton sein... Ô, reine de tous les ME, ô lumière rayonnante Qui de sa main saisit les sept ME.

Un des premiers souverains sumériens invité par les dieux à monter aux cieux fut nommé EN.ME.DUR.AN.KI, ce qui signifiait littéralement "roi dont les me relient Ciel et Terre". Une inscription de Nebouchadnezzar II, décrivant la reconstruction d'un pavillon spécial pour le "char céleste" de Mardouk, déclare qu'il faisait partie "de la maison fortifiée des sept me du Ciel et de la Terre".

Les érudits mentionnent les me comme "objets du pouvoir divin". Littéralement, le terme vient du concept de "nageant dans les eaux célestes". Inanna les décrivaient comme des parties du "vêtement céleste" qu'elle revêtait pour ses voyages dans le navire du Ciel. Les me faisaient ainsi partie de l'équipement spécial porté pour voler dans les Cieux de la Terre ainsi que dans l'espace extra-terrestre.

La légende grecque d'Icare le fait tenter de voler en s'attachant au corps des ailes emplumées avec de la cire. Les preuves trouvées dans l'ancien Proche-Orient nous montrent que, si les dieux furent dépeints avec des ailes pour indiquer leur capacité à se déplacer dans les airs et dans l'espace — ou peut-être quelquefois mettaient-ils des uniformes ailés en signe de leurs qualités d'aviateurs —, ils n'essayèrent jamais de s'attacher des ailes pour voler. Pour de tels voyages, ils utilisaient des véhicules.

L'Ancien Testament nous informe que le patriarche Jacob, passant la nuit dans un champ à l'extérieur de Harrân, vit "une échelle posée sur Terre dont l'extrémité atteignait les cieux" sur laquelle les "anges du Seigneur" montaient et descendaient avec affairement. Le Seigneur lui-même se tenait en haut de l'échelle. Et Jacob, stupéfait "eut peur et dit" :

Vraiment, un dieu se trouve en ce lieu, et je ne le savais pas...

Que ce lieu est redoutable !

Certes, ce n'est autre que la demeure du Seigneur et c'est la porte des Cieux.

Il y a deux faits intéressants dans cette histoire. Le premier est que des êtres divins montaient et descendaient de cette "porte des Cieux" en se servant d'un moyen mécanique — une "échelle". Le deuxième est que Jacob fut complètement surpris par cette apparition. La "demeure du Seigneur", l'échelle", et les "anges du Seigneur" qui s'en servaient n'étaient pas là quand Jacob s'étendit dans le pré pour s'endormir. Il y eut soudaine­ment cette "vision" redoutable. Et au matin, la "demeure", l'échelle" et leurs occupants avaient disparu.

Nous pouvons en conclure que le matériel utilisé par les êtres divins était une sorte de vaisseau qui pouvait apparaître au-dessus d'un endroit, le survoler quelque temps, et disparaître de nouveau.

L'Ancien Testament raconte que le prophète Élie n'est pas mort sur Terre, qu'il s'éleva aux Cieux dans un tourbillon. Ce n'était pas un événement soudain et inattendu : l'ascension d'Élie avait été arrangée au préalable. On lui avait dit d'aller, un jour bien précis, à Beth-El ("la maison du Seigneur"). La rumeur qu'il était sur le point d'être amené aux cieux s'était déjà propagée parmi ses disciples. Lorsqu'ils interrogèrent son re­présentant pour savoir si la rumeur était vraie, il confirma qu'en effet : "Le Seigneur emmènera le Maître aujourd'hui." Et puis :

Il apparut un chariot de feu, et des chevaux de feu... Et Elie s'éleva vers les Cieux dans un tourbillon.

Plus célèbre encore, et certes bien mieux décrit, on trouve le chariot céleste vu par le prophète Ézéchiel, alors qu'il vivait parmi les déportés judéens sur les rives du fleuve Khabour dans la Mésopotamie du Nord.

Les cieux furent ouverts, et je vis les apparitions du Seigneur.

Ce que vit Ézéchiel était un être semblable à un homme, entouré d'éclat et de luminosité, assis sur un trône qui reposait sur un "firmament" en métal à l'intérieur d'un chariot. Le véhicule lui-même, qui pouvait se diriger dans toutes les directions sur des roues — qui étaient les unes dans les autres — et décoller verticalement, fut décrit par le prophète comme un tourbillon lumineux.

Et je vis un tourbillon venant du nord, comme un grand nuage avec des éclairs de feu et de la lumière tout autour. Et à l'intérieur, à l'intérieur du feu, il y avait un rayonnement qui brillait comme une auréole.

Quelques chercheurs s'appuyant sur la description de la Bible (tel Josef F. Blumrich, de l'Administration Américaine Nationale de l'Aéronautique et de l'Espace — NASA) ont conclu récemment que le "chariot" vu par Ézéchiel était un hélicoptère composé d'une cabine reposant sur quatre pieds, chacun équipés d'ailes tournantes — effectivement un "tourbillon".

Deux millénaires auparavant, lorsque le souverain sumérien Goudéa commémora la construction du temple pour son dieu Ninourta, il écrivit que lui apparut un "homme qui brillait comme les Cieux... et de par le casque qu'il portait, c'était un dieu".

Lorsque Ninourta et ses deux compagnons divins apparurent à Goudéa, ils se tenaient debout à côté du "divin oiseau noir du vent" de Ninourta. Il se trouve que la raison principale de la construction du temple de Ninourta était de procurer une zone de sécurité, un enclos spécial à l'intérieur des murs du temple, pour cet "oiseau divin".

Goudéa raconta que la construction de cet enclos nécessita d'énormes poutres et d'immenses pierres importées de très loin. On considéra la construction du temple comme achevée seulement lorsque l'oiseau divin" fut placé à l'intérieur de l'enclos. Et, une fois mis en place, l'oiseau divin pouvait tenir les Cieux et était capable de "réunir les Cieux et la Terre". L'objet était si important — "sacré" — qu'il était continuellement protégé par deux "armes divines", le "chasseur suprême" et le "tueur suprême" — des armes qui projetaient des faisceaux de lumière et des rayons mortels.

La similitude des descriptions de la Bible et des descriptions sumériennes, à la fois des véhicules et des êtres à l'intérieur de ces véhicules est évidente. La description des véhicules comme "oiseaux", "oiseaux à vent", et "tourbillon" qui pouvaient s'envoler vers les cieux en projetant une lumière brillante, ne laisse aucun doute : il s'agissait d'une sorte de machine volante.

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Les fresques murales énigmatiques mises au jour à Tell Ghassul — un site à l'est de la mer Morte dont le nom ancien est perdu — pourraient éclaircir notre sujet. Les fresques, datant d'environ 3.500 av. J.-C. dépeignent un large "compas" à huit pointes, la tête d'une personne portant un casque, placée à l'intérieur d'une salle en forme de cloche, et deux dessins d'engins mécaniques qui auraient très bien pu être les "tourbillons" de l'Antiquité.

Les textes anciens décrivent également un véhicule dont on se servait pour envoyer les astronautes dans les cieux. Goudéa déclara que l'"oiseau divin" s'élevait pour encercler les terres, il "lançait des éclairs sur les briques élevées".

 

L'enclos protégé était décrit comme MOU.NA.DA.TOUR.TOUR ("base en pierre dure du MOU"). Ouroukagina, qui régnait à Lagash, dit à propos du "divin oiseau noir du vent" : « le MOU qui s'illumine tel un feu que je fais haut et ardent ». De la même manière, Lou-Outou, souverain d'Oumma au IIIe millénaire av. J.-C., fit construire un endroit pour un mou "qui jaillit d'un feu" pour le dieu Outou "dans l'endroit désigné à l'intérieur de son temple."

Le roi babylonien Nébouchadnezzar II, rapportant sa construction de l'enceinte sacrée de Mardouk, disait qu'à l'inté­rieur des murs fortifiés faits de briques cuites et de marbre luisant d'onyx :

Je soulevai la proue du vaisseau ID.GE.OUL le chariot de la noblesse princière de Mardouk; Le bateau ZAG.MOU.KOU dont on guette l'approche, le voyageur suprême entre les Cieux et la Terre au milieu du pavillon je l'ai enfermé dissimulant ses côtés.

ID.GE.OUL, le premier qualitatif dont on se servit pour décrire ce "voyageur suprême", ou "chariot de Mardouk", signifie littéralement "haut vers les cieux, brillant dans la nuit". ZAG.MOU.KOU, la deuxième épithète décrivant le véhicule — visiblement un "bateau" reposant dans un bâtiment spécial — signifie "le MOU brillant destiné au lointain".

Heureusement, on peut prouver qu'un mou — objet conique au sommet ovale — était véritablement installé dans l'enclos intérieur et sacré des temples des grands dieux des Cieux et de la Terre. Une pièce de monnaie très ancienne trouvée à Byblos (le Gebal de la Bible) sur la côte méditerranéenne du Liban de nos jours, dépeint le grand temple d'Ishtar. Certes, il est représenté tel qu'il était au Ier millénaire av. J.-C., mais le fait que les temples devaient être construits et reconstruits sur le même site et selon les plans d'origine signifie sans aucun doute que nous avons devant nous les éléments de base du temple original de Byblos, tracé des millénaires auparavant.

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C'est un temple en deux parties qui est représenté sur cette pièce de monnaie. A l'avant, se trouve la structure du temple principal qui est imposante avec son portique d'entrée encadré de colonnes. Derrière, il y a une cour intérieure, ou "endroit sacré", caché et protégé par un haut mur massif. C'est manifestement un endroit surélevé, car on ne peut y accéder qu'en gravissant de nombreuses marches.

Au centre de cet endroit sacré, il y a une plate-forme spéciale, dont les traverses de construction ressemblent à celles de la tour Eiffel, structurée de manière à supporter un poids énorme. Et, sur cette plate-forme, figure l'objet de toute cette protection et de toute cette sécurité : un objet qui ne peut être qu'un mou.

 

Comme la plupart des mots syllabiques sumériens, mou a une signification primaire : "ce qui s'élève tout droit". Ses trente et quelques autres significations comprennent "hauteur", "feu", "commander", "une période mesurée", aussi bien que (plus tard) "ce par quoi on reste dans les mémoires". Si l'on retrace l'écriture du signe mou de ses stylisations assyriennes et babyloniennes jusqu'aux pictographes sumériens d'origine, une évidence pictographique s'impose :

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On peut clairement distinguer une chambre conique, représentée seule ou attachée avec une section étroite. "De la chambre d'or-dans-les-cieux, je veillerai sur toi", promit Inanna au roi assyrien. Le mou était-il cette "chambre céleste ?".

Un hymne célébrant Inanna/Ishtar et ses voyages dans le vaisseau des Cieux précise clairement que le mou était le véhicule dans lequel les dieux parcouraient de long en large et très haut les Cieux :

Dame des Cieux : Elle revêtit l'habit des Cieux; Elle monte vaillamment dans les Cieux. Au-dessus de toutes les terres habitées elle vole dans son MOU. Dame, qui dans son MOU à tire-d'aile va joyeusement jusqu'en haut des Cieux. Sur tous les lieux en repos elle vole dans son MOU.

Il existe des preuves qui indiquent que les gens de l'est de la Méditerranée avaient vu des objets en forme de fusée, non seulement dans l'enceinte du temple, mais aussi en plein vol. Des glyphes hittites nous dévoilent, par exemple — avec pour arrière-plan un ciel étoilé — des missiles de croisière, des fusées montées sur des bases de lancement, et un dieu à l'intérieur d'une chambre rayonnante.

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Le professeur H. Frankfort ("Cylinder Seals"), tout en démontrant comment, d'une part, l'art de fabriquer les sceaux cylindriques mésopotamiens et, d'autre part, les scènes qui y sont gravées s'étaient répandus à travers tout le monde ancien, reproduit dans son ouvrage la scène d'un sceau datant du XIIIe millénaire av. J.-C. trouvé en Crète. La scène représente très visiblement une fusée traversant les cieux propulsée par les flammes échappant à l'arrière.

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Les chevaux ailés, les animaux entrelacés, le globe céleste ailé, et la divinité avec des cornes sortant de sa coiffe, sont tous des thèmes mésopotamiens connus. On peut certainement supposer que la fusée enflammée visible sur ce sceau crétois était aussi un objet familier à travers l'ancien Proche-Orient.

En effet, sur une tablette exhumée à Gezer, une ville de l'ancien Canaan à l'ouest de Jérusalem, apparaît une fusée avec des "ailes" ou des nageoires — accessible par une "échelle". La double impression sur ce même sceau révèle également une fusée posée sur le sol près d'un palmier. Les symboles du Soleil, de la Lune et des constellations du zodiaque témoignent de la nature céleste ou de la destination de ces objets.

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Les textes mésopotamiens se référant aux enclos intérieurs des temples ou aux voyages célestes des dieux, et même aux situations où des mortels montèrent aux cieux, utilisent le terme sumérien mou ou son dérivé sémitique shou-mou ("celui qui est un mou"), sham ou shem. Parce que ce terme signifie également "ce par quoi on reste dans les mémoires", le mot a pris la signification de "nom". Mais l'usage de "nom" sur les textes plus anciens qui mentionnent un objet utilisé pour voler, a voilé le véritable sens de ces anciens documents.

Ainsi G.A. Barton ("The Royal Inscriptions of Sumer and Akkad") établit ainsi la traduction incontestée de l'inscription du temple de Goudéa — "son MOU reliera les terres d'horizon à horizon" par "son nom remplira les terres". Un hymne à Ishkour, prônant son "MOU émetteur de rayons" qui pouvait atteindre le plus haut des cieux fut ainsi rendu : "Ton nom est radieux, il atteint le zénith des Cieux." Cependant, pressentant que mou ou shem pouvait signifier un objet et non pas un "nom", certains érudits ont traité ce terme comme un suffixe ou un phénomène grammatical ne nécessitant pas de traduction et, ce faisant, contournèrent tout le problème.

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Il n'est pas très difficile de tracer l'étymologie de ce terme, et la manière par laquelle "chambre du ciel" vint à signifier "nom". Des sculptures représentant un dieu à l'intérieur d'une chambre en forme de fusée ont été découvertes, entre autres cet objet extrêmement ancien (à présent dans la collection du musée de l'Université de Philadelphie) décoré de douze globes qui at­testent de la nature céleste de cette chambre.

De nombreux sceaux représentent d'une manière semblable un dieu, (et parfois deux) à l'intérieur de "chambres divines" ovales; dans la plupart des cas, ces dieux à l'intérieur de leur ovale sacré sont présentés comme étant des objets de vénéra­tion.

Les peuples anciens, désirant étendre le culte de leurs dieux partout, et non seulement à la "maison" du culte officiel de chaque divinité, installèrent des imitations du dieu à l'intérieur de sa "chambre divine". Des piliers de pierre façonnés de manière à simuler le véhicule ovale étaient érigés sur des sites sélectionnés, et l'image du dieu était sculptée dans la pierre pour bien indiquer qu'il se trouvait à l'intérieur de l'objet.

Il se passa un certain temps avant que les rois et les souverains — associant ces piliers (appelés stèles) au pouvoir de monter à la demeure céleste — commencent à graver leur propre image sur les stèles afin d'associer leur personne à la demeure éternelle. S'ils ne pouvaient pas échapper à l'oubli certain de leur apparence physique, il était pour eux important qu'au moins leur "nom" fût à jamais commémoré.

Le terme qui, dans l'Antiquité, désignait de telles stèles vient confirmer que le but des piliers de pierre commémoratifs était de simuler un vaisseau céleste enflammé. Les Sumériens les appelaient NA.ROU, "les pierres qui montent". Les Akkadiens, les Babyloniens et les Assyriens les appelaient narou, "objets qui dégagent de la lumière". Les Amurru les appelaient nouras ("objets enflammés"). En hébreu, ner signifie toujours un pilier qui émet de la lumière, donc la "bougie" d'aujourd'hui. Dans les langues indo-européennes des Hourrites et des Hittites, les stèles s'appelaient hou-ou-ashi ("oiseau de feu en pierre").

 

 Quelques références bibliques indiquent la relation étroite entre deux genres de monuments commémoratifs, le yad et le shem. Le prophète Isaïe annonça au peuple éprouvé de Judée la promesse du Seigneur d'un avenir meilleur et plus sûr : Et je leur donnerai, Dans ma maison et dans mes murs, Un Yad et un Shem.

Si l'on s'en tient à la traduction littérale, cela voudrait dire que la promesse du Seigneur consistait à pourvoir son peuple d'une "main" et d'un "nom". Cependant, par bonheur, d'anciens monuments appelés yad toujours visibles en Terre sainte nous apprennent qu'ils se distinguaient par un sommet en forme de pyramidion. En revanche, le shem était un mémorial au sommet ovale. De toute évidence, au départ, tous deux simulèrent la "chambre du ciel", le véhicule des dieux pour monter à la demeure éternelle. Dans l'Égypte ancienne, les croyants allaient en pèlerinage dans un temple particulier d'Héliopolis pour voir et admirer le ben-ben, un objet en forme de pyramidion dans lequel les dieux étaient arrivés sur Terre à des époques immémoriales.

 Les pharaons égyptiens étaient, à leur mort, soumis à une cérémonie "d'ouverture de la bouche" au cours de laquelle ils étaient transportés par un yad ou par un shem à la demeure divine de la vie éternelle.

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Les traducteurs de la Bible s'obstinèrent à employer le mot "nom" chaque fois qu'apparaît le mot shem en dépit d'un étude très poussée publiée il y a plus d'un siècle par G.M. Redslob ("Zeitschrift der deutschen Morgenlandischen Gesellschaft") dans laquelle il fait remarquer avec raison que le terme shem et le terme shamain (ciel) viennent du mot racine shamah signifiant "ce qui est vers le haut". Où, dans l'Ancien Testament, il est dit que le roi David "fit un shem" pour marquer sa victoire sur les Araméens, Reslob dit, il ne "fit pas un nom" mais érigea un monument qui pointait vers le ciel.

Une fois compris que mu et shem devraient être traduits dans les textes mésopotamiens non pas par "nom" mais par "véhicule spatial", on commence à comprendre le vrai sens de nombreux récits anciens, en particulier l'histoire de la tour de Babel.

Au chapitre 11 du livre de la Genèse, il est question des tentatives humaines pour élever un "shem". Le compte rendu de la Bible est écrit dans une langue concise et précise qui tend à prouver la vérité historique de ce fait. Or, des générations d'érudits et de traducteurs n'ont cherché à donner au texte qu'un sens allégorique car — tel qu'ils le comprenaient — il s'agissait du désir de l'humanité de se "faire un nom" pour elle-même. Une telle approche vidait le texte de son vrai contenu. Notre conclusion quant au vrai sens de shem restitue au texte tout le sens qu'il devait avoir pour les peuples de l'antiquité eux-mêmes.

Le récit biblique de la tour de Babel traite d'événements qui suivirent la repopulation de la Terre après le déluge, quand certains hommes "partis de l'est trouvèrent une plaine dans le pays de Shinéar et s'y établirent".

Le pays de Shinéar est, bien entendu, le pays de Sumer dans la plaine entre les deux fleuves en Mésopotamie du Sud. Et ce peuple qui connaissait déjà l'art de faire des briques et de construire de hauts bâtiments, nécessaire à une civilisation urbaine, déclara :

« Laisse-nous construire une ville, et une tour dont le sommet touche les cieux; et laisse-nous faire un shem sinon nous serons dispersés sur la surface de la Terre ».

Mais ce projet humain ne fut pas du goût du Seigneur :

Et le Seigneur descendit, pour voir la ville et la tour que les Enfants d'Adad avaient érigées. Et il déclara: « Regardez-bien, ils ne font tous qu'un peuple d'une seule langue, et cela n'est que le début de leurs efforts; A présent quoi qu'ils projettent de faire rien ne leur sera plus jamais impossible. »

Et le Seigneur dit — à quelques collègues dont l'Ancien Testament ne révèle pas les noms :

« Venez, descendons, et, une fois sur place, brouillons leurs langues; Qu'ils ne puissent plus se comprendre entre eux. »

Et, de là, le Seigneur les dispersa sur la face de la Terre entière, et ils cessèrent de construire la ville.

Ainsi elle fut appelée Babel, car c'est là que le Seigneur brouilla la langue de la Terre.

La traduction traditionnelle de "nom" pour shem a rendu ce récit inintelligible pendant de nombreuses générations. Pourquoi les anciens habitants de Babel — Babylonia — voulaient-ils à tout prix "se faire un nom" ? Pourquoi ce "nom" devait-il être posé sur une tour dont le sommet atteindrait les Cieux ? Comment le fait de "se faire un nom" pourrait-il empêcher que l'humanité fût dispersée à la surface de la Terre ?

Si tout ce que désiraient ces gens était (comme l'expliquent les spécialistes) de se faire "une réputation", pourquoi cette tentative fâcha-t-elle tant le Seigneur ? Pourquoi l'élévation d'un "nom" était-elle considérée par Dieu comme un exploit tel que "plus rien ensuite ne leur serait impossible à faire" ? Les explications traditionnelles ne suffisent pas à qui veut comprendre pourquoi le Seigneur jugea nécessaire de faire appel à d'autres divinités non identifiées pour descendre et mettre un terme à cette tentative humaine.

Nous pensons que les réponses à toutes ces questions deviennent plausibles, évidentes même, une fois que nous traduisons par "véhicule aérien" plutôt que par "nom" le mot shem, qui est le terme employé dans l'hébreu original de la Bible. Il est donc bien question de l'inquiétude des hommes, une fois dispersés sur Terre, de perdre tout contact entre eux. Ils décidèrent donc de construire un "véhicule aérien" et d'ériger une tour de lancement pour un tel véhicule afin de pouvoir, eux aussi — comme par exemple la déesse Ishtar —, survoler dans un mou "toutes les terres habitées".

Une partie du texte babylonien connu sous le nom de "Épopée de la Création" raconte que la première "Porte des dieux" fut construite par les dieux eux-mêmes à Babylone. Voici l'ordre donné aux Anounnaki, les dieux subalternes : Construisez la Porte des Dieux...

Que l'on travaille la brique. Son shem sera à l'endroit choisi.

Deux années durant, les Anounnaki s'attelèrent au travail, appliquèrent l'instrument... fabriquèrent des briques", jusqu'à ce qu'ils aient érigé très haut le sommet de Eshaliga ("maison des grands dieux") et qu'ils aient "construit la tour aussi haute que les hauts Cieux".

L'humanité fit preuve d'une audace certaine en établissant sa propre tour de lancement sur un site qui était à l'origine à l'usage exclusif des dieux; le nom de cet endroit n'était-il pas en effet, Babili, littéralement "Porte des dieux" ?

Existe-t-il d'autres preuves qui puissent confirmer le récit de la Bible et notre propre interprétation ?

Le prêtre-historien babylonien Bérossus qui, au IIIe siècle av. J.-C., composa une histoire de l'humanité, rapporte que "les premiers habitants de la région, se glorifiant de leur propre force,... entreprirent d'ériger une tour dont le sommet atteindrait le ciel".

Mais la tour fut renversée par les dieux et les tempêtes, "et les dieux introduisirent une variété de langues parmi les hommes qui, jusqu'alors, avaient tous parlé la même".

Georges Smith ("The Chaldean Account of Genesis") trouva dans les écrits de l'historien grec Hestaeus un texte qui, en accord avec les "traditions d'antan", indiquait que les hommes qui avaient échappé au déluge vinrent à Senaar en Babylonie, mais ne purent y rester en raison de la diversité des langues qu'on y parlait. L'historien Alexandre Polyhistor (Ier siècle av. J.-C.) écrivit qu'à l'origine tous les hommes parlaient la même langue. Puis certains entreprirent d'ériger une grande et majestueuse tour qui leur permettrait de "monter jusqu'au ciel". Mais le dieu chef contrecarra leur projet en envoyant un tourbillon de vent. On donna une langue à chaque tribu. "Babylone est la ville où cela se produisit."

Il y a peu de doute à présent que les contes bibliques et les récits des historiens grecs d'il y a 2.000 ans ainsi que ceux de leur prédécesseur Bérossus découlent tous d'origines sumériennes antérieures. A.H. Sayce ("The Religion of the Babylonians") dit avoir lu, sur une tablette fragmentée du British Museum, "la version babylonienne de la construction de la tour de Babel". Dans tous les cas, les efforts pour atteindre les cieux et la confusion des langues qui s'ensuivit forment la base de cette version. D'autres textes sumériens font état de la volonté d'un dieu en colère de brouiller le langage de l'Homme.

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On imagine qu'alors l'humanité ne possédait pas la technologie requise pour un tel projet aérospatial. Les conseils et la collaboration d'un dieu savant étaient essentiels. Pour venir en aide aux hommes, un tel dieu défia-t-il les autres ? On peut voir sur un sceau sumérien une confrontation entre des dieux armés, due apparemment à la construction controversée d'un tour à degrés par les hommes.

Une stèle sumérienne visible aujourd'hui au musée du Louvre à Paris pourrait bien représenter l'incident cité dans le livre de la Genèse. Elle fut élevée aux alentours de 2.300 av. J.-C. par Naram-Sin, roi d'Akkad, et les spécialistes pensent qu'elle représente la victoire du roi sur ses ennemis. Mais le grand personnage central est une divinité et non pas un roi humain, car il porte un casque orné de cornes, le signe distinctif des dieux. En outre, le personnage central ne semble pas être le chef des humains de plus petite taille, car il les piétine. Ces humains, à leur tour, ne paraissent pas être occupés à guerroyer, mais à marcher dans une position d'adoration vers le grand objet conique sur lequel se fixe l'attention du dieu. Armé d'un arc et d'une lance, le dieu semble regarder l'objet d'un air plus menaçant qu'adorateur.

L'objet conique est montré dirigé vers trois corps célestes. Si sa taille, sa forme, son but indiquent que c'était un shem, alors la scène représente un dieu en colère armé jusqu'aux dents et piétinant le peuple qui célébrait l'érection d'un shem.

Les textes mésopotamiens, tout comme la Bible, renvoient à la même morale : les machines volantes étaient destinées aux dieux et non aux hommes.

 Les hommes, comme l'affirment les textes, ne pouvaient monter en la demeure céleste qu'à la demande expresse des dieux. Il y a tout aussi bien dans les textes mésopotamiens que dans la Bible d'autres récits d'ascension vers les cieux et même de voyages dans l'espace.

L'Ancien Testament rapporte la montée aux cieux de plusieurs mortels.

Le premier fut Énoch, un patriarche vivant avant le déluge, que Dieu traitait en ami et qui "se promenait avec le Seigneur". Il était le septième patriarche dans la lignée d'Adam et l'arrière-grand-père de Noé, héros du déluge. Le chapitre 5 du livre de la Genèse dresse la liste des généalogies de tous ces patriarches avec les âges auxquels ils moururent, exception faite d'Énoch "qui était parti, car le Seigneur l'avait pris". De par la tradition et ses implications, c'est vers les Cieux, pour le sauver de la mort sur Terre, que Dieu emmena Énoch. L'autre mortel fut le prophète Élie qui fut soulevé de Terre et emmené vers les Cieux dans un "tourbillon de vent".

Dans l'Ancien Testament, on trouve l'histoire très peu connue d'un troisième mortel qui visita la Demeure Divine où il reçut une très grande sagesse. Il s'agit du souverain de Tyr (centre phénicien de la côte est de la Méditerranée). Nous pouvons lire dans le chapitre 28 du livre d'Ézéchiel que le Seigneur ordonna au prophète de rappeler au roi que, du fait de sa perfection et sa sagesse, la divinité l'avait autorisé à aller rendre visite aux dieux :

Tu es modelé selon un plan, plein de sagesse, de beauté parfaite, Tu as été en Éden, le jardin de Dieu; toute pierre précieuse était ton buisson...

Tu es un Chérubin, oint, protégé; et je t'ai placé dans la montagne sacrée; comme un dieu tu étais, te déplaçant à l'intérieur des pierres enflammées.

Tout en prédisant à Ézéchiel que le souverain de Tyr subirait la mort "des non-circoncis" aux mains d'étrangers, même s'il leur criait : "Je suis une divinité", le Seigneur donna la raison de ce châtiment: après avoir été conduit à la demeure divine où il lui fut donné accès à toute sagesse et richesse, le roi "devint hautain", abusa de sa sagesse et souilla les temples.

Parce que ton coeur est hautain, disant : « Je suis un dieu; dans la demeure de la divinité je me suis assis, au milieu des eaux »; Alors que tu es homme et non un dieu, tu as prétendu ton cœur égal à celui d'un dieu.

Les textes sumériens nous parlent aussi de plusieurs hommes qui eurent le privilège de monter aux cieux. L'un était Adapa,’’ l'homme modèle’’ créé par Ea. Ea "lui avait donné la sagesse; la vie éternelle, il ne la lui avait pas accordée". Les années s'écoulant, Ea décida de modifier la fin mortelle d'Adapa en lui fournissant un shem avec lequel il devait atteindre la divine demeure d'Anou pour goûter au Pain de Vie et à l'Eau de la Vie, lorsqu’Adapa arriva à la demeure céleste d'Anou, Anou exigea de savoir qui avait fourni un shem à Adapa afin de lui permettre d'atteindre le lieu divin.

On trouve quelques indices importants à la fois dans les récits de la Bible et dans les contes mésopotamiens consacrés aux rares ascensions de mortels jusqu'à la demeure des dieux. Adapa, comme le roi de Tyr, était fait d'un "moule" parfait. Chacun d'eux devait trouver un shem — "pierre enflammée" — et s'en servir afin d'atteindre "l'Éden" céleste. Certains étaient montés puis revenus sur Terre; d'autres, tels que le héros mésopotamien du déluge, y restèrent afin de jouir de la compagnie des dieux. C'est avec le désir de trouver le "Noé" mésopotamien et de lui soutirer le secret de l'arbre de vie que Gilgamesh, le Sumérien, se mit en route.

La recherche futile par l'homme mortel de l'arbre de vie fait le sujet d'un des plus longs et plus impressionnants textes épiques légués à la culture humaine par la civilisation sumérienne. Intitulé par les érudits modernes "l'épopée de Gilgamesh", ce conte émouvant parle du souverain d'Ourouk né d'un père mortel et d'une mère divine. En conséquence, Gilgamesh était considéré comme "deux tiers dieu et un tiers humain", situation qui l'incita à tenter d'éviter la mort, le destin propre des mortels.

La tradition l'informait qu'un de ses aïeux, Outnapishtim — le héros du déluge —, avait échappé à la mort, car, avec sa femme, il avait été conduit à la demeure des Cieux. Gilgamesh décida de se rendre là et d'obtenir de son ancêtre la vie éternelle.

Ce qui l'incita à y aller fut ce qu'il prit pour une invitation d'Anou. Les vers qui suivent semblent être la description de la retombée sur Terre d'une fusée après son lancement. Gilgamesh en témoigne ainsi à sa mère, la déesse NIN.SOUN :

Ma mère, Pendant la nuit, je me sentis plein de joie et je marchais parmi mes nobles. Les étoiles s'assemblèrent dans les Cieux. L'ouvrage d'Anou tomba vers moi. Je cherchais à le soulever; il était trop lourd. Je cherchais à le déplacer; je ne pus le déplacer ! Les gens d'Ourouk se rassemblent autour, Pendant que les nobles embrassaient ses jambes. Tandis que j'y posais mon front, ils me soutinrent Je l'ai soulevé. Je te l'ai apporté.

L'interprétation de cet incident par la mère de Gilgamesh est un texte très mutilé, qui manque donc de clarté. Mais, de toute évidence, Gilgamesh avait été suffisamment encouragé par la vue de cet objet en chute — "l'ouvrage d'Anou" — pour s'embarquer dans son aventure. Dans l'introduction de cette épopée, le narrateur appelait Gilgamesh "celui qui est sage, qui a tout vécu" :

Il a vu des choses secrètes, ce qui est caché à l'homme il le connaît; Il apporta même des nouvelles d'un temps avant le déluge.

Il entreprit aussi un voyage lointain, fastidieux et rempli de vicissitudes; Il en revint, et fit graver sa dure entreprise sur un pilier de pierre.

Le "voyage lointain" que Gilgamesh entreprit était, bien sûr, son voyage à la demeure des dieux; il avait pour compagnon son camarade Enkidou. Leur but était la Terre de Tilmoun, car, là, Gilgamesh pouvait ériger son shem. Comme on peut s'y attendre, les traductions courantes se servent du mot "nom" lorsque le mot mou ou shoumou akkadien apparaissent dans les textes; cependant nous utiliserons shem afin que soit rendue la véritable signification du terme — "un véhicule destiné aux Cieux" :

Le souverain Gilgamesh fixa son attention sur la Terre de Tilmoun

Il dit à son compagnon Enkidou :

« Enkidou... J'entrerais dans le pays et j'y installerais mon shem. Dans les endroits où les shem furent élevés J'y érigerais mon shem. »

Incapables de le dissuader, les anciens d'Ourouk et les dieux que Gilgamesh avait consultés lui conseillèrent d'obtenir au préalable le consentement et l'assistance d'Outou/Shamash. "Si tu veux pénétrer cette Terre, préviens Outou", l'avertirent-ils. "Cette Terre, Outou en a la responsabilité." Ils insistèrent et réinsistèrent sur ce fait. Ainsi prévenu et consulté, pour obtenir sa permission, Gilgamesh implora Outou :

Laisse-moi entrer dans la Terre, Laisse-moi y installer mon shem Dans les lieux où les shem furent érigés, laisse-moi ériger mon shem... Amène-moi au lieu d'atterrissage de... Fais régner ta protection sur moi !

Une malencontreuse cassure de la tablette nous laisse sans connaissance de l'emplacement du "lieu d'atterrissage". Mais où qu'il fût, Gilgamesh et son compagnon parvinrent finalement à l'approcher. C'était une "zone interdite", protégée par des gardes terrifiants. Las et tombants de sommeil, les deux amis décidèrent de se reposer une nuit avant de continuer.

A peine endormis, quelque chose les secoua et les réveilla. « M'as-tu réveillé ? » demanda Gilgamesh à son camarade. « Suis-je éveillé ? » s'exclama-t-il, car il assistait à un spectacle incroyable, tellement impressionnant qu'il se demandait s'il rêvait. Il dit à Enkidou :

Dans mon rêve, mon ami, la terre haute se renversa. Elle me plaqua au sol, m'emprisonna les pieds... L'éblouissement était accablant ! Un homme apparut; Il était le plus beau de toute la terre. Sa grâce... Il me tira de la terre renversée, Il me donna de l'eau à boire; mon cœur se calma.

Qui était cet homme, "le plus beau de toute la terre", qui dégagea Gilgamesh de l'éboulement, lui donna de l'eau, "calma son cœur" ? Et quel était cet éblouissement impressionnant qui accompagna ce mystérieux éboulement ?

Incertain, préoccupé, Gilgamesh se rendormit — mais pas pour longtemps. Au milieu de la veille, son sommeil fut rompu. Il tressaillit, dit à son ami :

« Mon ami, m'as-tu appelé ? Pourquoi suis-je réveillé ? Ne m'as-tu pas touché ? Pourquoi suis-je alarmé ? Un dieu ne serait-il pas passé ? Pourquoi ma chair est-elle engourdie ? »

Ainsi mystérieusement réveillé à nouveau, Gilgamesh se demanda qui l'avait touché. Si ce n'était pas son camarade, était-ce un "dieu" qui était passé par là ? Une fois de plus, Gilgamesh s'assoupit, pour être réveillé une troisième fois. Il décrivit cet événement troublant à son ami.

La vision que j'ai eue fut extrêmement impressionnante ! Les Cieux hurlèrent, la Terre gronda; La clarté du jour se voilas, l'obscurité régna. L'éclair jaillit, une grande flamme s'éleva. Les nuages grossirent, il pleuvait la mort ! Puis la lueur disparut; le feu s'éteignit. Et tout ce qui retomba était devenu cendres.

Il suffit de très peu d'imagination pour voir dans ces quelques vers le récit, certes ancien, d'un témoin d'un lancement de fusée spatiale. En premier lieu, il y eut l'énorme bruit sourd des moteurs de la fusée lorsqu'ils s'allumèrent ("les cieux hur­laient"), accompagné d'un net tremblement du sol ("la terre gronda"). Des nuages de fumée et de poussière enveloppèrent la base de lancement ("la clarté du jour se voilas, l'obscurité régna"). Puis l'éclat des moteurs allumés perça à travers ("les éclairs jaillirent"); quand la fusée commença à s'élever dans les cieux, "une grande flamme s'éleva". Le nuage de poussière et de débris "grossit" dans toutes les directions; puis lorsqu'il commença à retomber, "il pleuvait la mort". Maintenant, la fusée était haute, s'acheminant vers les cieux ("la lueur disparut; le feu s'éteignit"). La fusée spatiale avait disparu; et les débris chutèrent, "tout ce qui retomba était devenu cendres".

Très impressionné par ce qu'il avait vu et cependant toujours aussi décidé à atteindre sa destination, une fois encore Gil­gamesh sollicita la protection et le soutien de Shamash. Venant à bout d'un "garde monstrueux", il arriva à la montagne de Mashou d'où l'on pouvait voir Shamash "s'élever jusqu'à la voûte des Cieux".

Il était à présent proche de son premier objectif — l'"endroit où sont érigés les shem". Mais l'entrée de ce site, apparemment taillé dans la montagne, était gardée par des sentinelles féroces :

Leur allure est redoutable, leur regard est mortel.La lumière vacillante de leur projecteur balaie les montagnes. Ils surveillent Shamash, Quand il s'élève et descend.

 

La scène d'un sceau montrant Gilgamesh (deuxième à gauche) et son compagnon Enkidou (à l'extrême-droite) pourrait représenter l'intervention d'un dieu avec un des gardes semblable à un robot qui pouvait balayer les lieux avec un projecteur et émettre des rayons mortels. La description fait penser au passage du livre de la Genèse où il est dit que Dieu plaça "l'épée tournoyante" à l'entrée du jardin d'Éden pour en interdire l'accès aux humains.

 Lorsque Gilgamesh annonça son origine en partie divine, puis le but de son voyage ("Je désire interroger Outnapishtim à propos de la vie et de la mort") qu'il avait entrepris avec l'accord de Outou/Shamash, les gardes le laissèrent passer.

Poursuivant son voyage "sur la route de Shamash", Gilgamesh fut surpris par une totale obscurité; "ne voyant rien ni devant, ni derrière", il se mit à hurler de peur. Ayant parcouru de nombreux beru (une unité de temps, de distance ou d'arc des cieux), il avançait toujours, noyé dans l'obscurité. Finalement, au bout de douze beru, la lumière revint".

Le texte, abîmé et effacé, fait arriver Gilgamesh dans un magnifique jardin où arbres et fruits étaient sculptés dans des pierres semi-précieuses. C'est là que résidait Outnapishtim. Son problème posé à son ancêtre lui valut une réponse décevante : l'homme, dit Outnapishtim, ne peut échapper à son destin de mortel. Néanmoins, il offrit à Gilgamesh un moyen de différer l'heure de sa mort en lui révélant l'emplacement de la plante de la jeunesse — "l'homme rajeunit en pleine vieillesse", s'appelait-elle. Triomphant, Gilgamesh cueillit la plante. Mais le destin voulut qu'il la perdît sottement sur le chemin du retour, et il regagna Ourouk bredouille.

Mis à part les qualités littéraires et philosophiques de l'épopée, l'histoire de Gilgamesh nous intéresse au premier chef par ses caractéristiques "aérospatiales". Le shem dont avait besoin Gilgamesh pour atteindre la demeure des dieux était sans nul doute une fusée spatiale, l'une de celles dont il avait vu le lancement alors qu'il s'approchait du "lieu d'atterrissage". Les fusées se trouvaient, semble-t-il, à l'intérieur d'une montagne, et le lieu était une zone interdite bien gardée.

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Jusqu'à présent, nous ne possédons aucune représentation picturale de ce que vit Gilgamesh. Mais un dessin trouvé dans la tombe du gouverneur égyptien d'un pays lointain montre une tête de fusée sur le sol d'un endroit où poussent des palmiers dattiers. Le corps de la fusée est manifestement conservé sous terre, dans un silo artificiel, fait de segments tubulaires et décoré de peaux de léopard.

D'une manière très proche de celle des dessinateurs modernes, les artistes anciens représentèrent une coupe trans­versale de la partie souterraine du silo. Nous voyons que la fusée comprenait un certain nombre de compartiments. La section inférieure montre deux hommes entourés de tubes courbes. On trouve au-dessus d'eux trois cadrans circulaires. En comparant la taille de la tête de la fusée — le ben-ben — à celle des deux hommes à l'intérieur et des hommes au-dessus du sol, il est évident que la tête de la fusée — équivalent au mou sumérien — "la chambre céleste", pouvait facilement recevoir un ou deux opérateurs ou passagers.

 La Terre vers laquelle Gilgamesh dirigea ses pas se nommait TIL.MOUN. Ce nom signifiait littéralement "Terre des missiles". C'est là où se dressaient les shems, là où s'exerçait l'autorité de Outou/Shamash, là où l'on pouvait voir ce dieu "s'élever vers la voûte des cieux".

Et, quoique le Soleil fût le pendant céleste de ce membre du panthéon des douze, son nom, pensons-nous, ne signifiait pas "Soleil", mais était une épithète décrivant ses fonctions et ses responsabilités. Son nom sumérien Outou signifiait "celui qui entre brillamment". Son dérivé akkadien — Shem-Esh — était plus significatif. Esh veut dire "feu" et nous connaissons maintenant le sens original de shem.

Outou/Shamash était "celui des fusées de feu". Nous suggérons qu'il était le commandant de la base spatiale des dieux.

Le rôle de commandant de Outou/Shamash quant à ce qui relevait des voyages vers la demeure céleste des dieux, et les fonctions exercées par ses subalternes dans ce même domaine, nous ont été données avec de plus amples détails par un autre récit sumérien du voyage d'un mortel vers les cieux.

Nous apprenons, dans les listes des rois sumériens, que le treizième souverain de Kish était Étana, "celui qui monta au Ciel". Cette brève déclaration ne nécessitait pas de plus amples précisions car, alors, au Moyen-Orient, on connaissait bien l'histoire de ce roi mortel monté jusqu'au plus haut des cieux, un thème qui fit l'objet de nombreuses représentations sur sceaux.

Il est dit qu'Étana fut désigné par les dieux pour apporter à l'humanité la sécurité et la prospérité que la royauté devait, dans une civilisation avancée, assurer. Mais, pour perpétuer la dynastie, Étana ne réussissait pas à avoir un fils. Le seul remède connu était une plante de naissance, qu'Étana ne pouvait se procurer qu'en allant la chercher aux cieux.

Comme, plus tard, Gilgamesh, Étana sollicita la permission et l'assistance de Shamash. Au fur et à mesure de l'épopée, il se confirme que ce qu'Étana demandait à Shamash était un shem !

Ô Seigneur, que cela vienne de ta bouche même ! Accorde-moi la Plante de la Naissance ! Montre-moi la Plante de la Naissance ! Ôte mon handicap ! Donne-moi un shem !

Flatté par les prières et régalé de mouton sacrificiel, Shamash consentit à accéder à la demande d'Étana et de lui fournir un shem. Mais Shamash ne parla pas de shem et, à la place, il mentionna qu'un "aigle" l'emmènerait au lieu céleste désiré.

Dirigeant Étana vers la fosse où se trouvait l'aigle, Shamash instruisit à l'avance l'aigle de sa mission. Échangeant avec l'aigle des messages énigmatiques, "Shamash, son Seigneur" lui dit : « Je t'enverrai un homme; il te prendra la main..., conduis-le ici... fais tout ce qu'il te dit... fais comme je te le dis. »

En arrivant à la montagne que lui avait indiquée Shamash, "Étana vit la fosse" et, à l'intérieur, "était l'aigle". "A la demande du vaillant Étana", l'aigle entra en communication avec lui. Étana expliqua derechef son but et sa destination. Sur ce, l'aigle commença à expliquer à Étana comment "faire s'élever l'aigle de la fosse". Les deux premières tentatives échouèrent, mais, à la troisième, l'aigle s'éleva. A l'aube, l'aigle annonça à Étana : « Mon ami... je te porterai jusqu'au ciel d'Anou ! » Lui indiquant comment bien s'installer, l'aigle prit son vol et, bientôt, ils furent en plein ciel, prenant rapidement de l'altitude.

Comme le décrivent les astronautes modernes qui regardent la Terre diminuer en s'éloignant, l'ancien conteur précise comment la Terre sembla de plus en plus petite à Étana :

Quand il lui eut fait parcourir un beru, l'aigle dit à Étana :

« Vois, mon ami, comment la Terre paraît ! Regarde la mer sur les côtés de la Maison de la Montagne;

La Terre n'est plus qu'une simple colline, La mer immense comme un bassin. »

L'aigle s'éleva de plus en plus haut. La Terre rapetissait de plus en plus. Au bout d'un deuxième beru, l'aigle dit :

« Mon ami, Regarde comment la Terre paraît ! Elle est devenue un sillon... La mer immense n'est qu'un panier à pain... »

Quand il lui eut fait parcourir un troizième beru, L'aigle dit à Étana :

« Vois, mon ami, comment est la Terre ! La Terre est devenue un fossé de jardinier ! »

Puis, alors qu'ils continuaient leur ascension, la Terre disparut.

Je regardais autour de moi, la terre avait disparu, et mes yeux ne pouvaient plus admirer l'immensité de la mer.

Selon une version de cette histoire, l'aigle et Étana atteignirent le Ciel d'Anou. Mais, dans une autre, il est dit qu'Étana prit peur en ne voyant plus la Terre et ordonna à l'aigle de changer de cap et de "piquer" sur la Terre.

Une fois de plus, on trouve dans la Bible un récit décrivant de la même façon la Terre vue d'une grande distance. Exaltant le Seigneur Yahvé, le prophète Isaïe dit : « C'est lui qui est assis sur le cercle de la Terre, et, de là, les habitants sont comme des insectes. »

Le récit d'Étana nous apprend que, à la recherche d'un shem, Étana dut communiquer avec un aigle placé à l'intérieur d'une fosse. Sur un sceau se trouve gravée une haute structure ailée (une tour de lancement ?) au-dessus de laquelle s'envole un aigle.

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Quel ou qui fut l'aigle qui emmena Étana vers les cieux lointains ?

On ne peut pas s'empêcher d'associer l'ancien texte au message qu'en juillet 1969, Neil Armstrong, commandant du vaisseau spatial Apollo 11, envoya à la Terre : « Houston ! Ici, base de Tranquillité. L'Aigle s'est posé ! »

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Il rendait compte du premier alunissage de l'homme. La "base de Tranquillité" était le lieu de contact choisi; Aigle, le nom du module lunaire qui se détacha du vaisseau spatial et emmena les deux astronautes sur la Lune (puis les ramena au vaisseau mère). Quand le vaisseau se sépara pour la première fois pour entreprendre son propre vol sur l'orbite de la Lune, les astronautes annoncèrent à la mission de contrôle à Houston : « L'Aigle a des ailes ».Mais "Aigle" pouvait aussi signifier les astronautes qui consti­tuaient l'équipage du vaisseau, car, pendant la mission Apollo 11, l'"aigle" fut le symbole des astronautes eux-mêmes, et ils le portaient comme emblème sur leurs combinaisons. Tout comme dans le conte d'Étana, eux aussi étaient des "aigles" qui pouvaient voler, parler et communiquer.

 

Comment un artiste de cette époque eût-il pu peindre les pilotes des vaisseaux célestes des dieux ? Est-il possible qu'il les ait, par hasard, dessinés tels des aigles ?

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C'est précisément ce que nous avons trouvé : l'empreinte d'un sceau assyrien datant d'environ 100 ans av. J.-C. représente deux hommes-aigles saluant un shem !

 

 On a découvert de nombreuses représentations de tels "aigles" que les savants nomment "hommes-oiseaux". La plupart des documents les montrent de chaque côté de l'arbre de vie, comme pour bien signifier que, dans leurs shems, ils créaient le lien avec la demeure céleste où se trouvaient le pain de vie et l'eau de vie. En effet, les aigles étaient le plus souvent représentés tenant dans une main le fruit de la vie et, dans l'autre, l'eau de la vie, cela en totale conformité avec les récits d'Adapa, d'Étana et de Gilgamesh.

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Les nombreuses représentations d'aigles montrent clairement qu'ils n'étaient pas de monstrueux "hommes-oiseaux", mais des êtres anthropomorphiques portant des costumes ou uniformes qui leur donnaient l'apparence d'aigles.

Un récit hittite concernant le roi Télépinou qui avait disparu, raconte que "les grands dieux et les dieux inférieurs s'engagèrent à la recherche de Télépinou" et que "shamash envoya un aigle rapide" pour le retrouver.

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Dans le livre de l'Exode, il est écrit que Dieu rappela aux enfants d'Israël : "Je vous ai portés sur les ailes d'aigles, et vous ai amenés à moi", confirmant semble-t-il, qu'on accédait à la demeure céleste grâce aux ailes des aigles — tel que le raconte le récit d'Étana. En fait, de nombreux vers bibliques décrivent la divinité comme un être ailé. Boaz accueillit Ruth dans la communauté judéenne comme "venue sous les ailes" du Dieu Yahvé. Le psalmiste cherchait la sécurité "à l'ombre de tes ailes" et décrivit la descente du Seigneur des cieux. "Il enfourcha un chérubin et s'envola. Il s'éleva sur les ailes du vent." En analysant les similitudes entre le El biblique (employé comme titre ou terme générique pour le dieu) et le El cananéen, S. Langdon ("Semitic Mythology") démontra que tous deux étaient représentés dans les textes et sur les pièces de monnaie comme des dieux ailés.

Invariablement, les textes mésopotamiens présentent Outou/Shamash comme dieu responsable du lieu d'atterrissage des shems et des aigles. Parfois, il était dépeint, comme ses subordonnés, dans l'attirail complet du costume de l'aigle.

 De par une telle fonction, il pouvait accorder aux rois le privilège "de voler sur les ailes des oiseaux" et de "s'élever des cieux inférieurs aux cieux d'en haut". Et, à bord d'une fusée ardente qui était lancée, c'était lui "qui parcourait des distances inconnues pendant d'interminables heures". Il était dit, bien justement, que son "filet était la Terre et les Cieux lointains son piège".

La terminologie sumérienne pour les objets se rapportant aux voyages célestes n'était pas limité aux mes que les dieux revêtaient ni aux mous qui étaient leurs "chariots" en forme de cônes.

Les textes sumériens décrivant Sippar précisent qu'il y avait une partie centrale, cachée et protégée par de puissants murs. Le temple d'Outou se trouvait à l'intérieur de ces murs, "une maison qui est comme une maison des Cieux". Dans une cour à l'intérieur du temple, également protégée par de hauts murs, se trouvait "érigée vers le haut, le puissant APIN" ("un objet qui sillonne", selon les traducteurs).

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Un dessin trouvé au monticule du temple d'Anou à Ourouk décrit un tel objet. Dire ce dont il s'agissait constituait, il y a quelques décades, une impossible devinette; mais, maintenant, nous reconnaissons facilement une fusée à plusieurs étages, en haut de laquelle se trouve le mou conique, la cabine de commande.

La preuve que les dieux de Sumer possédaient non seulement des "chambres volantes" pour parcourir les Cieux de la Terre, mais aussi des fusées à étages pour aller dans l'espace, ressort de l'examen des textes décrivant les objets sacrés du temple d'Outou à Sippar. Il nous est dit que les témoins de la Cour suprême de Sumer devaient prêter serment dans une cour intérieure, debout près d'une entrée d'où ils pouvaient voir et faire face à trois "objets divins". Ceux-ci avaient pour noms : "la sphère dorée" (la cabine de l'équipage ?), le GIR, et le alik­mahrati — un terme qui signifiait, littéralement, "l'avanceur qui fait marcher les vaisseaux", ou ce que nous appellerions un moteur.

Nous avons ici une référence à une fusée à trois étages avec la cabine, ou module de commande, à l'extrémité supérieure, les moteurs en bas, et le gir au milieu. Ce dernier est un terme dont l'usage est fréquent lorsqu'il est fait mention de vols spéciaux. Les gardes que Gilgamesh rencontra à l'entrée du terrain d'atterrissage de Shamash étaient appelés des hommes-gir. L'endroit le plus sacré et le plus gardé du temple de Ninourta était appelé le GIR.SOU ("d'où l'on fait jaillir le gir").

Il est généralement admis que le gir était un terme dont on se servait pour décrire un objet aux arêtes tranchantes. L'observation attentive de la représentation du pictographe gir permet une meilleure compréhension de la nature "divine" de ce terme, car ce que nous voyons est un long objet en forme de flèche, divisé en différents compartiments ou parties :

Le fait que le mou puisse s'élever seul dans les Cieux de la Terre, ou survoler les continents de la Terre lorsqu'il était attaché à un gir, ou bien devenir un module de commande en haut d'un apin multi-étage, témoigne du génie technologique des dieux des Cieux et de la Terre.

Un examen des pictographes et des idéogrammes sumériens certifie que ceux qui dessinèrent ces signes connaissaient bien les formes et savaient à quel usage étaient destinées les fusées aux queues ondoyantes de flammes, les véhicules ressemblant à des missiles, et les "cabines célestes".

KA.GIR ("bouche de la fusée") nous montre un gir équipé d'ailerons, ou une fusée, à l'intérieur d'un silo souterrain en forme de puits.

 

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ESH ("demeure divine"), la chambre ou le module de commande d'un véhicule spatial.

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ZIK ("s'élever") un module de commande qui décolle ?

 Regardons enfin, en sumérien, le signe pictographique pour "dieux". Ce terme était un mot de deux syllabes : DIN.GIR. Nous avons déjà vu ce qu'était ce symbole pour GIR : une fusée à deux étages avec des ailerons. DIN, la première syllabe, signifie le "vertueux", "pur", "brillant". En les associant, DIN.GIR signifiant "dieux" ou "êtres divins" porte alors le sens de "les justes des objets pointus et brillants" ou plus explicitement "les purs des fusées embrasées".

Le signe pictographique pour din est :

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Il nous fait facilement penser à un puissant moteur à réaction crachant des flammes à l'arrière avec une partie mystérieusement ouverte en avant. Mais le mystère tourne à l'étonnement lorsque nous épelons dingir en associant les deux pictographes. La queue du gir aux ailerons rentre parfaitement dans l'ouverture de la pointe du din !

 din-gir.gif L'incroyable résultat est une représentation d'un vaisseau spatial propulsé par une fusée avec un module de débarque­ment parfaitement arrimé dessus — tel le module lunaire arrimé sur le navire spatial d'Apollo 11 ! C'est, en effet, un véhicule à trois étages, dont chaque partie s'encastre adroite­ment dans l'autre: l'étage de poussée contient les moteurs, l'étage médian transporte les approvisionnements et l'équipe­ment, et la "chambre céleste" cylindrique héberge les personnes nommées dingir — les dieux de l'Antiquité, les astronautes des millénaires passés.

Peut-il y avoir encore un doute ? Lorsque ces peuples anciens appelaient leurs divinités "dieux des Cieux et de la Terre", ils voulaient littéralement dire qu'ils étaient des êtres venus des cieux sur Terre.

L'évidence présentée jusqu'ici concernant ces anciens dieux et leurs véhicules ne devrait laisser aucun doute quant à l'existence, dans le passé, d'êtres vivants, de chair et de sang, des êtres qui, littéralement, étaient venus des Cieux sur Terre.

De même, les compilateurs de l'Ancien Testament — qui dédièrent la Bible à un seul dieu — trouvèrent indispensable de reconnaître dans les temps anciens la présence sur Terre de tels êtres divins.

La partie énigmatique — qui fait dresser d'horreur les cheveux des traducteurs et des théologiens — est le début du chapitre 6 de la Genèse. Il est introduit entre la description du développement de l'humanité à travers les générations succédant à Adam et le récit du divin dépit causé par l'humanité juste avant le déluge. Il dit — sans équivoque — qu'à cette époque, les fils des dieux virent que les filles de l'homme étaient bonnes; et ils les prirent pour épouses, parmi toutes ils choisirent.

Les implications du contenu de ces versets, et les parallèles des récits sumériens des dieux, de leurs fils et petits-fils, et de la descendance à moitié divine résultant de la vie commune des dieux et des mortels, s'accentue au fur et à mesure de la lecture de la Bible :

Les Néfilim étaient sur Terre, en ces temps et par la suite aussi, lorsque les fils des dieux vivaient avec les filles d'Adam, et elles portèrent leurs enfants.

Ils étaient les puissants de l'éternité - Le Peuple des shem.

Cela n'est pas une traduction traditionnelle. Pendant longtemps, l'expression "les Néfilim étaient sur Terre" fut traduite par : "Il y avait des géants sur Terre"; mais les traducteurs actuels, reconnaissant l'erreur, ont simplement laissé le terme hébreu Néfilim dans la traduction. Comme on peut s'y attendre, on a interprété le vers "le peuple des shem" comme "le peuple qui a un nom" donc "le peuple renommé". Mais, comme nous avons déjà établi, le terme de shem doit être pris dans son sens original : une fusée, une fusée spatiale.

Que veut donc dire le terme de Néfilim ? Issu de la racine sémitique NFL ("jeté en bas"), il signifie exactement ce qu'il dit, c'est à dire : ceux qui furent jetés ici-bas, sur Terre !

Les théologiens contemporains et les savants de la Bible ont eu tendance à éviter les versets problématiques, soit en les expliquant allégoriquement, soit simplement en les ignorant. Mais les écrits juifs de l'époque du second temple voyaient dans ces vers les traces des anciennes traditions des "anges déchus". Certaines, parmi les premières de ces œuvres scolastiques, mentionnent le nom de ces êtres divins "qui tombèrent des cieux et étaient sur Terre en ces temps" : Sham-Hazzai ("vigie du shem"), Uzza ("puissant"), et Uzi-El ("puissance de Dieu").

Malbim, un commentateur de la Bible, juif très apprécié, au XIXe siècle, reconnut ces anciennes racines et expliqua que "dans les temps anciens, les souverains des pays étaient les fils des divinités qui arrivèrent des Cieux sur Terre, y régnèrent, épousèrent des femmes parmi les filles des hommes; et leur descendance comprenait des héros, des êtres puissants, des princes et des souverains". Ces histoires, dit Malbim, étaient celles des dieux païens "fils des divinités, qui, aux temps les plus anciens, tombèrent des Cieux sur Terre ... c'est pour cela qu'ils s'appelèrent 'Néfilim' c'est-à-dire Ceux-qui-Tombèrent".

Sans tenir compte des implications théologiques, on ne peut échapper au sens littéral et original de ces vers : les fils des dieux qui vinrent des Cieux sur Terre étaient les Néfilim.

Et les Néfilim étaient le peuple des Shem — le peuple des fusées. Désormais, nous les désignerons donc par leur nom biblique.

A SUIVRE: La douzième planète


Date de dernière mise à jour : 21/07/2012