La vie de l’Âme

 

« Il est fréquent que, après une vie consacrée aux luttes de la terre, l’âme en comprenne la vanité. Elle se demande quel a été le but de ses épreuves et de ses efforts. C’est alors que l’idée lui vient d’un nouveau chemin pouvant s’ouvrir à elle. Mais où en trouve-t-on l’entrée et quels obstacles y sont cachés ?

Alors on pense à un guide, un frère aîné qui, l’ayant parcouru déjà, pourrait vous prendre par la main et surmonter avec vous les obstacles. Il existe toute une littérature qui en fait mention.

Quelques êtres privilégiés relatent qu’ils l’ont rencontré fortuitement ; d’autres parlent de manuscrits qui leur ont ouvert une voie insoupçonnée jusque-là. Pourtant ce ne sont qu’exceptions, et l’attente se fait désespérée.

L’âme, comme une guêpe enfermée derrière une vitre, s’efforce vers la lumière et se meurtrit contre la cage où elle est enfermée. Puis, l’heure vient où cette cage s’entrouvre, où l’âme s’aperçoit qu’il existe une discontinuité dans la barrière et qu’elle pourra s’y glisser. Des réponses à des problèmes longtemps posés et jamais résolus sont alors dictées, et on sent, on est certain que le maître est venu, qu’il vous a pris par la main, et qu’il vous conduira vers les sources impolluées et les paysages intacts. Ce premier contact établi, on se rend compte qu’il y a dans ce domaine bien des formes de vérité et qu’on ne peut, d’emblée, accéder à la plus haute.

Il faut un long effort pour devenir réceptif à cet ordre de choses ; d’abord une adaptation à un mode de communication tout intérieur, une transposition dans le langage ordinaire de sensations, de sentiments, de connaissances inusitées et comme une longue maturation au plus profond de l’âme. Par moment on aspire à un contact plus direct et plus facile, oubliant que ces êtres qui, au cours des âges, ont jalonné pour l’humanité la route vers la libération ne peuvent plus se tenir sur la terre. L’ambiance étouffante d’égoïsme et de matérialisme crée pour eux une impossibilité de manifestation matérielle. Les vibrations qui entourent les hommes ne leur permettent plus de donner une aide directe. Seules des conditions de vie différentes permettent à quelques sages de grouper autour d’eux des disciples. L’Occident a vu les maîtres s’éloigner.

Les monastères chrétiens, autrefois pépinières d’âmes, dont la force et la clarté s’épandaient sur le monde, ont vu disparaître l’aide spirituelle qui suscitait ces vocations et qui leur était apportée par les traditions et les rites. Le modernisme souffle là comme partout. Il découronne les traditions, décolore les légendes et stérilise les rites. Pourtant les traditions et les légendes contiennent la vérité mise à la portée de toutes les âmes dans la part à laquelle chacune peut accéder. Les rites, conçus par les sages, recèlent en eux le pouvoir d’aimanter vers la terre les forces de l’Invisible. Pourtant le besoin des âmes reste le même : trouver une issue vers la lumière et la vérité.

La fraternité de ceux qui savent et leur amour pour l’humanité demeurent aujourd’hui égaux à ce qu’ils étaient autrefois. Entre ces deux pôles, amour des maîtres pour les hommes et désir des hommes de pénétrer les secrets de la vie totale, bien des étincelles ont déjà jailli. Elles ont pris la forme la mieux adaptée et aux besoins du moment et à l’âme destinée à exprimer ce qui lui était inspiré. Il est faux de croire que quelque chose de grand sur la terre se fasse sans que jaillisse cette étincelle.

La science même en est tributaire. Le récit d’un grand nombre de découvertes fait état de ce choc, de ce hasard providentiel sans lequel un dernier point n’eût pas été mis à un travail long et soutenu.

Actuellement l’humanité a compris que, si la science lui a apporté le bien-être et le confort, elle est bien loin de lui avoir apporté le bonheur. C’est vers un autre ordre de recherches que se tournent les hommes.

Malmenés par la vie terrestre, ayant compris le vide de ces progrès matériels dont l’autre face apporte la misère et la destruction, persuadés que la destruction viendra par la vitesse acquise, c’est vers la part de leur être, inattaquable par les méfaits du savoir des hommes, qu’ils se tournent. C’est unie à eux dans leur crainte, leur incertitude et leur désespoir que j’ai fait appel à un maître qui pourrait me guider vers ce monde invisible dans lequel les hommes ont mis leur ultime espérance.

Une réponse m’est venue. Mon âme s’en est emparée y trouvant apaisement et certitude. Pouvais-je le garder pour moi ? Je ne le crois pas. Certaines parties peuvent laisser perplexe. En effet, ce qui est dit de la vie invisible est si étrangement semblable à la vie sur la terre qu’à première vue cela peut paraître puéril. Pourtant, si on réfléchit que les mêmes lois régissent l’âme dans sa forme visible et invisible, que la matière dont elle se revêt est, en tant que matière, scientifiquement une illusion, on peut admettre qu’il est possible d’envisager une évolution de l’âme par les mêmes moyens et des épreuves presque semblables, qu’elles soient terrestres ou extra-terrestres ». LA VIE CONTINUE DE L’ÂME d’Andrée NASCHITZ – ROUSSEAU

Les Lois de l’Evolution Spirituelle

La loi d’Evolution régit le Cosmos tout entier, et on ne peut suivre le chemin de l’âme dans son travail sur la terre sans en être persuadé.

Le travail de l’âme humaine, s’il représente un effort long et pénible, se résume pourtant en peu de mots : se dégager des forces matérielles pour accéder à un mode de vie spirituelle, puis retourner vers la source dont émane l’âme.

Ce retour s’accomplit au moment où, ayant parcouru toutes les étapes de l’évolution, elle se retrouve libre, mais ayant conservé le produit de ses expériences, les acquisitions de son travail, et les liens de l’âme qu’un sort commun, des vies nombreuses sur la terre lui ont créé avec d’autres âmes qui forment alors avec elle une sorte de famille spirituelle.

Ce que sera à ce moment la vie de cette âme dégagée, il est superflu de l’envisager.

En effet, ce que nous appelons la libération n’est, en général, que la délivrance des nécessités du retour sur la terre et non la réintégration absolue et définitive à la force suprême.

C’est pourquoi nous nous contenterons d’un but plus modeste, celui de suivre une âme dans sa vie invisible et de connaître les lois qui régissent cette vie continue qui est la sienne.

Il est certain que la loi évolutive a été incluse dans le processus de la Création et qu’elle s’applique désormais sans intervention d’aucune sorte, mécaniquement, pour ainsi dire.

Elle a pour moyens des forces de plusieurs sortes dont une les renferme toutes : c’est la loi du Karma.

Quelle est sa nature et quel est son but ?

La terre peut continuer son existence dans l’Univers à cause d’une loi d’équilibre qui la régit.

Cet équilibre suppose que les forces spirituelles et matérielles continuent d’obéir strictement à l’impulsion première qui leur a été donnée, et que, délibérément, elles ne faussent pas les conditions préétablies par le Créateur. Dans la réalité, il n’en est pas ainsi.

L’être humain est composé — et c’est son drame — de forces qui, pour être de même origine, suivent des voies différentes et tendent à réaliser chacune leurs propres fins en soumettant l’autre.

La loi d’Evolution a soumis les forces matérielles aux forces spirituelles et, tant qu’il en est ainsi, l’équilibre reste entier.

Mais, dès que les facteurs sont inversés, l’équilibre est rompu et les conséquences pourraient être graves si une loi n’intervenait pas pour le rétablir.

Le Karma a donc pour but de maintenir la terre dans la voie qui lui a été fixée et il s’exerce sur toutes choses.

La vie invisible

Les lois qui régissent la vie de la terre et des âmes qui évoluent jouent dans les deux faces de la vie humaine : la vie visible, et ce qu’il est convenu d’appeler l’Au-delà, qui, en réalité, n’est qu’un état de l’être, et qui nous échappe.

Les sciences nous informent de tout ce qu’il est possible de savoir de la vie incarnée.

Pourtant cette vie n’est qu’une petite partie de la vie humaine. Parce que l’autre face échappe à nos sens, parce qu’elle ne peut être connue par les méthodes rationnelles, cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas et que, par d’autres moyens d’investigation, dont les lois restent à trouver, on ne peut atteindre à la connaissance de ces autres états de l’être par lesquels passe l’âme, quand elle s’est dégagée de la vie physique.

Plusieurs voies s’ouvrent aux hommes pour accéder à cette connaissance.

-        La première consiste, par une discipline particulière, à faire taire les forces matérielles qui, pendant la vie terrestre, nous dissimulent notre âme, à plonger au plus profond de nous-même pour la saisir et l’étudier. Ce moyen exige de longs efforts et est loin d’être accessible à tous; il peut assurément nous donner la clef de la vie de notre âme dans tous les états qu’elle revêt.

-        La deuxième est d’apaiser en nous tout ce qui s’oppose à une aide venue du dehors et qui nous est apportée par ceux qui, vivant cette vie invisible, peuvent nous informer de ses lois. Ce moyen, pour facile qu’il paraisse, comporte des obstacles et recèle des périls contre lesquels chacun doit être mis en garde. Pourtant il permet d’arriver à une connaissance qui n’est peut-être pas la plus haute à laquelle l’homme terrestre puisse accéder. La connaissance totale est expérience et non savoir, et, par-là, elle est purement intérieure et personnelle. Toutefois cette connaissance ouvre la première porte.

Il est certain que les états dont il est question sont purement subjectifs et que le mot PLAN, constamment employé pour des facilités d’expression, ne désigne pas des lieux peuplés d’âmes et hors de la terre. C’est ici, là, partout où vivent les hommes qu’on trouve ceux qui sont, non pas au-delà de la terre, mais au-delà de la vie terrestre.

Mourir, c’est abandonner une certaine vibration pour être dans une autre, assez peu différente du reste, jusqu’au jour où, prenant conscience de son indépendance et de l’inutilité de ces changements, l’âme s’établira dans son état permanent et éternel.

La vie de l’Âme pendant l’Incarnation.

Notre But est de faire connaître la vie de l’Ame après la mort et les différentes étapes par lesquelles elle doit passer avant de trouver son lieu de repos entre deux Incarnations. Pourtant, il est bon de savoir que, pendant son séjour terrestre, l’âme n’est pas si étroitement liée au corps qu’elle ne possède une vie qui lui est propre. Cette condition lui permet une existence indépendante que n’influencent ni les erreurs de l’intelligence ou de la raison ni l’oubli où, bien souvent, elle est laissée pendant la vie incarnée.

Dès sa naissance à la terre, l’âme est prête à jouer le rôle qui lui est dévolu. Elle doit s’enrichir d’expériences grâce au corps qu’elle a choisi d’animer afin d’éteindre une part de son Karma et accomplir des progrès en rapport avec les désirs et les actes de la vie précédente.

Les vies successives sont si imbriquées les unes dans les autres qu’elles se génèrent l’une l’autre presque entièrement. Il est très difficile de se transformer profondément au cours d’une vie terrestre car on y est lié, et par le Karma qu’on a choisi d’éteindre et par le corps physique qu’on a accepté, avec ses hérédités et ses tares, et à travers lequel l’âme devra s’exprimer. Pourtant, chaque créature, au long de son existence, a aspiré à être autre chose que ce qu’elle est, à posséder d’autres facultés et d’autres moyens. Ce sont ces désirs qui, imprimés sur l’âme par une pensée répétée, permettront, après une maturation dans les Plans, de revenir sur la terre avec le germe les choses qu’on a désirées et qu’on devra évoluer dans la vie suivante.

Au moment de la naissance, l’âme est faible et peu adaptée à la vie terrestre, très différente de celle qu’elle vient de quitter. Aussi le petit enfant est-il très souvent plongé dans un sommeil profond, pendant lequel l’âme reprend contact avec le milieu qui a été le sien si longtemps. Elle retourne dans les Plans afin d’y puiser les forces qui lui permettront d’animer ce corps qu’elle s’est construit. Pourtant, à ce moment, l’Ame est déjà prisonnière de la chair et les liens qui vont l’attacher se feront de plus en plus étroits et nombreux. Cependant l’âme n’est complètement liée au corps qu’après la première enfance et il n’est pas rare que les enfants, à l’état de veille, tiennent des propos étranges où ils font état d’un Monde qui leur est propre et de personnages qu’eux seuls voient et connaissent.

C’est au moment où l’âme se lie définitivement au corps que commence le drame de toute Incarnation, car le corps s’efforce de dominer l’âme, de l’asservir afin d’échapper à une direction qui contrarie les instincts. Suivant la force de l’âme, par rapport aux forces vitales et élémentales, elle prédominera plus ou moins au cours de la vie. Heureusement, elle n’est jamais entièrement coupée du monde invisible.

Comme le corps se refait par la nourriture et le repos, l’âme reconstitue ses cellules car elle est formée de cellules électriques en quittant le corps pendant le sommeil pour se recharger dans son Plan. C’est là l’explication si souvent recherchée du sommeil, de sa nécessité absolue, et pourquoi une insomnie prolongée peut conduire au déséquilibre et à la folie, car l’âme incapable de se recharger par un processus normal doit quitter le corps pendant l’état de veille, le laissant ainsi livré à la force vitale et aux forces inconscientes. Ce phénomène explique bien des formes d’aliénation mentale.

L’âme, pour une cause quelconque, ne pouvant normalement se recharger quitte le corps, passagèrement ou définitivement, pour vivre dans son propre monde, le laissant ainsi épuiser sa force vitale.

Tout au long de la vie l’âme est normalement auprès du corps, lui apportant son aide et s’enrichissant des expériences faites par son intermédiaire, et ainsi vient le moment où la force vitale apportée à la naissance s’épuise et où l’âme va se séparer du corps. Elle sait à l’avance, du moins très souvent, qu’elle va être libérée, et, au cours de la maladie ou de l’affaiblissement qui précède la mort, elle vit de plus en plus dans le Monde invisible. Enfin, le lien se rompt et sa vie dans l’Au-delà commence.

Pendant la vie, l’âme demeure en contact avec l’Invisible d’où elle vient. Restée liée au Plan qui a été le sien, elle y a gardé des âmes amies et des forces. C’est ce Plan qui conditionne la vibration personnelle de l’être humain. L’âme en soi n’est autre chose qu’une sorte de champ magnétique, dont la force attire des vibrations de moins en moins subtiles à mesure qu’elle se rapproche du moment de son Incarnation et, finalement, cette sorte de vibration particulière qui est ce que nous nommons la matière.

Outre un noyau de vibrations ultra-rapides, l’âme est composée de vibrations correspondant aux états qu’elle traverse pour revenir s’incarner. Suivant son Evolution, ces sortes d’enveloppes fluidiques sont plus ou moins nombreuses, et à chacune correspondent certaines fonctions de l’âme qui ne pourraient s’accomplir si elle perdait, en les exerçant, les vibrations des différents Plans. La science ne sait que peu de choses du sommeil; elle en cherche en vain l’explication.

C’est que le sommeil est un phénomène qui échappe aux lois physiques. L’âme qui a, dans la journée, rempli son rôle se voit, après un certain temps, dépouillée de son potentiel électrique.

Elle ne peut le refaire par aucune des activités corporelles ni par aucun moyen de récupération matérielle. Pour se créer de nouvelles forces, il lui faut donc se retrouver dans les Plans auxquels elle appartient. Pour cela, elle doit se séparer du corps; à ce moment, elle agit sur les centres nerveux qui déclenchent ce qu’on appelle le sommeil. Le corps s’appesantit, il s’immobilise, et l’âme peut alors reprendre sa vie propre tout en gardant avec le corps un léger lien qui permet la continuation de la vie terrestre. A ce moment, son contact avec les vibrations de l’Invisible est rétabli, son potentiel électrique se refait et le réveil peut arriver : elle est prête à reprendre sa vie incarnée. Certaines substances permettent à l’âme d’être en partie extériorisée pour un temps et de se recharger anormalement, supprimant provisoirement la nécessité du sommeil.

II en est ainsi pour le café, qui procure une sorte d’extériorisation favorable au travail de l’esprit et aux intuitions élevées, et également pour les stupéfiants. Mais ceux-ci projettent l’âme sur le Plan astral et, par l’usage répété, la livrent sans défense à des forces qui, peu à peu, épuisent sa vitalité. C’est pourquoi l’usage des stupéfiants finit par tuer le corps physique, sauf si une grande maîtrise permet de se défendre contre l’abus et de ne garder que l’aide de se détacher du corps.

Incarnation de l’Âme.

L’AME qui a épuisé sur les Plans les vibrations amassées dans sa vie précédente va, dans la majeure partie des cas, revenir à la vie incarnée pour avoir de nouvelles expériences et faire un nouveau pas en avant. Elle reçoit des Maîtres attachés à ce travail une force qui lui permettra de revenir à la terre.

Pour les âmes primitives, celles que la vie terrestre en elle-même appelle à cause de nombreuses expériences à réaliser, il est indifférent de choisir avec tant de soin les conditions de leur incarnation, car la route est si chargée d’obstacles, les maîtrises à acquérir sont si nombreuses qu’il est sans importance d’affronter telle difficulté plutôt que telle autre, puisque toutes, en fin de compte, devront l’être. Pour ces âmes, la décision du retour prise, la Réincarnation est rapide car les occasions en sont nombreuses. Elle s’effectue dans un milieu dont les vibrations sont proches de cette âme.

Il en est autrement pour les âmes plus avancées et il y a deux raisons à cette difficulté. C’est tout d’abord que l’âme a franchi certaines étapes et qu’il lui est inutile d’affronter à nouveau les épreuves qui y correspondent, et enfin parce que, ayant une conscience plus ou moins complète de la nécessité d’avancer, il lui est alors permis de choisir le but de la Vie terrestre qu’elle va affronter. En effet, elle a, dans le monde invisible, été en contact avec des Maîtres différents. Elle a entrevu des Etats plus élevés et elle a le pouvoir de décider quels Maîtres elle choisira et à quel Plan elle désire accéder après son épreuve terrestre. Ce choix n’exclut, bien entendu, ni les souffrances ni les épreuves, puisqu’elles sont les moyens de l’Evolution terrestre. A cette âme, un choix du Milieu, de la Famille, de l’Epoque, de la Race va s’imposer et les occasions de remplir un destin si déterminé se raréfieront à la mesure de l’avancement de l’âme. Aussi, bien souvent, les âmes attendent cette occasion très longtemps, se chargeant dans l’Au-delà de travaux qui les préparent à leur future Vie terrestre.

Dès que l’âme a trouvé la famille dans laquelle elle va renaître, elle doit progressivement repasser par les Plans où elle a séjourné après sa mort afin de rétablir les différentes enveloppes qu’elle a abandonnées au cours de son dégagement et de son Ascension. A chaque Plan traversé, une nouvelle limitation est attachée et les souvenirs de ce Plan s’estompent. Le travail se trouve terminé dès que les âmes, ayant franchi toutes les étapes, sont enfin prêtes à construire le Double fluidique sur lequel se moulera le corps physique. Rester sur la terre sans être incarnée est, pour l’âme, très pénible et il lui tarde de voir cet Etat prendre fin. C’est au moment de la naissance qu’une partie de l’âme s’incarne. Restée partiellement extériorisée, cette âme puise dans les Plans une force qui permet la formation et du corps et du caractère.

A la naissance l’Âme passe par les 3 états des éthers :

-        L’état gazeux lorsque l’Âme traverse l’Astral pour entrer dans le cœur du fœtus.

-        L’état liquide dans le ventre de la mère.

-        Puis l’état solide lorsqu’il quitte sa mère pour entrer dans le monde de la matière.

Elle garde ainsi avec eux, pour un temps, un contact très étroit. Pourtant, le corps l’absorbe peu à peu. Les derniers souvenirs de la vie invisible s’estompent. Les contacts avec l’Astral se rompent vers la septième année, et, vers la fin de l’adolescence, l’âme est entièrement liée au corps, instrument de sa destinée. Ceci donne la clef du mystère de ces morts prématurées et radieuses, de ces pressentiments qui agitent les adolescents devant quitter la terre et de la facilité avec laquelle ils renoncent à un monde auquel ils n’appartiennent pas tout à fait.

La mort.

Lors de la mort, avant que la rupture ne se fasse, des âmes, celles de parents, d’amis, et surtout celle du guide spirituel qui pendant la vie terrestre, l’a accompagnée et que l’on appelle aussi « l’ange gardien » ; ces âmes s’apprêtent à l’aider car si, au moment de la mort, la souffrance physique est en général abolie, le dégagement de l’âme exige bien des soins. Il faut que le lien soit rompu; mais il faut aussi que cela se fasse assez doucement pour ne pas donner à l’âme un choc dont elle souffrirait. C’est le rôle des âmes chères qui sont là, attendant, encourageant l’âme à essayer ses ailes. C’est le rôle du guide de l’entraîner loin du corps et d’aider à son dégagement. Souvent, l’âme s’éloigne du corps puis y revient attirée par lui, qu’elle a si longtemps habité. C’est pourquoi les mourants, inconscients pendant un temps, retrouvent parfois la connaissance pendant un moment. Mais la force vitale s’épuise et le lien fluidique qui relie l’âme au corps s’amenuise de plus en plus, puis se rompt.

L’âme devenue indépendante, arrachée enfin au support matériel avec lequel elle a si longtemps collaboré, reste plongée dans une sorte de stupeur, errant au-dessus du corps dans la chambre où il est pour toujours immobile. Un reste de sève vitale est demeuré en lui, ce qui permet à l’âme un soutien semi matériel dont elle a besoin pour terminer sa libération et pour servir de transition entre la vie qui était la sienne et celle qui l’attend. C’est pourquoi il est bon d’entourer les Morts de fleurs fraîches et d’allumer près d’eux des bougies, afin qu’ils trouvent dans l’âme végétale et dans l’essence élémentale qui anime la flamme des forces qui les aident. Ils en puisent aussi en ceux qui, pieusement, veillent ce corps auprès duquel l’âme demeure.

Il est très important de faire veiller les Morts, non par leurs proches dont le chagrin les secoue douloureusement, mais par des êtres recueillis, animés pour cette âme d’un sentiment calme et élevé. Si ces conditions sont réalisées, l’âme, doucement, prend conscience de son état et, au lieu d’être torturée par le spectacle de la peine de sa famille de la terre, elle se tourne vers son guide et les âmes qui l’ont précédée dans le Monde invisible et qui l’attendent avec tout leur amour. C’est le rôle du guide de préparer et d’activer ce détachement. Alors, doucement, ces âmes l’entraînent loin du corps où elle est tentée de toujours revenir, loin des lieux où elle a vécu, aimée et souffert. Elles la bercent de leurs douces vibrations jusqu’au moment où, veillée par son guide, elle tombe dans un engourdissement bienfaisant où se préparera sa métamorphose.

Enveloppée dans une sorte de cocon, elle en sortira prête à tous les Envols.

Mais il n’en est pas ainsi pour toutes les âmes. Celles qui n’ont rien su de la vie invisible, celles qui ont été entièrement subordonnées à leur corps et n’ont pu se préparer sur terre une vie indépendante et immatérielle, celles-là refusent d’accepter la direction de leur guide et s’entêtent dans leurs erreurs malgré les efforts qu’il fait pour les entraîner. C’est que l’Ame est libre, et que le guide, s’il suscite les occasions de progresser, ne peut l’obliger à prendre une Route par lui déterminée. Dans ce cas, elle reste auprès du corps, l’accompagne vers le lieu où il va se défaire, assistant à cette désagrégation avec douleur, hantant les lieux où elle a vécu, jusqu’au moment où le corps disparaissant et son souvenir s’estompant dans l’esprit des siens, elle se décide à suivre ceux qui, avec beaucoup d’amour, l’attendent. C’est pourquoi les cimetières sont des lieux où les êtres sensibles ne peuvent longuement séjourner, car ils ressentent l’angoisse de ces âmes, rôdant autour de leur corps, assistant à sa destruction, essayant de prendre des forces à ceux qui viennent là afin de poursuivre une vie encore matérielle. C’est l’écueil pour les êtres qui n’ont pas en eux-mêmes la Certitude de la vie invisible, qui se sentent encore vivants et qui rattachent cette sensation de Vie à ce corps périssable qu’ils voient s’anéantir.

Dès que l’heure approche où l’âme va quitter la vie terrestre, elle laisse peu à peu le corps se détruire. A ce moment, les organes les plus faibles, n’étant plus soutenus par la force fluidique, se font de moins en moins actifs et créent dans le corps un désordre qui conduit à la mort.

L’âme est alors entourée de ceux qui l’ont aimée et l’ont précédée dans le monde invisible, car cette âme accoutumée au corps est assez désemparée et ne se détache qu’avec peine. Ces âmes l’aident et l’encouragent à se laisser aller au sommeil pendant lequel le guide va s’occuper à rompre le lien qui la tenait. Ceci fait, l’âme se trouve dépaysée. Elle avait l’habitude d’avoir à sa disposition un corps et des sens et elle est privée de cette forme de manifestation. La séparation a été si laborieuse qu’une sorte d’engourdissement la saisit et elle peut être ainsi soulagée de ces moments pénibles, ainsi que du chagrin souvent bruyant et excessif de ceux qui l’entourent. Ce sommeil ne dure que quelque temps, ce qui permet à l’âme de retrouver son corps alors qu’il se détruit et de se faire ainsi à son anéantissement.

Pour celles qui ont cru que la vie était finie avec la mort, cela est tragique, car elles se sentent vivre et croient que la vie est liée à ce corps périssable qu’elles voient s’anéantir. Rien n’est plus amer pour une âme comme de se trouver seule après la mort, car, très souvent, c’est de l’amour des vivants que viennent aux morts la force de la libération. Dans chaque religion des rites spéciaux sont une aide pour eux.

-        En Occident, c’est une sorte de magie symbolique qui libère l’âme des liens trop étroits qui la rattachent au corps.

-        Aux Indes, c’est la crémation qui, détruisant le support du corps, conduit l’âme à l’effort immédiat de s’adapter à la forme nouvelle de son existence.

-        Au Tibet, ce sont des Lamas, spécialement instruits, qui aident celui qui abandonne la terre en lui répétant, au moment où l’âme va se libérer, ce qu’il trouvera dans l’invisible, afin de l’y préparer.

-        Chez les Egyptiens, une pièce portant une formule spéciale était mise dans la bouche du mort. Cette pièce symbolisait le tribut de renoncement obligatoire pour pénétrer dans les Plans.

Toutes les religions connaissent les liens qui attachent l’âme au corps et font le nécessaire pour l’aider à se libérer.

Après la mort, l’âme est plongée pendant une période plus ou moins longue dans une sorte de stupeur. Elle est aidée par son guide à se détacher, après son corps physique, des fluides qui la retenaient à lui et qui, au moment où s’est rompu ce lien, se sont condensés autour d’elle, lui créant une sorte de protection provisoire. Peu à peu ces fluides la quittent, s’épuisent entièrement et ne la retiennent plus sur la terre. Il faut remarquer ici que, dès ce moment, une question de densité va jouer pour l’âme puisque ces fluides encore matériels l’alourdissaient et amortissaient ses vibrations comme le faisait le corps à un degré plus élevé.

Dès que l’âme sort de son sommeil, elle est pleine des souvenirs de sa vie terrestre, des souvenirs matériels surtout. C’est à ce moment qu’elle se tourmente des choses qu’elle a laissées inachevées, des êtres dont elle n’a pas assuré la vie matérielle, et, comme l’importance relative de ces choses ne lui est pas encore apparue, elle traverse une période assez pénible. Elle essaie parfois de l’adoucir par des créations irréelles, une sorte de rêve voulu, susceptible d’alléger un sentiment de culpabilité qui la tourmente.

Aussi certaines âmes liées par le regret de devoirs non accomplis, d’obligations non remplies, perdent-elles là un temps très long, essayant de communiquer à ceux de la terre les secrets qu’elles leur ont cachés, de les aider comme elles voudraient l’avoir fait du temps de leur vie terrestre. C’est pendant cet état qu’il se produit des apparitions, des hantises. L’âme, encore proche de la terre, arrive à se matérialiser en prenant son support sur les êtres autour desquels elle demeure, essayant ainsi de se libérer et d’échapper au trouble qui est en elle.

On peut mesurer quel temps l’âme est ainsi susceptible de perdre dans cet état si on sait que certaines hantises se prolongent pendant des années, apportant le trouble et dans l’existence des vivants et dans la vie de l’âme.

Autre est sa situation si elle a été instruite sur la terre. Elle sait que le moment n’est plus de s’attarder aux choses humaines, que son temps est terminé, qu’elle ne peut plus rien changer au résultat de sa vie terrestre et qu’il lui faut, comme elle a accompli son destin d’âme incarnée, aller vers ses destinées invisibles. Elle connaît la relativité des difficultés où se débattent ses proches, l’aide que l’effort apporte à leur âme, et ainsi trouve, dès son réveil, une paix qui lui permet d’affronter sans peur la nouvelle étape de sa libération.

Les Ethers.

Comme à sa naissance, l’Âme lors de son ascension doit retraverser les 3 Ethers avant d’accéder au Mondes Supérieurs:

-        Solide, le bas Astral, monde de ses instincts les plus bas.

-        Liquide, l’Astral, monde des pensées.

-        Gazeux, l’Astral supérieur, monde de ses créations de lumière.

-        Les Mondes supérieurs accessible aux Âmes pures.

Les Ethers, que doit affronter l’âme après son dégagement total de la force terrestre, est une création des hommes. Elle représente une sorte de Karma collectif qu’il faut effacer avant d’accéder à d’autres Plans.

La pensée est Vibration. Elle se renforce par la répétition, et les hommes d’une même époque ne pensent pas très différemment les uns des autres. La force ainsi créée forme, près de la terre, une masse dont chaque créature humaine est tributaire puisque chacune d’elles a participé à sa création. Par le moyen de Vibrations semblables, l’Ame, après la mort, est attirée par cette masse d’autant plus violemment qu’Elle est inféodée davantage au mode de vie, de pensée et d’action de la généralité des hommes de son temps. Par une loi qu’on peut assimiler à celle de la pesanteur, les forces les plus mauvaises se trouvent le plus près de la terre et les meilleures sont au-dessus de celles-ci, tout ceci s’entendant comme états d’Ame et non comme lieux. Une âme qui a pensé la discorde, la haine, l’envie est chargée de vibrations lourdes et qui s’apparentent à la partie basse de cette force. L’Ame désincarnée est attirée par cette masse car elle recèle les mêmes vibrations et elle tend par-là à s’y agréger. Elle est entraînée par elle, roulée et emportée loin de son lieu de désincarnation. Au cas où elle se serait entièrement identifiée à ces Vibrations, elle demeure sur ce Plan tout le temps de sa vie invisible, c’est-à-dire jusqu’au moment où elle aura épuisé les forces créées.

Meilleure, elle peut s’élever vers celles de son temps qui ont tendu vers le bien et y être absorbée sans aller plus loin si elle est ignorante qu’un autre sort est promis aux âmes désincarnées.

C’est pourquoi, autour de ces lieux, des missionnaires sont envoyés afin d’instruire les âmes, de les persuader de l’illusion que représente pour elles cet état et de les conduire vers le destin qui les attend et dont elles ne sont pas conscientes.

Les Ethers sont la somme des vibrations émises par les hommes et elle est un état pénible à affronter, car ceux-ci, en général, sont peu avertis de la valeur, du poids, des conséquences de leurs pensées. Parfois ils ne font pas le mal, n’ont même pas l’intention de le faire et, pourtant, ils caressent en eux des désirs impurs et des pensées nocives, s’apparentant ainsi à l’Ether le plus lourd, pour une période plus longue qu’il ne serait nécessaire.

Dès que l’homme est soumis à des préjugés, à des formes de pensées collectives, s’il s’affilie à des groupements il génère des forces qu’il faudra épuiser et qui le retarderont dans son avancement.

Dès qu’une entité humaine se soumet à la mode de son époque, à ses impératifs, à ses snobismes, elle se voue également à un Ether particulier.

Une âme est une force individuelle; elle a son destin et les voies pour l’accomplir qui lui sont personnelles. Elle ne peut rien gagner à s’inféoder à quelque groupement que ce soit. C’est par les forces de l’instinct et des éléments que les hommes sont tentés sans cesse de retrouver les réflexes du troupeau, de s’agréger, de s’imiter les uns les autres, détruisant ainsi la valeur de leur individualité. Cette forte tendance vers le collectif est une force de régression qu’il faudra détruire avant d’aller plus avant dans le monde invisible.

Les Ethers sont des états de l’âme après la mort: celui où se défont toutes les forces collectives dont l’âme a été entourée pendant sa vie et auxquelles elle a répondu par des vibrations semblables.

Les Ethers n’ont pas seulement une force mauvaise, elles ont aussi sa face favorable, car une époque n’est pas seulement tributaire de pensées répréhensibles mais aussi d’impulsions de bien. A cause des vibrations denses des pensées inharmoniques, ce sont les mauvaises forces qui prédominent. C’est donc cette vibration lente et lourde dont l’âme est tributaire et qu’elle doit détruire afin de connaître les autres. Si elle a été assez libérée de son époque, si elle a compris la précarité des idées collectives et leur peu de durée, elle se libère assez facilement, mais, si elle s’est soumise à son temps, si elle n’a pensé que les pensées des autres, alors la part douloureuse de l’Ether a sur elle un empire étendu et la garde prisonnière pendant fort longtemps. Par une force qui maintient l’âme dans les liens créés par la vie terrestre, elle est assaillie, emportée dans les tourbillons de ces pensées, de ces vibrations sans cesse répétées sur la terre par ses contemporains. Parfois, une transformation se fait dans la mentalité terrestre; alors les forces s’atténuent, les liens se défont et permettent la libération de toute une génération et l’accès pour ces âmes à d’autres Plans.

Ainsi, sous toutes les formes, les pensées et les actes des hommes créent leur au-delà et les rivent à leur destin.

Dans les Ethers, balancées par tous les courants, emportées par tous les vents, affolées par les phantasmes de l’Astral, conduites par des forces mauvaises, des âmes voguent dans l’espace, incertaines de leur état, pleines de souffrances et d’inquiétude, sans espérance et sans lumière. C’est ce monde intermédiaire contre lequel les religions ont voulu défendre leurs fidèles par des rites et des formules magiques, qui leur permettent d’échapper à l’attraction magnétique de ces lieux. Une connaissance de l’irréalité de cet état remplace ces rites, à condition d’avoir vraiment vécu cette notion afin que les vapeurs de la mort ne les entraînent pas.

Le Bas Astral.

La plus grande épreuve qui attend l’âme après sa libération de son corps physique est le bas Astral (ce que les religions appellent Purgatoire). C’est de se trouver en face des créations de son esprit terrestre. La pensée est créatrice dans l’Astral et, si elle est forte et répétée, elle crée des formes d’autant plus lourdes et hideuses que les pensées sont plus mauvaises. Ce sont donc en premier lieu les monstres créés par l’égoïsme, l’orgueil, la colère, l’envie, la paresse, la gourmandise et la luxure qui se présentent à l’âme. Créés par elle, ils ont avec elle des affinités de vibrations qui les lui attachent. Ils se précipitent sur elle, la tourmente et la conduisent au désespoir. Là aussi des âmes missionnaires se tiennent, essayant de la convaincre que, ayant créé ces fantômes, elle peut aussi les détruire. Certaines âmes, créatrices également d’autres actes et d’autres pensées meilleurs, s’arrachent rapidement à ces phantasmes mais, pour certaines qui n’ont rien accompli de bon, ce séjour est le seul qu’elles connaissent et elles partent de là pour se réincarner.

L’Astral.

Nous aimerions pouvoir dire que, franchie le Bas Astral, les épreuves de l’âme sont terminées ; hélas, il n’en est rien. Après ce séjour où elle a abandonné une nouvelle part de la matière qui l’alourdit, elle va passer dans l’Astral. Là, elle va devoir affronter les formes qu’ont créées ses pensées, ses actions pendant la vie. Ici, il nous faut ouvrir une parenthèse pour parler du Plan Astral et expliquer qu’avant de parvenir à la libération totale et à son union avec la force suprême, l’âme se trouve entourée de cercles concentriques de vibrations, sorte de champs magnétiques en rapport avec les différents états auxquels l’âme humaine peut accéder.

Le Plan Astral est en rapport de vibrations avec nos pensées, nos sensations, nos sentiments, et sa propriété particulière est d’être essentiellement plastique et de se mouler sur les vibrations humaines du Plan des sensations et des sentiments.

L’homme, pendant sa vie, a, suivant sa nature et sa personnalité, un faisceau de pensées qui forment cette personnalité; de sensations et de sentiments qui l’expriment. Ces sensations, ces sentiments, ces pensées habituelles finissent par créer dans la matière astrale des formes particulières comme un son déterminé arrive à modifier les formes de cristallisation, et ces formes sont en rapport étroit de vibration avec l’âme dont elles dépendent et avec laquelle elles sont accordées à l’exclusion de toute autre. Ce sont donc Elles que l’âme va devoir affronter en accédant au Plan Astral. 

Comme partout ailleurs va jouer cette loi de pesanteur spirituelle qui fait se présenter d’abord les formes créées par les pensées mauvaises.

Qu’on pense aux sentiments terrestres si habituels aux moins mauvais des hommes l’égoïsme, l’envie, la médisance, l’orgueil, et qu’on s’imagine quelle force peuvent avoir ces formes que, tout au long de la vie, on a sans cesse recréées. Ce sont ces monstres que l’âme trouve devant elle et qu’elle doit, au début du moins, affronté seule. Il lui semble qu’ils se précipitent sur elle, puisque ses vibrations et les leurs sont identiques, et elle est affolée par leur aspect redoutable. Elle veut fuir, s’échapper, mais ne le peut puisque ces formes prennent vie en elle-même. Suivant leur force et leur nombre, l’épreuve dure plus ou moins longtemps et est plus ou moins pénible. Puis, quand la souffrance a épuré l’âme, qu’elle l’a allégée, Elle peut alors entendre les conseils, les encouragements que lui donnent les Êtres de Lumière attachés à ce Plan. Sans se lasser, ils lui expliquent que ces formes n’ont pas de vie réelle,  elles ne sont que des images créées par elle, et que, si elle en prend conscience et les rejette, elles cesseront immédiatement d’être.

Il lui faut parfois un temps très long pour accepter cette conception nouvelle.

Terrorisée par ces monstres, cernés par eux, elle ne peut comprendre leur irréalité. Elle essaie de se justifier de ses fautes plutôt que de les accepter, renforçant encore ces formes qui l’obsèdent.

Par le regret, la prise de conscience de ses erreurs, l’intense désir de n’y point retomber, l’âme détruit ces formes ou, du moins, les affaiblit sensiblement.

L’Astral Supérieur.

L’âme n’a pas seulement créé des formes avec ses défauts et ses pensées mauvaises. Si peu évoluée qu’elle soit, elle a aimé, compati et aidé les hommes au cours de son séjour sur la terre.

Cela est vrai de toute âme, quelle qu’elle soit, car une créature humaine recèle une part, une toute petite part, il est vrai, de son Créateur, et il est impossible que cette force divine n’arrive pas à illuminer parfois une vie, fût-elle tissée de bassesse et d’abjection, d’autant que si le mal a, sur la terre, une puissance particulière et semble prédominer, l’équilibre se fait après la mort et c’est le bien qui prend alors toute sa valeur. C’est de ces moments où se tait la bête pour laisser parler l’homme que va dépendre la part de paix et de bonheur que recèle toute vie dans l’Invisible, sauf, bien entendu, si l’âme a choisi délibérément ce que les initiés appellent « la voie de gauche » et qui consiste à servir les forces instinctives et élémentales, et à y subordonner son âme. Ce choix conduit, à une échéance plus ou moins lointaine, à l’anéantissement définitif et total. Car s’il est vrai qu’il peut y avoir pour chaque faute réparation et, par là même, rémission, il n’existe pas de possibilité de salut pour celui qui a délibérément choisi le mal. Les formes de pensées hideuses créées par les défauts, les pensées habituelles se trouvent dans le Plan le plus dense de l’Astral et vont s’anéantir dès que l’âme aura pris conscience de leur irréalité, allant s’abîmer dans l’oubli, comme disparaissent avec le réveil les images de nos cauchemars, bien réelles cependant quand nous les subissons. Allégée, purifiée, libérée de ces affreuses formes, l’âme va pouvoir s’élever à un Plan où n’existeront plus pour elle que les vibrations douces et pures de ses actes d’amour, de désintéressement, de loyauté et de charité. Sa joie y sera d’autant plus intense que le bien accompli aura été plus désintéressé, car il en est de ces bonheurs comme des amertumes de l’Astral inférieur, ils sont en rapport avec la densité spirituelle de l’âme.

La majorité des hommes, ceux qu’on appelle communément de braves gens, ceux que le souci d’une pensée abstraite n’a jamais agités, qui se sont contentés d’une religion ou d’une morale traditionnelles et sans élan vont passer leur vie invisible dans l’Astral. A la mesure de leurs aspirations, de leurs croyances, ils vont créer une sorte de Paradis où ils matérialiseront leurs dieux et où leurs âmes trouveront la joie et la paix. Ceux que la religion n’a pas contentés recherchent une forme de croyance en rapport avec leur mentalité et leur évolution.

Il est très rare qu’une âme arrive à ce Plan sans avoir acquis une prescience de l’existence d’une force suprême et toute puissante, car l’assurance de leur durée après la vie terrestre les incite à se tourner vers un Dieu créateur. C’est pourquoi nous pouvons dire que le matérialisme est tout superficiel, qu’il est lié à une forme temporaire de pensée, mais qu’il n’existe pas, quand le cerveau est détruit, car, à ce moment, l’âme qui survit se trouve libérée de la forme et des illusions de la vie matérielle et retrouve le souvenir ineffaçable de son origine divine. Donc, si les âmes attachées à une forme traditionnelle de religion créent dans l’Astral la forme de Paradis qui s’y rattache, les autres vont y réaliser les vues et les désirs les plus élevés de leur dernière vie terrestre. Les unes trouveront leur joie à aider les âmes à se dégager rapidement du bas Astral, à échapper aux Ethers; les autres se donneront pour tâche de rester près des vivants, leurs proches, leurs amis, afin de les guider de leur mieux, de leur rendre la vie moins dure et le courage plus facile.

D’autres, celles dont le savoir n’a jamais dépassé la lettre et s’est limité aux formes scolastiques, chercheront à l’approfondir, sans qu’Elles puissent atteindre à la lumière, car leur désir de connaître et leur intuition ont été trop faibles sur la terre pour créer la force qui leur permettrait d’aller plus avant.

D’autres, dont une faculté artistique limitée a été la foi, trouvent dans les créations faciles de l’Astral des bonheurs à leur mesure. Toutefois, les âmes dont l’effort a été assez grand sur la terre, celles qui ont, à travers la forme, su comprendre l’esprit, celles-là sont susceptibles d’atteindre d’autres Plans.

Ainsi chacun, jusqu’à son retour sur la terre, va goûter le plus haut bonheur dont il était capable.

Parfois une âme les entraîne vers un autre Plan, les éveille momentanément à ce Plan par la force de ses vibrations afin que, lié par son Karma, mais aiguillonné par le souvenir lumineux de ces visions, il prépare son âme pour un nouveau bond en avant.

Les Plans Supérieurs.

Visibles ou invisibles, la généralité des âmes manifeste encore des qualités et des défauts attachés à la matière. Au-dessus des Plans précédemment décrits, autant d’autres Plans existent et qui y correspondent à une octave au-dessus, pourrait-on dire.

C’est ainsi qu’il faut parler s’il s’agit des âmes, car ce qui vous est donné comme Plans peut aussi être appelé Etat, vibrations, magnétisme ou fluides.

Le mot Plan ne me convient guère, car il implique une sorte de lieu alors qu’il n’en est pas pour les âmes qui peuvent embrasser, suivant leurs possibilités, des régions infinies. Il serait peut-être mieux de dire qu’à mesure où l’âme s’éloigne de l’état humain, sa force devient d’autant plus grande que les vibrations deviennent plus rapides, jusqu’au moment où ont disparu toutes celles qui étaient susceptibles de ralentir celles du noyau spirituel de l’âme.

S’incarner, c’est entourer ce noyau de fractions très nombreuses de plusieurs sortes de matières ou vibrations.

Se désincarner, c’est abandonner d’abord la matière terrestre, puis les pensées et leurs créations. puis la matière astrale, puis celles des Plans qui sont au-delà, jusqu’au moment où, ayant conservé la mémoire des expériences de chaque matière, l’âme se trouve dépouillée et revenue à son point d’origine, c’est-à-dire au noyau émis par Dieu au commencement, égal à Dieu, participant de sa nature et de sa puissance.

Les Âmes libérées.

Dès que l’âme, au cours de nombreuses vies, et à la suite de séjours de plus en plus prolongés dans l’Au-delà, a pu se défaire des instincts et des forces élémentales...

Dès qu’Elle connaît le Destin qui l’attend dans le Monde Invisible...

Dès qu’Elle a dénoué les liens qui, pendant des temps, l’ont rappelée à la terre et à la Vie Incarnée...

Une grande Lumière l’inonde, et elle reconnaît enfin la vanité des choses terrestres. Elle se rend compte du fait que tout ce qui a donné du prix à sa vie terrestre, tout ce qui est attaché au cœur et à l’Esprit, tout ce qui lui a semblé important au cours de ses dernières vies sur la terre, tout cela, Elle peut le posséder d’une manière infiniment plus complète et plus intense pendant sa Vie Invisible. Cette Connaissance finit de rompre les attaches qui la retenaient à la terre et Elle peut envisager de continuer son Existence dans l’Invisible jusqu’au moment où, l’Evolution de la Planète étant achevée, le Cycle étant terminé, Elle sera chargée de servir de Guide aux âmes humaines envoyées sur une autre Planète pour y continuer leur Evolution.

Bien peu d’âmes ayant vécu sur la terre peuvent être définitivement libérées et réintégrées au sein du Créateur.

Celles-là sont les âmes des grands Sages, des grands Mystiques, des Inspirés de Dieu, et, de leur existence étonnante et merveilleuse, nul ne peut rien dire, car cet ineffable bonheur est au-delà de toute parole et de toute imagination humaine. Nous laisserons donc ces âmes à leur Béatitude et à leur Puissance pour parler de Celles qui, plus modestement, ont atteint un développement suffisant pour être libérées des Réincarnations. Elles sont plus nombreuses qu’on pourrait le croire et leur Evolution peut se poursuivre dans l’Invisible. Ceux qui ont atteint cette libération laissent leur place à des âmes nouvelles: celles des animaux qui, peu à peu, accèdent à l’humanité.

Cependant que les âmes qui se libèrent de la Vie Incarnée deviennent plus nombreuses, un afflux d’âmes depuis peu sorties de l’animalité anime des corps humains de plus en plus nombreux sur la Planète. Ces apports nouveaux se font par Cycles et on pourrait les retrouver au cours de l’Histoire par des manifestations assez semblables. Certaines époques sont fertiles en contrastes : des manifestations de haute culture, de science, d’art raffiné se superposent à des troubles sociaux, des guerres, une recrudescence de criminalité, des manifestations artistiques très primitives, affirmant ainsi deux étages de civilisation.

Certains peuples entrent en décadence, décadence suivant les principes terrestres peut-être, mais incapacité sans doute pour la généralité des âmes de s’adapter à la vie de la terre telle qu’elle existe dans ce temps, incapacité qui les livre aux entreprises de Peuples plus jeunes et tournés tout entier vers des conquêtes matérielles. Ainsi, peu à peu, les âmes s’évadent de la terre. Elles sont déjà avancées puisqu’elles peuvent s’abstraire du Concret et se satisfaire des conditions Immatérielles de leur Vie dans les Plans.

Ce Plan est le plus Haut qu’il soit possible d’envisager, et le dernier pour lequel les mots peuvent encore servir, car, au-delà, règne l’Inexprimable.

Les âmes libérées ont pour l’Humanité un Amour Infini. Elles savent que les Ames sont étroitement solidaires les unes des autres et que, pour Tous, la Libération viendra. C’est donc dévoré du désir d’atteindre à cette Libération que ces âmes s’acharnent à entraîner vers les cimes ceux qui restent en arrière, s’attardent aux accidents de la Route et aux joies fugitives de la Vie Terrestre. Elles s’attachent les unes aux Vivants qu’Elles inspirent dans le sens de la Sagesse et du Détachement: les autres aux Mourants dont Elles aident le dégagement et dont Elles entourent le départ pour tâcher de les convaincre de rester dans l’Au-delà. Pendant les séjours sur les différents Plans, Elles sont là, prévenant les défaillances, palliant au désir de Retour à la Terre par leurs Conseils. Elles-mêmes s’épurent et continuent à évoluer par l’accomplissement de ces Missions d’Amour.

Comment s’exprime cet Amour ?

Par un rayonnement de lumière et de chaleur, par des Inspirations de Sagesse, et aussi par la Puissance du Sacrifice consenti, car il n’est pas facile de s’adapter, aux différents Plans, de subir l’Ambiance, soit de la Terre, soit de l’Astral. Pour ces Ames, cela est très douloureux, d’autant plus qu’elles risquent d’être sans cesse écartées de leur travail par les forces des Plans où elles descendent. Ces forces étant dans leur élément, en harmonie avec lui, ont parfois raison d’Elles et ne leur permettent pas d’accomplir rapidement les Missions dont Elles sont chargées. Pourtant, par une intuition continuelle, elles conduisent ceux qui répondent à leur Amour, et si, pendant la Vie, un lien se crée, au moment de la Mort une Aide est donnée pour rester dans l’Invisible.

Le Créateur a voulu que l’homme ait le choix. Pourtant, il n’est pas laissé seul pour le faire: des âmes ayant traversé les mêmes épreuves sont là pour l’aider. Etant donné l’Interpénétration des Ames, on ne peut précisément dire qu’il y ait un plan des âmes libérées, mais bien qu’il y a un état de Libération faisant suite à des Epreuves et des efforts de détachement prolongés. Nous pouvons difficilement avoir une idée claire de ces Plans où travaillent des âmes libres de toutes attaches terrestres, car elles dépassent la voie commune de si haut qu’on ne peut être sûr d’exprimer avec des mots la vérité sur ce sujet. Pour être libéré, il faut avoir épuisé toutes les vibrations des Plans dits humains afin de se tenir sans cesse près des dieux.

Certaines âmes de sages et de saints entrent en relation avec ce Plan à certaines minutes de l’extase. Ils ont essayé de traduire pour leurs disciples les impressions ressenties par eux et n’ont pu dire qu’une chose: c’est qu’il y a pour l’âme un état quasi-divin où le bonheur est si intense, si profond, qu’il dépasse toute conception humaine.

Bien que très éloignés de ce Plan, nous en pouvons concevoir une infime partie dans les moments où, transportés d’amour, nous ne faisons plus qu’un avec l’être aimé.

Qui n’a, au cours de sa vie terrestre, éprouvé l’impression d’une fusion, d’une pénétration des âmes, d’un bonheur intense, mais si fugitif ?

Ceux qui ont vraiment aimé, aimé au-delà de la chair et des sens, ceux-là peuvent s’imaginer la joie ineffable d’être à la fois la créature et le Créateur. C’est ainsi, par ces pauvres mots, par ces images imparfaites, qu’une idée peut nous être donnée du bonheur infini qui règne sur ces Plans. Ce bonheur est à la fois Contemplation et Activité, Amour et Sagesse, Plénitude et Béatitude.

Aurez-vous la force d’exprimer ce que je viens de tenter d’expliquer ?

Si vous ne trouvez en vous-même un écho affaibli de cette joie, vous ne pourrez en traduire nulle partie, car c’est plus un écho à éveiller qu’une description à réaliser. Au-dessus de ce dernier Plan humain, il en est d’autres où finissent par accéder les âmes purifiées et entièrement unies aux forces divines. Sur ce Plan, les œuvres ne sont plus humaines. La vision du Plan créateur est complète et y collaborer est la récompense de ceux qui y arrivent.

Ces Plans, pour ceux qui, passagèrement, y accèdent ne se dévoilent que par des symboles, car il est impossible à une intelligence humaine de saisir autrement ce qu’elle peut en connaître. Ce sont ces symboles qui ont été apportés à l’humanité par tous les sages qui, au cours d’une méditation savante et prolongée, ont pu toucher cet état. C’est grâce à ces symboles et sur une échelle infinie qu’est créé le Plan du Cosmos, et c’est pourquoi ceux qui savent et qui recherchent dans les symboles le contact avec l’esprit disent que la mathématique est science divine. Recherchez l’aide des Sages, car bien des âmes se perdent par le contact avec des forces mauvaises.

-        J’ai connu la lutte sans merci qu’il faut livrer à ses passions et à ses instincts.

- Je sais les affres du détachement, les amers renoncements et les terribles tentations logées au fond de l’âme.

-        Je sais la crainte de se taire et celle de parler, la peur des forces du mal et la besogne affreuse de pourchasser en soi la bête.

-        Je sais l’effort de se raisonner, de se faire violence et de forcer le corps à se soumettre à l’esprit.

-        J’ai parcouru le chemin.

-        J’ai saigné aux cailloux et aux ronces.

-        Très souvent j’ai trébuché.

-        Je suis retourné en arrière, puis je suis reparti.

-        Ce fut un terrible combat.

-        Mais je suis arrivé au repos.

Date de dernière mise à jour : 07/08/2012