La Réincarnation

 La Réincarnation est le moyen le plus efficace du Karma, celui qui assure aux âmes les améliorations les plus rapides et les plus complètes. Elle donne aux âmes humaines, avec la possibilité de leur Evolution propre, celle d’agir sur la matière de leurs différents corps, afin de l’évoluer.

Pendant la première période de la vie humaine sur la terre, l’âme était réservée à des incarnations très rapprochées, car la force nécessaire pour demeurer dans l’invisible était très réduite. En effet, l’âme, étroitement unie à la matière terrestre, ne s’exerçait que peu à se séparer de cette matière pour vivre d’une vie indépendante et, les véhicules n’ayant pas été préparés sur la terre, elle ne disposait que de peu de forces pour sa vie de l’au-delà et devait se replonger rapidement dans la vie matérielle. Les occasions, du reste, en étaient fréquentes, car la vie humaine, soumise à des conditions très précaires, était très courte et les naissances se succédaient très rapidement.

Puis l’âme a réussi peu à peu à dominer une part des forces matérielles, évoluant assez pour se préparer une sorte de corps plus subtil, s’accordant avec les plans les plus bas du monde invisible. A ce moment, la vie dans l’au-delà sera plus longue, et la puissance de l’âme se développera.

Nous allons essayer de comprendre pourquoi et comment l’âme à besoin de se réincarner.

Si nous considérons un être humain dans sa vie incarnée, nous constatons qu’il apporte avec lui un potentiel de forces, et que, ce potentiel épuisé, il meurt.

Nous constaterons aussi qu’il a, pendant sa vie, deux formes d’activité:

-          l’une entièrement physique et matérielle qui consiste à se nourrir, à se reproduire et à agir sur ce plan en tout ce qui le concerne.

-          L’autre, qui n’a rien à voir avec la matière, satisfait une autre face de l’être: c’est l’activité intellectuelle, et surtout altruiste.

La force créée par ces dernières ne se manifeste que peu sur la terre et c’est précisément elle qui permettra à l’âme de vivre plus ou moins longtemps dans le monde invisible. En conséquence, nous pouvons dire que l’homme apporte de l’invisible un potentiel déterminé de forces qui conditionnent sa vie incarnée — et que, de cette vie il emporte une autre force dont dépend son séjour dans l’au-delà. Comme le dynamisme physique s’épuise pendant la vie terrestre, un moment vient où les forces spirituelles emportées de la terre ont aussi leur fin et le problème se pose de savoir comment l’âme va pouvoir se recharger de forces pour exister et durer. En général, une sorte de chute vibratoire la fait repasser par tous les états qu’elle a connus après la mort et elle s’entoure à nouveau de matière de plus en plus lourde jusqu’au moment où elle peut retrouver, par l’intermédiaire des parents la matière dernière qui lui permettra de recommencer le cycle de ses vies et d’acquérir à nouveau des forces suffisantes afin de se libérer pour un temps des nécessités du corps.

Nous voyons ainsi clairement comment les âmes vont et viennent du visible à l’invisible, changeant non de vie ni de nature, mais d’état, et travaillant ainsi à se pourvoir de matière de plus en plus subtile permettant des séjours de plus en plus prolongés dans l’au-delà.

La relation avec nos vies passées.

Si, dans notre réincarnation passée, nous avons fait beaucoup de mal à notre prochain, alors il nous échoit d'en souffrir à présent les conséquences et nous naissons avec une très mauvaise destinée ; nous échouons dans nos négoces, la misère nous poursuit et nous souffrons immensément. Si avant nous avons enlevé la femme d'un autre, alors, maintenant, on nous l'enlève; si nous avons été de mauvais parents, si nous n'avons pas su être bons envers nos enfants, alors il nous revient de naître dans un lieu plus amer que le fiel. Nos parents nous feront souffrir de la même manière que nous avons fait souffrir nos enfants lors de notre réincarnation passée. Celui qui sème la foudre n'a d'autre recours que de récolter des tempêtes. Celui qui sème du maïs, qu'il mange du maïs ! Chacun récolte ce qu'il sème. Si Dieu envoyait une âme naître dans l'aisance sans qu'elle ait fait aucun bien, et s'il en faisait naître d'autres dans la misère sans qu'elles aient fait le moindre mal, où serait la justice de Dieu ?

Un génie est arrivé à être un génie parce que pendant des millions de vies, il est revenu lutter pour se perfectionner. Nous sommes la résultante de nos réincarnations passées. « De la mesure dont vous mesurez, on usera pour vous mesurer ». Il existe quarante-deux Maîtres du Karma. Le Karma, c'est la loi de la Compensation.

A chaque réincarnation, nous sommes de plus en plus parfaits. Nous sommes venus des millions de fois en ce monde, et il nous faut continuer à y vivre jusqu'à ce que nous devenions parfaits.

Les lois de l’évolution spirituelle.

La loi d’Evolution régit le Cosmos tout entier, et on ne peut suivre le chemin de l’âme dans son travail sur la terre sans en être persuadé. Le travail de l’âme humaine, s’il représente un effort long et pénible, se résume pourtant en peu de mots : se dégager des forces matérielles pour accéder à un mode de vie spirituelle, puis retourner vers la source dont émane l’âme. Ce retour s’accomplit au moment où, ayant parcouru toutes les étapes de l’évolution, elle se retrouve libre, mais ayant conservé le produit de ses expériences, les acquisitions de son travail, et les liens de l’âme qu’un sort commun, des vies nombreuses sur la terre lui ont créé avec d’autres âmes qui forment alors avec elle une sorte de famille spirituelle.

Ce que sera à ce moment la vie de cette âme dégagée, il est superflu de l’envisager. En effet, ce que nous appelons la libération n’est, en général, que la délivrance des nécessités du retour sur la terre et non la réintégration absolue et définitive à la force suprême. C’est pourquoi nous nous contenterons d’un but plus modeste, celui de suivre une âme dans sa vie invisible et de connaître les lois qui régissent cette vie continue qui est la sienne. Il est certain que la loi évolutive a été incluse dans le processus de la Création et qu’elle s’applique désormais sans intervention d’aucune sorte, mécaniquement, pour ainsi dire. Elle a pour moyens des forces de plusieurs sortes dont une les renferme toutes : c’est la loi du Karma.

Quelle est sa nature et quel est son but ?

La terre peut continuer son existence dans l’Univers à cause d’une loi d’équilibre qui la régit.

Cet équilibre suppose que les forces spirituelles et matérielles continuent d’obéir strictement à l’impulsion première qui leur a été donnée, et que, délibérément, elles ne faussent pas les conditions préétablies par le Créateur. Dans la réalité, il n’en est pas ainsi. L’être humain est composé, et c’est son drame, de forces qui, pour être de même origine, suivent des voies différentes et tendent à réaliser chacune leurs propres fins en soumettant l’autre.

La loi d’Evolution a soumis les forces matérielles aux forces spirituelles et, tant qu’il en est ainsi, l’équilibre reste entier. Mais, dès que les facteurs sont inversés, l’équilibre est rompu et les conséquences pourraient être graves si une loi n’intervenait pas pour le rétablir. Le Karma a donc pour but de maintenir la terre dans la voie qui lui a été fixée et il s’exerce sur toutes choses.

Les lois de la réincarnation

Le noyau spirituel de l’âme est entouré d’un certain nombre de champs magnétiques concentriques dont les vibrations sont d’autant plus rapides qu’ils sont plus proches du centre et d’autant plus nombreux que l’âme est plus évoluée. Après son départ de la terre l’âme va passer par différents états qui correspondent à ces différents champs magnétiques. Elle va les épuiser successivement, séjournant, pour respecter la terminologie habituelle, dans « les différents plans ou Ethers» qui constituent le monde invisible. Après un séjour dans chacun de ces plans, allégée, purifiée, elle pourra accéder à un état de conscience plus subtil jusqu’au moment où elle aura atteint une limite que son Evolution ne lui permet pas de dépasser. A ce moment deux alternatives paraissent possibles :

-        ou bien rester dans l’invisible et y accomplir son Evolution,

-        ou bien revenir sur la terre pour reconstituer par le travail terrestre les différents véhicules qui permettent le séjour dans l’au-delà.

La Réincarnation est entièrement conditionnée par les liens que l’homme s’est tissé sur la terre, et les occasions sont multiples de le faire. Le souvenir de ses parents, de ses amis demeurés incarnés, et dont il n’a pas appris à connaître l’âme et à rester ainsi unis à eux ; l’attrait pour la beauté demeuré trop sensuel, et qui s’adresse à la forme plutôt qu’à l’essence; l’Altruisme même, s’il n’est pas libéré d’une forme de sensibilité toute terrestre et s’il ne s’adresse pas aux âmes par-delà les corps, tout cela contribue à ramener l’homme sur la terre. Par ailleurs, il a perdu le souvenir des conditions de la vie terrestre, presque aussi complètement que nous perdons ici celui de la vie invisible. Les souffrances ne lui apparaissent plus que comme un moyen de progression, et les astreintes du corps comme l’occasion d’une victoire.

Et, par ailleurs, il prend conscience que sa part d’au-delà est construite par lui et que, grâce à un nouveau séjour terrestre, il pourra conquérir d’autres plans et un épanouissement plus intense de l’âme. Tout cela le ramène vers la terre et le conduit vers la Réincarnation. C’est une pente que l’âme suit: la plus facile, la plus courante. Pour comprendre comment s’enchaînent l’une à l’autre les vies terrestres d’une même âme et comment peut agir le Karma, il faut répéter que les pensées et les actes des hommes sur la terre ont deux effets différents : l’un qui est lié au corps astral et qui crée des formes dont le passage dans les différents plans permettra la destruction, l’autre qui se manifeste par des modifications du champ vibratoire de l’âme et qui ne se transforme pas au cours de la vie invisible, — sauf dans quelques cas particuliers et assez rares.

Le problème de la Réincarnation cesse de paraître insoluble si on ne s’attache pas aux actes accomplis, aux pensées émises, mais plutôt à l’état même de l’âme, conséquence de ses actes et de ses pensées. C’est de cet état que prendront conscience les forces chargées de la diriger vers une nouvelle Incarnation.

Les défauts, les passions, les instincts non maîtrisés laissent dans l’âme une zone d’ombre qui va conditionner la vie sur la terre. L’âme sera dirigée vers la Race, le Milieu, la Famille qui lui permettront de développer les germes de forces spirituelles qui sont en elle et de se transformer par la souffrance et les efforts. Ainsi, de vies en vies, d’épreuves en épreuves, l’âme s’éclairera, se dépouillera, jusqu’au jour où elle prendra conscience de l’inutilité de ses retours sur la terre, où ses séjours dans l’Invisible, fruits de ses efforts terrestres, se feront de plus en plus longs, jusqu’au jour où, enfin libérée de ses liens, elle s’établira dans la lumière et dans la Paix.

Quand l’âme a épuisé la force qui lui permet son existence dans l’Invisible, quand elle se sent attirée vers la terre, elle quitte le Plan où elle a passé son Au-delà. Déjà lourde et gonflée des désirs emportés de la terre au moment de la mort, elle se prépare à la Réincarnation. Pendant sa vie invisible, elle s’est trouvée en contact avec des Maîtres. Elle les a enviés pour leur force et leur maîtrise, pour la possibilité d’atteindre des Plans où elle voudrait accéder. C’est en partie cette ambition spirituelle qui conditionnera la vie nouvelle. Pour conquérir ces Plans, pour acquérir ces forces, l’âme va accepter travaux et épreuves, comme sur la terre s’achètent, par l’effort, la richesse, la puissance et même le bonheur.

Dès que l’âme a choisi son chemin, elle va se diriger vers le pays et la famille en rapport avec son développement et susceptibles de lui créer les conditions de son travail. L’âme sait comment elle devra agir et comment elle se servira de son corps pour le faire. Toutefois elle ne peut, entièrement par elle-même, créer le climat propice à son développement et une aide lui est apportée par la vibration des Astres. Son guide choisit l’heure de la naissance afin que l’âme, marquée par son ambiance, soit sensible aux radiations de certaines planètes, de certaines étoiles et aux combinaisons multiples de ces radiations. Elles agiront sur le corps, le prédisposant aux maladies purificatrices, et sur l’âme, lui traçant la route de son avancement. Ces forces agissent extérieurement à elle. Elles sont mécaniques, donc inéluctables. C’est seulement la façon d’y réagir qui modifie le destin en bien ou en mal. Toutefois elles n’excluent pas le libre arbitre, car il est enfantin de le limiter aux corps et, partant, à la vie matérielle.

C’est l’âme qui dirige, choisit, accepte, repousse, et c’est elle qui a déterminé le destin de la vie présente. Ainsi, il est faux de placer le déterminisme hors de l’Etre. L’Etre est libre. Il connaît le but, désire l’atteindre et choisit lui-même la route. Celle-ci choisie, il ne peut que la suivre, car ce n’est pas le destin du corps qui se joue. Celui-là est déterminé. Il va incontestablement à la mort et à la destruction.

Mais l’âme !...

C’est elle qui est éternelle. C’est elle qui, en pleine connaissance du but, a choisi la route.

La Réincarnation devient nécessaire dès que l’âme a épuisé la force spirituelle acquise sur la terre et qu’elle ne peut trouver ces forces dans l’Au-delà. Les vibrations qui ont marqué l’âme pendant la vie terrestre ont deux effets :

-        L’un est créateur de formes astrales qui s’épuisent au cours de la vie invisible,

-        l’autre a pour effet de modifier ce champ magnétique qu’est l’âme humaine et cet état demeure, en général, le même tout au long de la vie de l’Au-delà.

C’est pour cela que la Réincarnation est la plupart du temps indispensable. A ce moment, l’âme est à peu près semblable à ce qu’elle était au moment de la mort précédente. Dès lors une force va intervenir pour la guider vers les conditions nécessaires à son avancement.

Peut-on dire que cette force est entièrement étrangère à l’âme ?

Cela n’est pas certain, car le fait d’avoir une force ou une autre, d’être libéré d’un vice ou soumis à un autre change entièrement son équilibre et crée une attirance vers les conditions d’Incarnation qui lui seront nécessaires. A mesure que l’on pénètre plus profondément dans le processus d’Evolution, on le voit se dépouiller des interventions extérieures, jusqu’au point où l’on s’aperçoit que tout se meut et se développe par le fait de lois impersonnelles et immuables et que le seul facteur qui soit individuel est l’âme humaine soumise à son propre destin.

Avant le retour sur la terre, l’âme doit passer par un Plan particulier où va se préparer sa Réincarnation. Comme sur la terre un choc fait se dérouler le spectacle de la vie toute entière; le contact avec un Maître de ce Plan réanime le souvenir des actes et des pensées des vies précédentes. C’est à ce moment que l’âme choisit sa route.

Il faut tenir compte et des acquis des Incarnations passées et des désirs précis de l’âme de gagner une vertu, une faculté ou un pouvoir déterminé et lui donner l’occasion de les acquérir et de progresser. Il y a en elle une force qui lui permet de mesurer avec justesse ce qu’elle pourra supporter. C’est à ce moment aussi que l’âme trouvera le guide de sa nouvelle vie terrestre.

Alors, comme une aide a été donnée à l’âme pour quitter le corps, il va l’aider à se refaire les forces dont elle a besoin pour revenir à la terre. Et la vie recommence...

L’âme choisit, avant la naissance, une voie déterminée et elle prépare avant sa venue sur la terre les conditions nécessaires pour arriver au but choisi. Tant que l’homme suit cette voie, tant que son cerveau et son cœur participent à l’œuvre choisie, il se trouve à même de profiter entièrement des circonstances favorables. Ce qu’on appelle « la chance » l’accompagne. Mais il ne faut pas oublier que l’âme se souvient d’autres vies et des maîtrises acquises au cours de ses existences, et qu’elle est parfois tentée de revenir à d’anciennes expériences qui lui ont déjà apporté des joies et qui lui semblent plus faciles. Ce faisant, elle se met en contradiction avec les circonstances qu’elle avait prévues et les facultés qu’elle avait apportées avec elle. De là désharmonie entre ses désirs, ses efforts et les circonstances arrangées par elle et par ses guides; de là découlent la souffrance et les épreuves.

Connaître la route à suivre serait difficile si l’homme n’avait en lui-même comme une prescience de son destin et s’il ne lui était pas possible de remarquer que certains actes, certaines décisions lui apportent réussite et paix. Tous devraient accomplir leur vie terrestre avec joie, si presque tous ne cherchaient au-delà de leurs possibilités et en dehors de leur destin.

Chaque être de bonne volonté peut trouver sa voie, car chaque âme à un guide bienveillant, mais juste, qui donne, avant de frapper, certains signes pour avertir qu’on fait fausse route. Il est regrettable de s’acharner dans l’erreur, car une désharmonie trop longue crée d’amères épreuves. Il faut faire en sorte de sentir si des échecs répétés ne sont pas les signes d’une erreur et d’un faux aiguillage. Cela ne veut pas dire que les entreprises humaines doivent réussir d’elles-mêmes, car la loi de la terre est la lutte et l’effort. Avoir peine à réaliser son but n’est pas signe que ce but soit en dehors du destin; mais voir échouer successivement des entreprises du même ordre montre qu’on s’est engagé dans la mauvaise voie. La persévérance, dans ce cas, est une faute. C’est par ces échecs répétés que l’on est averti de l’erreur et s’obstiner contre le destin est vain.

Tous vous avez entrepris des choses variées, tous vous avez peiné, mais, à travers les peines et les écueils, vous voyiez l’aide venir au bon moment et luire le succès, lointain peut-être, mais sûr. Pour d’autres entreprises, les échecs étaient sans remède et vous conduisaient au malheur. C’est la différence entre un but en accord avec le destin et un autre qui le contrarie.

La connaissance de ces lois permet à tous une vie plus pleine et plus heureuse. Il y a toujours des similitudes entre les enfants et les parents, car l’âme doit trouver une force de manifestation en accord avec elle.

Etre assassin n’est pas le lot d’une âme belle, mais, pour le devenir, il faut trouver, ou bien dans ses parents, ou bien dans ses proches, une force qui permette la manifestation de cette tendance à tuer. Il se peut qu’un enfant soit très différent de l’un de ses parents, mais qu’il soit différent des deux cela est impossible, car l’âme ne s’incarne, qu’en suivant la voie des affinités. Etre assassin, cela ne veut pas dire que l’un de ses parents l’a été. L’âme recèle en elle des virtualités cachées qui ne s’expriment pas toujours à cause des conditions du Karma. Tous ceux qui pourraient tué ne tuent pas, car ils n’ont pas dans leur vie ces épreuves à subir, mais une force cruelle et brutale dort en eux et saurait les y conduire si les circonstances s’y prêtaient.

Etre père, être mère, c’est aider une âme à se manifester et lui donner une forme matérielle qui la vêtira et se combinera avec elle. Nous allons essayer de comprendre la force qui, de vie en vie, unit les âmes, et suivre le fil imperceptible qui les relie entre elles.

Un jour, vous avez rencontré un être que vous avez aimé et vous avez désiré que la mort ne vous sépare pas. Dès ce jour un lien s’est créé que la mort ne rompra plus jamais. Des vies différentes seront l’occasion de vous retrouver, de renforcer le lien qui vous unit. Parfois, une âme reste très longtemps dans l’Invisible pour guider celle qui, sur la terre, doit accomplir une œuvre difficile. Puis, pour rétablir l’équilibre, des vies courtes succèdent à de longues vies. Pendant ce temps d’autres liens se forment. Epoux, enfants, amis se trouvent et se retrouvent, enlaçant leur destin, se créant ainsi du Karma. Ces âmes, arrivées dans l’Invisible, forment comme une entité unique dans le sens que leurs vibrations sont de plus en plus harmoniques et qu’elles acceptent une même mission et veillent indifféremment sur tous les êtres de leur famille spirituelle.

Les liens amicaux qui nous rassemblent, les biens spirituels que vous mettez en commun ont une racine déjà lointaine, car il n’est pas d’exemple que des attaches qui ne sont ni de chair ni d’intérêt n’aient pas une origine ancienne. L’amitié est une chose d’origine spirituelle alors que les liens du sang ne le sont pas toujours. Ce sont des occasions de progrès, car les parentés donnent souvent matière à des épreuves qui forgent l’âme. A la succession des vies est liée la progression des forces matérielles qui composent les divers corps dont l’âme se revêt et qui doivent évoluer par son intermédiaire. Il faut se rappeler que l’âme s’exprime par des vibrations qu’elle communique au corps chargé de manifester ces forces. Il y a, entre les vibrations de l’âme et celles de la matière dont est construit le corps, un obligatoire accord de vibrations. Si l’âme se transforme, si elle s’affine et progresse, le corps qui doit l’exprimer doit obligatoirement devenir plus pur et plus subtil afin de s’accorder aux vibrations de l’âme. C’est pourquoi le Sage recherche la sobriété et la maîtrise dans ses pensées et ses désirs.

Certes, l’âme doit précéder la matière dans l’Evolution; aussi un mode de vie qui n’est pas imposé de l’intérieur ne peut en rien l’aider, car la matière est faite pour suivre l’esprit et non pour être suivie par lui. Ainsi les Réincarnations avec les progrès que la lutte et la souffrance imposent à l’âme ont non seulement pour but son Evolution, mais encore le fait de lui donner l’opportunité de remplir sa mission qui est d’aider les forces matérielles à évoluer par l’effort de s’accorder à des vibrations de plus en plus pures et subtiles. Après que l’âme a épuisé les forces apportées de la terre, une sorte de déséquilibre se produira qui la contraindra à se réincarner. Presque mécanique est l’obligation de revenir sur la terre.

Et comment va s’accomplir cette Réincarnation ?

Il est certain que là va jouer la loi des affinités et celle des vibrations. Pourtant, pendant très longtemps, l’homme n’est pas livré à ces forces trop puissantes pour lui et il va être guidé sur ce point avant son retour à la terre par des Maîtres de ce Plan.

Et voyez combien devient simple le problème de la Réincarnation, si on cesse d’envisager en eux-mêmes les actes et les pensées des vies précédentes pour ne considérer que l’équilibre et le déséquilibre, l’harmonie et la désharmonie et les vibrations que cela conditionne. Car c’est ainsi que les Maîtres de la Réincarnation jugent les âmes, les pèsent et peuvent connaître la souffrance qui leur sera rédemptrice et la vie qui leur permettra d’évoluer au maximum. Ayant aidé cette âme à rencontrer la famille qui va la recevoir, une autre mission va incomber à ces Maîtres: celle de susciter la naissance à une date et à une heure déterminées afin qu’agissent sur elle les vibrations des Astres. Car, s’ils sillonnent l’éther, s’ils brillent dans le ciel, ils rayonnent et émettent des vibrations qui, se combinant, et entre elles et avec celles des hommes conduisent à son but la destinée des âmes.

Ce sera donc par l’intermédiaire des vibrations astrales que se construira le destin des hommes, qu’ils seront sans cesse bousculés, brisés, pour arriver à une parfaite compréhension des Lois du monde et à un sentiment d’unité avec toute la création. Ainsi présenté, le problème de la Réincarnation apparaît, dépouillé des puérilités qui lui sont généralement attachées, comme une conséquence simple et logique de la loi du Karma.

Les épreuves.

Il n’est pas juste de penser que tout ce qui vient aux hommes de pénible soit le fait du Karma.

Une part de ces épreuves est attachée à l’état humain qui comporte l’obligation de l’effort, de la lutte, de la maladie, de la vieillesse et de la mort. A ces faits, personne ne peut rien, car le Karma, s’il en règle parfois les modalités, n’en est pas le dispensateur. Naître, peiner, vieillir, mourir, telle est la loi pour les hommes incarnés.

Toutefois, le moyen d’y échapper existe, car la vie dans la chair est un des états de l’être parmi d’autres états, et il peut être évité par la Connaissance et l’Amour. Plus l’âme est primitive, plus les épreuves sont nombreuses, dépassant en intensité les joies fugitives et imparfaites de la terre. L’homme n’ayant à ce stade accès ni à la Connaissance ni à l’Amour doit commencer à se détacher par les épreuves et la souffrance afin de se préparer à une autre forme de vie. Aussi sur la terre n’a-t-il qu’une part de joies minime.

Comment vont lui venir ces peines et ces joies ?

Ce sera sûrement par l’intermédiaire du Karma, car s’il est une façon erronée de le concevoir, c’est de le lier uniquement aux épreuves. Le Karma étant équilibre et rétribution préside avec la même justice à la répartition du bonheur et de la peine dans les vies terrestres.

Lors de son incarnation, l’âme a un acquis venant des vies antérieures. Certaines des forces de l’instinct ont été maîtrisées au cours des vies précédentes et, dans ce domaine, l’homme sera au-delà de l’épreuve. D’autres forces restent encore l’entraînant sans cesse hors des voies normales de l’Evolution. L’une après l’autre elles devront être dominées et chaque vie terrestre a pour but d’y travailler dans un domaine particulier. C’est pourquoi on peut, en général se rendre compte dans quel sens on peut aider son destin par la sorte d’épreuves qui se retrouvent au long de la vie. Les épreuves usent l’âme sur un point déterminé et ainsi elle devient maîtresse d’une nouvelle part d’elle-même. Les plus amères douleurs viennent à coup sûr de la perte d’un être aimé. Cette perte est liée aux conditions de la vie terrestre, mais pourtant elle participe puissamment au détachement.

L’Amour est un sentiment d’origine divine, transposé par les hommes sur leur Plan. Quoiqu’on l’ait défiguré, il contient une force qui en fait un puissant moyen d’Evolution. Perdre successivement ceux qu’on aime, les voir souffrir, voir leur corps se défaire, rien de tel pour donner à l’homme la nostalgie d’un monde où rien ne s’abîme ni ne finit. C’est pourquoi tant d’enfants acceptent le sacrifice d’une part de leur expérience terrestre pour apporter à des êtres, moins affamés qu’eux-mêmes d’Eternité, le désir d’être réunis et de ne plus souffrir des séparations. Ce sont surtout ces problèmes de la mort qui préoccupent les âmes.

Les autres épreuves s’expliquent plus facilement et participent toutes de la nécessité du détachement des choses matérielles. Faites sur la terre votre travail, mais tâchez de sauvegarder très soigneusement ce qui est la nourriture des âmes. Une destinée plus ou moins bonne est la vôtre; il faut être prêt à l’affronter, quelle qu’elle soit. Arrivés à ce point, une lumière vous est donnée qui vous permet de voir, au-delà des tribulations temporelles, la destinée éternelle des âmes. Elles sont très différentes parce qu’à l’étincelle divine se superposent les souvenirs, les acquis des vies précédentes.

Si l’origine est la même, le but est également semblable, et il n’est pas important de savoir quand et comment il faudra user les défauts, les tendances, les instincts. Certes, l’épreuve est dure ; elle devient parfois insoutenable pour ceux qui, ayant dépassé la nécessité de certaines épreuves, les voient subir par des êtres qui leur sont chers. Ceci est une forme d’Evolution acceptée en dehors du Karma, car ces épreuves déjà surmontées sont subies les yeux ouverts. Quand on les a soi-même affrontées, la force a manqué pour en voir directement les causes et les effets. Si elles intéressent une autre âme, on a l’objectivité nécessaire pour voir, comprendre et en tirer la leçon totale.

Les maladies

Le Karma ne s’exerce pas seulement par des épreuves touchant les affections et les biens. Il comporte aussi des épreuves d’une autre sorte puisque des êtres naissent, possédant les germes d’infirmités et de maladies de toutes sortes.

Pourquoi ces malheurs qui semblent si injustes à ceux qui ignorent la loi des retours sur la terre?

Un être vit et pense. Son esprit, comme un cheval échappé, se rue dans toutes les directions.

C’est la généralité des hommes qui passent ainsi d’une chose à une autre sans se fixer et qui, pourtant créent leur Karma en agissant avec fausseté, violence et égoïsme. Toutefois certains hommes ne sont pas ainsi. Ils cristallisent en eux-mêmes certaines pensées certaines images qu’ils ressassent pendant d’interminables périodes. Ces pensées, ces images ne peuvent pas toujours être extériorisées, car l’homme est retenu par la crainte, par les préjugés, par la morale.

Que va-t-il se passer ?

Ces pensées qui ne trouvent pas d’issue, qui se font chaque jour plus profondes et gagnent par leur répétition des forces de plus en plus explosives, agissent, non plus sur le Plan matériel, mais sur l’âme elle-même, lui occasionnant une sorte de blessure ou d’atrophie partielle, un traumatisme, qu’elle emporte dans l’Invisible. Ceci, qui est indépendant des formes créées dans l’astral et qui appartient à l’âme, ne disparaît pas au cours d’un séjour dans l’Au-delà, mais lui crée une sorte d’impuissance, de maladie.

Lors de la Réincarnation, l’âme, qui a pour travail de construire, d’organiser le corps, est alors empêchée de le faire normalement et lui communique la faiblesse qui était la sienne.

D’autres fois le corps est incomplet et difforme. Les vibrations sont inharmoniques et c’est par l’intermédiaire des souffrances physiques et morales apportées par l’infirmité et la maladie que l’équilibre se rétablira.

Un autre cas peut se présenter. L’âme est déjà avancée, mais les pensées ne sont pas telles qu’elles le devraient. Une cristallisation se fait sur une pensée particulière et mauvaise. Pour éviter des conséquences karmiques lointaines qui pourraient nuire à l’Evolution de l’âme, il est permis qu’il y ait dans cette vie même une maladie qui donne issue aux créations de l’esprit. C’est une maladie chronique toujours, car ce sont des pensées répétées qui lèsent un organe déterminé. Ces maladies chroniques, attaquées de toutes parts par la médecine, restent toujours inguérissables, alors que des progrès considérables peuvent aider à guérir les maladies aiguës qui ne sont pas liées au Karma, mais aux conditions normales de la vie sur la terre et il est facile de le comprendre puisque la maladie est créée sans cesse par le malade jusqu’au jour où, ayant compris et changé son comportement, il puisse trouver la guérison. C’est là que peuvent intervenir dans la guérison les forces spirituelles.

Si les maladies aiguës relèvent indubitablement de l’art du médecin, les maladies chroniques échappent à son pouvoir, car il a beaucoup à faire avec les corps et peu avec les âmes et c’est de l’âme que doit venir la guérison.

Elle peut se faire par deux voies.

-        Ou bien l’homme, conscient de ses erreurs, change sa vie et ses modes de pensées. La guérison survient au bout du temps nécessaire pour réparer matériellement les lésions occasionnées par un défaut de l’âme;

-        ou bien l’homme se trouve en contact avec une force spirituelle qui agit sur son âme de l’extérieur, l’aide à se fortifier et à se guérir, entraînant le corps dans sa transformation.

Seuls les malades ayant acquis la maladie dans l’incarnation actuelle peuvent guérir. Les autres, ayant apporté des organes incomplets ou déficients, peuvent s’améliorer par les mêmes moyens, mais non guérir.

Le problème est donc celui-ci qui peut guérir et que peut-on guérir ?

A la première question il faut répondre qu’il est possible de guérir avec des forces de plusieurs origines, et les malades qui se trouvent en contact avec des guérisseurs prenant leurs forces aux mauvaises sources ne sont guéris qu’en apparence et provisoirement. Ils ont une rémission qui n’efface nullement la cause de la maladie qu’ils retrouveront dans l’Invisible et, partant, dans une vie suivante.

C’est par les forces élémentales qu’on peut guérir dans ces conditions et, en les utilisant, il y a attachement et lien renforcé, ce qui va à l’encontre des lois de l’Evolution. C’est pourquoi guérir spirituellement ne peut jamais être une industrie ou un commerce, mais plutôt un sacerdoce qui s’exerce dans des cas bien déterminés, laissant à la médecine les malades qui n’appartiennent pas à cette catégorie.

L’âme qui, pendant sa vie précédente, a été blessée par des actes et des pensées néfastes et répétés, emporte dans l’Au-delà cette blessure. Les purifications qui suivent la mort, son séjour dans l’Invisible, ne la guériront pas. Elle reviendra donc sur la terre avec elle. Comme le sang circule mal dans un membre malade et crée ainsi des désordres de toutes sortes, la force fluidique n’irrigue pas ou insuffisamment certaines parties du corps, si bien qu’elles se trouvent sans force ou mal défendues contre les microbes et deviennent au cours de la vie le siège des maladies chroniques. Ou bien certaines cellules étant pour la même raison mal dirigées par la force astrale se mettent à vivre avec une force vitale non contrôlée. Ceci, à son début, crée une sorte de poison qui se répand dans le corps et amène des désordres partout. On peut donc dire que beaucoup de maladies, avant d’être celles des corps, ont été celles des âmes et c’est la raison pour laquelle les moyens s’adressant uniquement à celui-ci échouent dans ce cas.

La psychanalyse est l’amorce d’une médecine qui, prenant en considération l’homme dans son ensemble, arrivera à le soulager de maux jusqu’alors incurables.

Comment échapper aux incarnations.

Un jour vient où l’âme mesure la vanité de la vie terrestre et où elle décide librement d’échapper au retour. Le travail que cela représente ne s’étendra pas sur une seule existence, car les liens sont nombreux qui rattachent l’homme à la vie incarnée, et désirer échapper à cette obligation n’est encore que le premier pas sur une longue route. L’homme, au cours de ses vies, s’est lié aux forces élémentales qui lui ont été unies pour constituer ses différents corps, et chaque fois qu’il s’est laissé aller à faire prédominer les besoins de ces corps sur les besoins spirituels de son âme, il leur a donné force et pouvoir sur lui. Le travail va donc consister à réduire peu à peu, puis à détruire l’emprise qu’exercent sur l’âme ces forces élémentales en supprimant tout ce qui est superflu à la vie stricte du corps. Egoïsme, orgueil, sensualité, gourmandise, émotions sans contrôle doivent peu à peu être dominés afin de minimiser l’importance du corps par rapport à la vie de l’esprit. On peut s’imaginer le travail que représente une telle transformation de l’entité humaine et il serait sans doute impossible de la réaliser si des aides n’étaient données à l’homme par deux voies: l’une est la Connaissance, l’autre l’Amour.

-        Par la Connaissance, il pénétrera dans les secrets de la Création, prendra conscience de la réalité, découvrira l’illusion que représente cet appareillage qu’il s’est jusqu’ici imposé. Il se rendra compte qu’il ne lui est, en fait, nécessaire qu’à cause de son ignorance.

-        Par l’Amour, il retrouvera le chemin de l’union avec toutes choses, échappant ainsi à la force qui tend à faire de lui un être de plus en plus éloigné du centre, de plus en plus durci dans un particularisme contre nature.

Quand, par l’une ou l’autre voie, l’homme a amorcé ce détachement, cela n’implique pas qu’il a atteint la perfection et qu’il ne doive plus travailler afin de se créer des forces lui permettant de se maintenir hors du Plan physique, de réaliser ces états de l’Etre libéré des astreintes de la vie terrestre. Si abondantes que soient les forces spirituelles qu’il a emportées de la terre, si prolongé que soit le maintien dans l’invisible, il arriverait un moment où ces forces s’épuiseraient si, au cours de la vie de l’Au-delà, il n’était pas possible de se créer sans cesse de nouvelles possibilités.

C’est par les mêmes moyens que ceux de la vie terrestre que l’âme y parviendra.

La recherche de la Connaissance lui permettra d’entrer en contact avec des forces de plus en plus élevées et de puiser ainsi une puissance spirituelle en rapport avec les Plans supérieurs. L’Amour le portera à accomplir des missions de salut, soit près des âmes moins évoluées, soit même près des vivants, lui permettant ainsi de se maintenir dans l’Invisible.

Ce séjour ne sera pour lui qu’une libération des nécessites physiques et non une libération des épreuves et de la souffrance. Il connaîtra une partie des angoisses de la terre: l’amertume du travail accompli en vain, les séparations, — jusqu’au moment où, atteignant le point suprême de l’Evolution, il retournera à la source d’où il est venu.

La connaissance

La Connaissance est une des voies qui permet d’échapper aux réincarnations et aux duretés de la loi du Karma. La Connaissance n’a rien de commun avec ce savoir livresque qui exalte l’orgueil des hommes. Savoir et Connaître sont deux choses très différentes.

Le Savoir est à la portée de chacun, car il dépend de la mémoire et de la volonté. La Connaissance exige bien d’autres vertus. Les hommes d’aujourd’hui recherchent le Savoir.

Les anciens, qui ne disposaient ni de laboratoires ni de l’acquis des générations qui les ont suivis, paraissaient connaître tout ce que nous sommes fiers de découvrir, et l’on reste perplexe devant certaines réalisations de civilisations disparues. C’est que, par une méthode qui n’était pas celle des sciences modernes, ils arrivaient à pénétrer un monde où s’éclairent, non pas les phénomènes mais les causes, où se dévoilent, non les corps mais les âmes, où travaillent, non des hommes mais des forces, et, par là, ils accédaient aux connaissances qui leur permettaient de se rendre maîtres des forces de la nature. Cette méthode de travail, ces notions sur le monde des essences et des causes sont devenues inaccessibles à la majorité des hommes.

Pourtant quand l’être humain s’est rendu compte qu’après avoir étudié tout ce qu’il est possible de saisir avec ses sens, l’essentiel du monde lui échappe, l’homme finit par se demander si un autre moyen ne s’offre pas à lui pour satisfaire sa soif de Connaître.

Arrivé à ce point, il s’aperçoit qu’en dépit de toutes les sciences « dites de l’âme », il ignore presque tout de lui-même et qu’avant d’aller plus loin, il devra descendre au fond de sa conscience pour se trouver dans sa réalité. La première chose qui lui apparaît est qu’il est une entité double, sans cesse tiraillée par les forces de ces deux parts de lui-même. Il conçoit qu’une part quasi-animale de son être sert de support à son âme et que cette part est la source de toutes ses limitations et de tous les maux qui l’assaillent. Elle est ce qui l’empêche de prendre conscience de son âme propre et ce qui le sépare de toutes les forces créatrices de l’Univers.

Avant de pouvoir aller plus loin, il va donc devoir soumettre cette part de lui-même, renforcée sans cesse par les créations astrales auxquelles elle a donné naissance. Le travail n’est pas mince, car, pendant des vies, cette entité a pris le pas sur l’âme et, au lieu de la servir, attend d’elle la possibilité de se manifester au cours de Réincarnations sans cesse répétées. Réduite au rôle qui est le sien, elle deviendra l’instrument d’une force qui la dépasse. L’homme avance peu à peu dans le dédale de son inconscient et enfin émerge en pleine lumière. A ce moment, il se « connaît ». Il sait que, les différents états de l’Etre par lesquels il passe ne sont qu’une illusion créée par lui, qu’il ne lui est pas nécessaire pour exister de disposer d’un corps physique, qu’il est parcelle de Dieu, qu’il peut, en s’arrachant par un effort suprême aux liens matériels, s’unir à Lui dès la terre et disposer ainsi de ses pouvoirs et de ses forces. Il sait qu’il est enfin libéré de la vie physique puisqu’elle n’est qu’une nécessité créée par lui et qu’un monde infini lui est ouvert.

Les hommes de savoir sont nombreux, car le cerveau humain peut embrasser des sujets très étendus. Il suffit d’une mémoire développée. Ce savoir humain accède aux choses qui tombent sous les sens et que l’esprit de l’homme peut codifier en lois, qui se répètent et se vérifient à volonté.

Le savoir prétend connaître en allant de l’extérieur à l’intérieur. Ce serait bien si le sujet des recherches était simple et s’il ne se rattachait pas toujours à des lois générales et complexes.

Après avoir appréhendé cette part extérieure des choses, on s’aperçoit que l’essentiel échappe et qu’on peut connaître tout de l’homme, de ses organes, de ses fonctions, de ses rapports avec l’extérieur, mais qu’on reste toujours aussi ignorant de ses racines et de ses buts. Vos pères, qui étaient moins instruits, dont la culture scientifique était moindre, avaient compris qu’il était plus important de connaître que de savoir, de saisir les intimes ressorts de l’âme que d’envisager l’extérieur. Cette connaissance n’est pas aisée, car elle embrasse tout de l’humanité, mais également de l’Univers. Il faut comprendre que l’homme en lui-même n’est rien et que, pour pénétrer en son âme, il faut l’intégrer à cet Univers dont il est partie.

La science des anciens, celle d’Hermès, de Pythagore, d’Aristote le prenait dans son entier, se souciant de son âme au même titre que de son corps, car, si l’âme est une chose invisible, elle reste le moteur de toute vie. La connaissance ne s’acquiert pas par les mêmes moyens que le savoir.

Si l’on veut admettre qu’une âme humaine ne peut être réduite en équation, que, malgré la psychologie, la psychanalyse et autres sciences, dites de l’âme, Il reste une marge d’inconnu que personne ne peut violer, que penser alors de la Création attaquée par le dehors avec des moyens ingénieux, certes, mais incomplets ?

Il doit exister une autre science. Elle trouve son expression dans une introspection profonde de l’être et dans l’étude des ressorts cachés de l’âme et aussi dans une discipline destinée à maîtriser le cerveau et les instincts afin de faire affleurer cette âme dont le commun se préoccupe peu, donnant toute son attention à des buts fugitifs et illusoires. Parmi les moyens qui permettent aux âmes de rester dans l’Invisible, il faut mettre au premier plan la connaissance. Cette force de chercher à travers toute chose la vérité et la sagesse est la voie de ceux qui ont déjà épuisé une part des expériences terrestres.

Pendant longtemps, l’homme se satisfait des apparences et il adhère sans révolte aux explications rationnelles qui lui sont données pour toutes choses.

Si la religion entrouvre pour lui les portes du mystère, il est satisfait de trouver toutes prêtes les raisons de son destin. C’est après bien des vies que tout cela lui paraît insuffisant. Dès cet instant, l’âme va commencer une quête qui jamais ne s’arrêtera. Par des chemins différents, l’homme cherchera la lumière, creusant en lui-même enfin, pour trouver des indices et des lueurs de la vérité. Dès que le désir de connaître l’habite, dès qu’il en a fait la passion de sa vie terrestre, il a préparé son âme à une vie invisible et prolongée, si bien qu’on peut dire qu’il a résolu le problème de la Réincarnation.

Imaginons cette âme, ayant consacré sa vie terrestre à la recherche de la Connaissance. Ses désirs sont entièrement tournés vers ce but et, ainsi, elle se trouve préparée à rester dans l’Invisible.

Où pourra-t-elle le mieux satisfaire cette faim qui l’habite ?

Où pourra-t-elle embrasser un panorama plus étendu des sciences de toutes sortes ?

Dès cet instant, son Destin est fixé. Rien ne l’attirera plus sur la terre puisque la vie invisible pourra satisfaire la seule passion qui la meuve. C’est pourquoi la recherche de la Connaissance unique but de la vie terrestre libère l’âme des Réincarnations.

L’amour.

L’AMOUR est, avec la Connaissance, le moyen le plus sûr de conquérir une vie détachée des nécessités terrestres. Il serait même plus juste de dire que l’Amour est l’unique moyen d’atteindre ce but, car la Connaissance, arrivée à son point dernier, se confond avec lui.

L’Amour a été tellement défiguré par les hommes qu’on ne peut reconnaître son visage à travers les oripeaux dont on l’a affublé.

On a donné le nom d’Amour à des sentiments qui, au lieu de libérer l’homme, exaltent la personnalité au détriment de l’âme.

Que voit-on bien souvent sur la terre sous le nom d’Amour ?

Des forces instinctives qui vont promouvoir le rapprochement des sexes et servir uniquement les instincts. Ce sentiment a pour corollaire l’égoïsme, la recherche de soi-même, et cette chose si fréquente et si néfaste qu’est la jalousie.

Pour les âmes qui désirent la libération, l’Amour est tout autre chose. Il est le sentiment de la solidarité étroite de toutes les créatures de Dieu, l’oubli de soi-même et le désir du bien véritable des hommes. Il faut insister sur le fait que vouloir le bien des autres n’est pas toujours faire leur bonheur ainsi qu’on le conçoit généralement. On trouve cruel de contrarier ceux qu’on aime, de leur refuser des choses qu’on pourrait leur donner; on s’aveugle sur leur valeur et, ainsi, on aide leurs âmes à s’égarer.

Curieux Amour qui sacrifient l’éternel au temporel, qui perd les âmes pour satisfaire les corps, et qui, en fait, n’est qu’une forme de l’Amour de Soi. Participer à la perte des âmes en évitant les conflits, n’est-ce pas une forme de veulerie et de faiblesse dont on camoufle la malfaisance sous le nom d’Amour ?

Etre faible, consentant à toutes les erreurs et les fautes de ceux qu’on dit aimer est une chose regrettable. Autre chose est d’aimer la créature réelle, celle qui s’efforce vers Dieu, de l’aider à redresser au fur et à mesure les erreurs de sa vie.

Cette forme d’Amour est bien loin au-delà des instincts. Elle voit l’âme et son bien suprême qui est l’avancement vers Dieu, et cela au détriment de sa propre tranquillité et d’une fausse conception de la vie et des destinées supérieures de l’âme humaine. Peu difficile est d’aimer ceux que la nature nous a confiés, ceux que le sang unit à nous, ceux que nous avons choisis pour les compagnons de notre route. Enfants, époux, parents et amis chers, tous ont pour nous une réciprocité de sentiments. Toutefois, il est insuffisant de se limiter à cette forme d’Amour. Elle a été donnée aux hommes pour les arracher, autant que possible, à l’égoïsme, mais elle ne suffit pas à celui qui veut se libérer.

Le Christ a dit: « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ».

Qu’est-ce à dire, puisque nous venons de condamner cet Amour de soi ?

S’aimer soi-même suivant le Christ, c’est aimer la part de Dieu qui est en nous, la développer et l’unir également à la part de Dieu qui est dans les autres. Par cette origine, cette nature semblable, une étroite solidarité rassemble les hommes, à telle enseigne que les progrès accomplis par un seul enrichissent le patrimoine de l’humanité toute entière.

Aimer les hommes, c’est être conscient de son identité avec eux par le fait de la part de la divinité qui se trouve en toute chose et aussi par le sentiment de l’étroite solidarité qui rassemble la Création toute entière. Les êtres issus du même sang sont frères et, pourtant, chacun apporte une âme dans laquelle résident des différences de développement et d’Evolution, et, comme les liens qui les unissent sont terrestres, ces différences s’affirment pendant la Vie, créant des obstacles, des querelles et même des séparations.

Autre est la Fraternité qui ne doit rien à la vie terrestre. Elle se fonde sur le sentiment d’une origine commune, sur la certitude d’être chacun partie d’un même tout, et elle échappe aux conflits, aux intérêts et aux compétitions. A ce moment, aimer les autres c’est s’aimer soi-même avec le désir d’être sur le même Plan et de retrouver enfin une Unité que les contraintes de la terre détruisaient.

L’Amour ainsi compris englobe non seulement les hommes, mais tout ce qui existe. Il abolit le désir de la vie terrestre puisqu’il est fondé sur la partie durable de l’Etre, puisqu’il s’attache à la part divine qui habite les corps, à cette part qui se manifeste bien mieux, bien plus complètement hors des nécessités terrestres. Par l’Amour ainsi compris l’homme possède tout ce que son âme peut embrasser et arrive à un sentiment d’union avec le Créateur. Cette union réalisée, la force de rester dans l’invisible est acquise et la Réincarnation devient une chose superflue.

Celui qui participe à la force divine n’à que faire de se tenir sur la terre et sa mission est accompli lors de la compréhension de cette vérité ineffable...

L’Amour est une force, maîtresse des âmes; il est aussi une voie vers la connaissance des lois du monde.

L’Amour est un projecteur qui fouille les âmes et les choses et en révèle non seulement la forme et la couleur, mais également l’intime structure.

L’Amour va vers le fond des choses avec une force qui en donne une connaissance absolue.

L’Amour est aussi compréhension et il est certain que connaître et aimer forment un cercle parfait au milieu duquel se trouve Dieu.

L’Amour est une force, la plus grande de l’Univers. Elle meut toutes choses et, si la connaissance parfois la précède, elle finit par conduire à l’Amour, infailliblement.

La force d’aimer est innée en l’homme. Il l’exerce à la mesure de son Evolution, Amour particulier d’abord, puis Amour suprême des âmes et de Dieu.

Je veux essayer d’expliquer comment, par l’Amour, l’homme peut échapper aux Réincarnations.

Il est ramené à la terre non par une loi inexorable, mais parce qu’il ne trouve plus, après un temps plus ou moins long passé dans l’Au-delà, un intérêt assez fort pour l’y retenir.

Il faut penser que, pendant des vies, il s’est servi du corps, goûtant à travers lui les joies dont il était capable. Ainsi, dès que la nouveauté de la vie Invisible s’émousse, dès que le souvenir de la souffrance s’atténue, l’âme se sent à nouveau attirée vers la terre. Elle recherche un corps et, assez vite, le trouve, d’autant plus vite qu’elle est moins évoluée et que son Karma est moins complexe. Il faut donc, pour éviter le retour, trouver dans l’Invisible une force puissante et des sentiments qui satisfassent entièrement l’âme désincarnée. Ainsi en est-il de l’Amour s’il a été ressenti pendant la vie comme un sentiment dépouillé d’égoïsme.

Aimer les âmes ! Quoi de plus facile ici, puisqu’elles se révèlent dans leur vérité.

Dès que l’homme a dépassé la forme personnelle de l’Amour, son âme est prête pour rester dans l’au-delà, car c’est dans l’Invisible qu’elle pourra réaliser l’union intime avec ceux qu’elle aime, union totale, stable, éternelle, forte et douce, et qu’elle se sentira ainsi, dans sa vie Invisible, comblée et satisfaite.

Si la Connaissance est une voie de libération, c’est qu’elle se trouve être identique à l’Amour et le rejoint dès qu’elle atteint son accomplissement.

L’Amour est une chose étrange, car il se fait plus profond à mesure qu’il embrasse plus d’êtres.

L’Amour exclusif est une chose à rejeter, car le cœur, ou plutôt l’âme, n’a pas de limites, et aimer n’est pas s’enfermer dans une sorte d’égoïsme agrandi, mais s’ouvrir par l’Amour à la compréhension et à la tendresse pour tous les êtres.

Aimer est la clef d’or de la vie éternelle.

L’Amour seul peut brûler en vous les scories d’une personnalité illusoire, pour laisser transparaître l’Or d’une âme. Il illumine ceux qui veulent, soit dans leur vie, soit dans leur Art, s’élever au-dessus des communs sentiments personnels.

Une vie illuminée par l’Amour est aussi belle qu’un Art éclairé par lui. Donnez-vous à cette joie, à ce bonheur infini, que votre âme rayonne de l’Amour et de la compassion la plus parfaite.

L’Amour — surtout pour les morts — alors qu’aucun sentiment d’intérêt n’intervient, cet Amour-là est tout puissant.

Une âme habitée par l’Amour est un flambeau rayonnant, qui illumine au loin les recoins les plus obscurs des âmes et des choses.

L’Amour est le levier tout puissant qui est capable de soulever jusqu’aux dieux l’âme la plus vile.

Faites donc se développer dans les âmes cet Amour.

Faites rayonner l’Amour sur les petits, sur les faibles, sur les coupables, sur les souffrants.

Essayez de leur donner la certitude d’une fraternité sans limite.

Que votre Amour ne juge pas les êtres, mais que votre réprobation n’aille qu’aux pensées néfastes d’égoïsme, de cupidité qui engendre pour l’humanité souffrances pleurs et catastrophes.

Baignez ce qui vous entoure, TOUT ce qui vous entoure de l’Amour le plus pur.

Très souvent, élevez des pensées d’Amour vers ceux qui vous inspirent, car eux qui savent, eux qui peuvent feront de cet Amour un fleuron à votre couronne immortelle.

L’Amour est du Ciel et la haine de la terre.

C’est pourquoi l’un y paraît surhumain et l’autre si fréquent.

L’Amour vrai et pur est rare et ne se trouve qu’entre des âmes belles et évoluées, car l’Amour a sur la terre de multiples caricatures, et il a, pour se distinguer de ces caricatures, un caractère de désintéressement et de sacrifice qui le rend un des sentiments les plus beaux et les plus rares.

L’Amour humain est valable seulement s’il sert aux âmes à s’élever et à avancer par une force d’oubli de soi-même et de désintéressement.

Aimer, c’est aider, c’est avoir pour but non le bonheur terrestre mais le bien de l’âme, car, qu’est un bonheur que la mort finira, — et qui va se défaire dès cet instant, —en regard du bonheur des âmes en marche vers la délivrance ?

Qu’est la raison de la souffrance ?

Est-ce d’aimer ou de n’être pas aimé ?

Est-ce de donner ou de n’être pas payé de retour ?

Quels sont les liens ?

Sont-ce ceux qui vous attachent par les choses données ou par celles que vous attendez des autres ?

Il faut créer une force, toute entière tournée vers autrui et détruire le désir des récompenses.

L’amour porte en lui-même son prix et il n’a pas besoin d’être reconnu par, quiconque.

Celui qui aime est le Roi qui a des sujets innombrables dont il assure le bonheur sans rien attendre d’eux.

Celui qui aime est le Roi d’un royaume tout intérieur, inaccessible aux déceptions et aux amertumes.

Sa couronne est le bien accompli et les âmes gagnées à la bonté et à l’amour.

L’Amour vrai pulvérise la dure écorce dont s’entourent les âmes pour subsister dans un monde cruel.

Aidée par l’Amour, protégée par lui, l’âme, alors, peut apparaître et s’unir à l’Etre qu’elle a choisi.

Rares sont les Amours dignes de ce nom, celles qui portent l’être à ses sommets.

Rares sont les âmes susceptibles d’en ressentir même les prémices.

Amour ! Force divine et merveilleuse, mise au cœur des hommes afin qu’ils ressentent l’infini de l’Amour du Père.

Amour sans égoïsme !

Amour sans tache !

Amour ! Suave marque des élus !

Amour pour un seul, qui se répand sur tous !

Amour sublime des Mères !

Amour radieux des époux ! Tu es la préfiguration des unions plus parfaites, de celles que ni le temps, ni l’Espace, ni la mort ne rompent jamais !

Amour ! Vers toi un hymne léger de joie, de reconnaissance monte, car si les âmes, sur la froide terre, ressentent la chaleur du soleil spirituel, c’est bien grâce à ton passage — Amour — qu’ils le peuvent.

A suivre: La vie de l’Âme

Date de dernière mise à jour : 07/08/2012